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Publié le 14/12/2020

La marque Sulo veut refaire du puzzle un loisir tendance

Sulo est une marque de puzzles pour adultes fabriqués en France, créée par Jean-Baptiste Viot à la faveur du premier confinement lié au coronavirus. Le concept : proposer à des artistes internationaux de créer, pour les puzzles, des œuvres originales, afin de moderniser ce jeu traditionnel.

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Les bouquets de fleurs, les paysages enneigés ou les panoramas de New York peuvent rester au placard : Sulo veut dépoussiérer les puzzles avec des motifs résolument modernes, créés par des artistes du monde entier. L'histoire de cette marque orléanaise démarre au printemps 2020, alors que tout le monde est contraint de rester chez soi, en raison de la pandémie de coronavirus. Pour occuper l'une de ces longues journées de confinement, Jean-Baptiste Viot fait un puzzle. « C'était un jeu d'une marque allemande bien connue représentant un pont strasbourgeois, raconte-t-il. Je me suis fait la remarque qu'il n'était pas très beau et un peu vieillot. Alors je me suis renseigné pour voir si d'autres marques proposaient des puzzles avec une esthétique plus ‘jeune’. »

Jean-Baptiste Viot

Credit photo : Eric Malot - La Rep'

« La fabrication française me tenait à cœur »

Faisant le constat qu'il n'existait encore aucune marque proposant des puzzles pour adultes abordables, fabriqués en France et avec des visuels au goût du jour, le jeune homme pressent qu'il y a quelque chose à faire. « Je venais de démissionner de mon poste de responsable commercial pour un magazine culturel, sans savoir ce que je voulais faire. Je me suis donc lancé de manière naturelle et instinctive. » Il entreprend de chercher un prestataire pour imprimer et découper les puzzles, et trouve le fabricant de jeux de société Ferriot Cric, situé dans l'Aube. « La fabrication française me tenait à cœur pour deux raisons, développe-t-il. Tout d'abord pour l'aspect environnemental : cela évite que le produit ne parcoure des milliers de kilomètres entre son lieu de fabrication et son lieu de vente. Pour l'aspect éthique ensuite : on s'assure que les personnes qui fabriquent le produit travaillent dans des conditions décentes. »

Une intuition et du culot

Pour ce qui est des visuels, Jean-Baptiste Viot y va au culot : il propose à des artistes qui lui plaisent de créer une œuvre inédite, exclusive et se prêtant bien au puzzle grâce à une variété de détails, tons et matières. « Je choisis des artistes de toutes nationalités, émergents ou reconnus, ayant des esthétiques et des processus créatifs différents, explique-t-il. J'ai également un principe de parité : je sollicite autant d'hommes que de femmes. » La démarche est très bien accueillie, si bien que, désormais, Jean-Baptiste Viot reçoit chaque jour des sollicitations des artistes eux-mêmes. « Ils sont contents de travailler pour des objets illustrés, car leur œuvre prend vie, constate l’entrepreneur. Et ils aiment le fait de créer quelque chose que les gens recréent ensuite en construisant le puzzle. »

Le puzzle produit, reste à trouver sa clientèle. « J'ai pu compter sur les artistes pour faire connaître le projet à leur communauté. J'ai également démarché la presse spécialisée et la presse locale. Enfin, Instagram a été décisif car c'est un réseau social qui fait la belle part à l'esthétique. » Ensuite, c’est l’effet boule de neige. Les cinq premiers modèles sont imprimés en 500 exemplaires chacun et, en deux mois et demi, Sulo en écoule 2 200, sur son site internet et via une quinzaine de boutiques spécialisées à travers la France. « Là encore, j’ai été chanceux et mon projet a été très bien accueilli, se réjouit Jean-Baptiste Viot. Je suis assez à l’aise avec le développement commercial, grâce à mon expérience précédente, donc cela m’a aidé. »


Sulo reste un projet à taille humaine et qui prend son temps.


Le bon moment

Le contexte, sans doute, est porteur. « Le confinement a permis à certains de redécouvrir le puzzle, constate le jeune homme. Ce jeu présente plein de bienfaits physiologiques et psychologiques. C’est une activité manuelle qui permet de se déconnecter des écrans, qui peut être effectuée à plusieurs et qui travaille la concentration et la mémoire. Elle a presque un effet méditatif ! »  Les modèles qui sont déjà en rupture de stocks ne seront pas réimprimés, mais Jean-Baptiste Viot souhaite sortir un nouveau puzzle chaque trimestre. Pour pérenniser sa marque, il réfléchit également à des pistes de diversification : des puzzles pour enfants, des visuels extraits d’autres univers comme la photographie ou le tatouage… « Sulo reste un projet à taille humaine et qui prend son temps, conclut-il. Un peu comme dans un puzzle finalement, on progresse petit à petit. »

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