1er accélérateur des entreprises

Le nouveau souffle de l’industrie française

Avec la volonté de renforcer la compétitivité des acteurs existants mais aussi de permettre l’émergence de nouveaux industriels dans les technologies d’avenir, la France compte sur son industrie. Soutenue, l’industrie française doit poursuivre ses transformations numérique et écologique et contribuer à recouvrer la souveraineté économique nationale.

La France lancée à la reconquête de sa souveraineté industrielle et œuvre à sa réindustrialisation ! Les deux années de crise sanitaire ont mis à mal l’économie française et la guerre en Ukraine a, depuis le 24 février 2022, freiné la reprise de l’activité. Mais ces deux événements majeurs ont, aussi, mis en lumière les dépendances de notre économie et la nécessité, pour les pays européens, de reconquérir leur souveraineté industrielle, notamment énergétique.

Si le recul de la part de l’industrie dans la richesse produite en France est connu – de 23 % dans les années 1980 à 13 % au début des années 2020 – il n’est pas inéluctable. La performance du secteur industriel en 2021 l’atteste.

« Année des records », 2021 s’est traduite par :  

  • un boom des créations d’usine
    (176 projets d’ouverture recensés, soit trois fois plus que les 56 fermetures de sites industriels),
  • un doublement des créations d’emplois dans l’industrie
    (32 155 créations nettes contre 16 000 destructions),
  • une dynamique de relocalisation des activités en France
    (87 retours d’entreprises contre seulement 16 délocalisations),
  • une hausse sur un an de 32% des projets d’investissements étrangers en France.

L’attrait du Fabriqué en France

Ces résultats encourageants de l’industrie française (2021, la meilleure année pour l’emploi industriel depuis 2009 !), révélés par l’étude du cabinet Trendéo, sont aussi riches en symboles.

En tête des filières les plus créatrices d’emplois, celle du cuir et de la chaussure, qui a connu lors des décennies passées nombre de délocalisations, connait un nouveau dynamisme, grâce tout particulièrement, au regain de la maroquinerie française. Cette activité, au même titre que le textile, témoigne de l’attrait pour les consommateurs du « Fabriqué en France ». Bénéficiaires des aides du plan France Relance, les entreprises textiles françaises entendent retisser le lien avec leurs territoires. Plus de 780 projets de relocalisation et de développement d’activités ont été recensés et soutenus dans le cadre de France Relance. Le plan "Territoires d'industrie", initié en novembre 2018, participe lui aussi, en simplifiant et en décentralisation des projets industriels, à renforcer l’attractivité du tissu industriel des villes moyennes et des zones rurales. Fin 2020, 253 projets avaient ainsi vu le jour dans 146 territoires.

À l’inverse, l’automobile et l’aéronautique, touchés de plein fouet pendant la crise sanitaire par les ruptures d’approvisionnements de pièces produites le plus souvent en Asie et par le coup de frein aux transports, doivent inventer un nouveau modèle de croissance plus responsable et plus durable pour retrouver des niveaux d’activité et d’attractivité satisfaisants. Pour y parvenir, les industriels peuvent s’appuyer sur les actions dédiées à la transition écologique du plan France Relance (30 milliards d’euros consacrés à ce volet) et sur le plan relatif à la décarbonation de l’industrie. Très émetteurs de gaz à effet de serre, les sites industriels sont invités à avoir recours à des sources d’alimentation énergétique décarbonées (électricité nucléaire, hydrogène vert et énergies renouvelables). Une enveloppe de 5,6 milliards d’euros du plan d’investissement France 2030 est d’ailleurs consacrée à la décarbonation de l’industrie lourde (sidérurgie, aluminium, chimie, ciment). L’ADEME a ainsi lancé un appel à projets pour soutenir les investissements dans des systèmes améliorant l’efficacité énergétique industrielle. L’agence a aussi émis un appel à manifestation pour identifier des projets de transformation des procédés visant à diminuer l’émission de CO2.

Nouvelles filières

Pour sensibiliser et informer les entreprises industrielles à l’importance de ces défis, le réseau des CCI a été mandaté par l’État pour la réalisation de campagnes de phoning. 30 000 industriels ont été contactés et 5643 ont manifesté leur intérêt pour la transition écologique et pour la mise en œuvre d’investissements en ce sens. Par ailleurs, sur les 5 700 entreprises du secteur sensibilisées à l’enjeu de la décarbonation, 83 % se sont déclarés prêts à mettre en œuvre un projet visant à mieux produire par la récupération de la chaleur fatale, la modernisation du parc de machines/de lignes de production, le passage à l’électrique ou la méthanisation des déchets, par exemple.

Pour accompagner et accélérer ce mouvement, les CCI mobilisent les expertises et les énergies dans les territoires en impulsant des écosystèmes et en contribuant à structurer la filière de l'hydrogène. Le développement de cette nouvelle source d’énergie prendra, notamment, la forme de la production d’hydrogène décarbonée permettant à la France de devenir le leader mondial de l’hydrogène vert, comme le prévoit France 2030.

L’enjeu est de taille : l’hydrogène décarbonée pourrait représenter de 13 à 14 % de la consommation finale d’énergie en 2050 et la filière de l’hydrogène devrait créer de 100 000 à 150 000 emplois, selon France Hydrogène.

L’hydrogène, comme le nucléaire et l’éolien en mer, constituent les filières et les marchés explorés et soutenus par la place des marchés nationale du réseau des CCI, CCI Business, qui, par ses déclinaisons régionales, permet aux entreprises d’accéder aux grands projets d’investissement et de participer aux communautés d’affaires dans leur territoire.

Industrie du futur et futur de l'industrie

L’industrie française est aussi engagée, depuis 2015, dans une transformation numérique pour prendre le virage de l’industrie du futur. Cette industrie 4.0, modernisée et connectée, et son évolution vers l’industrie 5.0, plus durable et plus humaine, a pour objectif de gagner en compétitivité et en attractivité en améliorant son image auprès des jeunes, futurs collaborateurs et collaboratrices. À cette fin, les entrepreneurs du secteur peuvent s’appuyer sur l’appareil de formation aux métiers industriels des CCI (+ de 600 formations) et faire appel au parcours « industrie du futur » destiné à les accompagner dans la transformation de leur modèle de production.

Grâce aux dispositifs publics de soutien aux entreprises (CICE, Pacte de stabilité, baisse des impôts de production et sur les sociétés), le tissu productif français, notamment industriel, a pu améliorer sa compétitivité en termes de coût du travail. Pour gagner la bataille de la réindustrialisation du pays, indispensable pour garantir notre souveraineté économique, l’État a mis en œuvre, avec le soutien de l’Union européenne, France 2030, un plan d’investissement de 30 milliards d’euros. Ce plan vise à renforcer le poids de l’industrie française dans des secteurs stratégiques. Le soutien à l’émergence de nouveaux acteurs industriels porte d’une part, sur la maîtrise des composants électroniques avec pour ambitions de doubler la production actuelle et de faire de la France un leader dans le domaine des puces électroniques, et d’autre part, sur celle des technologies numériques (IA, 5G et cloud spécialement). À la lumière de l’expérience de la gestion de la crise sanitaire et à l’aune des défis de la mondialisation, la croissance et le futur de l’industrie devront s’écrire à l’échelle du continent. L’Europe a d’ailleurs affiché son ambition d’être, d’ici 2050, le premier continent neutre en carbone, d’être souveraine en matière de numérique et ne plus être dépendante de technologies économiquement stratégiques.


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Crée le 30 novembre 2022