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Publié le 31/07/2020

La Chaumière : « un centre de vie en milieu rural »

David Bernière et Alexis Maison ont créé La Chaumière, à Allery (Somme) en 2015. Ce lieu de vie qui comprend une épicerie multiservices, un bar ainsi qu'un restaurant, permet de renforcer le lien social dans le village.

David Bernière et Alexis Maison

C’est la fermeture du dernier café d’Allery (Somme), en 2013, qui a donné envie à Alexis Maison, habitant du village, de reprendre une activité de commerce multiservices. Il partage le projet avec David Bernière pour lequel il travaille à l’époque en intérim. Les deux hommes décident de se lancer et élaborent leur projet pendant un an et demi.  Ils font le choix de racheter un corps de ferme en vente sur la commune pour y installer, dans un premier temps, deux activités : une épicerie, le P’tit Panier, et un bar, le Concept Bar.

Ils sont accompagnés par la CCI Littoral Hauts-de-France dans l’élaboration de leur business plan. « Notre conseillère nous a demandé de prévoir jusqu’à la facture annuelle des produits d’entretien, se souvient David Bernière. Aujourd’hui, je me rends compte que ce business plan détaillé a été une force car il nous a donné une feuille de route avec des objectifs à suivre. Quand on part à l’aventure, si on ne sait pas où on va, c’est difficile d’y aller ! » Alexis Maison et David Bernière sollicitent ensuite les banques pour obtenir des prêts afin d’acheter leurs locaux et lancer l’activité. « Nous avons essuyé 6 refus de prêts, déplore le dernier. Elles ne croyaient pas aux services de proximité en milieu rural. » Finalement, une banque leur accorde sa confiance. Les deux hommes se lancent dans des travaux et inaugurent La Chaumière, un « centre de vie en milieu rural », en novembre 2015.

« Aujourd'hui, je me rends compte que ce business plan détaillé a été une force car il nous a donné une feuille de route avec des objectifs à suivre. »

« Comme un cocon »

Les co-fondateurs ont souhaité garder l’esprit du corps de ferme. « Quand on entre dans le P’tit Panier, on n’entre pas dans une boutique froide, mais presque dans une maison, décrit David Bernière. Il y a des poutres apparentes, des petites fenêtres, on a gardé la cheminée en place : c’est comme un cocon. » Fort de son expérience dans la grande distribution, David Bernière a construit l’assortiment de produits proposés selon l’idée « 1 besoin = 1 produit ». « Dans 50m², on ne va pas proposer 2000 références, souligne-t-il. Mais si vous avez besoin d’une boîte de haricots, d’un paquet de pâtes ou de yaourts nature, vous avez les moyens de les trouver. »

« Dès qu'on propose un nouveau produit ou service, ça marche très fort. »

Le gérant de l’épicerie a aussi fait le choix de proposer des produits différenciants : des jouets, une belle sélection de vins, de rhums, des produits locaux (fromage, œufs, charcuterie…), des fleurs et du poulet rôti le week-end… « Globalement, j’ai voulu mettre l’accent sur la qualité des produits, explique-t-il. De toute façon, on n’est pas compétitifs avec la grande distribution, donc quitte à acheter un produit un peu plus cher, autant acheter de la qualité. » David Bernière raconte devoir faire preuve de créativité pour « surprendre » ses clients. « Dès qu’on propose un nouveau produit ou service, ça marche très fort. En revanche, l’engouement est difficile à pérenniser dans le temps, ça s’essouffle. Donc, il faut se remettre en question en permanence et alterner les produits sans arrêt. »

Épicerie, bar et restaurant

Depuis l’épicerie, on accède à une seconde pièce accueillant un billard et les jeux de la Française des jeux. Cette salle joue le rôle de sas entre l’épicerie et le bar. « Cela permet de distinguer les deux activités et d’éviter que les gens ne s’épient, explique David Bernière. Une partie de la clientèle du P’tit Panier ne franchit jamais la porte du Concept Bar. »  Depuis 2018, le bar s’ouvre sur un nouvel espace tout à fait singulier, appelé le Bus’Taminet. Il s’agit d’un restaurant installé dans un ancien bus de ville. « Quand nous avons commencé à organiser des soirées à thème au Concept Bar, les gens nous ont fait part de leur souhait de manger. On a développé du snacking mais c’était vite limité, d’où l’idée d’ouvrir un restaurant. » Aujourd’hui, il est donc possible de déguster de la cuisine traditionnelle « simple mais bonne », sur les banquettes rouges du bus aménagé dans cette optique. Pour assurer ce nouveau service, les deux co-fondateurs de La Chaumière ont recruté une personne, si bien que chacun des membres de l’équipe a en charge une activité.


Recréer une forme de convivialité

Après presque cinq ans, David Bernière dresse un bilan plutôt positif pour La Chaumière. « Nous avons dépassé la trajectoire que nous avions fixée, constate-t-il. Cela montre que le projet était nécessaire et répondait à un besoin. Nous avons réussi à recréer une forme de convivialité dans le village. » Même si le restaurant a permis d’élargir encore la clientèle, les gérants ont la sensation d’être arrivés à maturation sur le marché local. Ils réfléchissent donc à un autre projet : une aire de stationnement pour camping-car. « Le marché du camping-car est en pleine expansion et les aires manquent, analyse David Bernière. Nous sommes proches de la côte, nous pourrions donc proposer une halte intéressante avec quelques places et tous les services dont ils auraient besoin. » Une façon, ainsi, de partager un peu de l’esprit de la Chaumière avec les personnes de passage.