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Publié le 20/07/2020

«Les Yvelines ont une carte à jouer dans la transformation du tourisme.»

Alors que la filière tourisme entame sa relance sur tout le territoire, la CCI Versailles-Yvelines se mobilise pour accompagner ses ressortissants locaux et encourager le tourisme de proximité en Île-de-France. Déjà mobilisés sur ces enjeux avant la crise sanitaire du COVID-19, son premier Vice-Président François Bellini, et son responsable du Département Stratégies de Territoire & Etudes, Christophe Hortus, racontent comment la CCI s'est adaptée pour répondre, dans l'urgence, à la situation exceptionnelle.

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Que représente la filière tourisme sur votre territoire et quelles sont ses particularités ?

Christophe Hortus : Dans les Yvelines, nous recensons 8 200 établissements dits touristiques et le secteur génère 27 000 emplois salariés. Par rapport aux autres départements d’Île-de-France, notre territoire a la particularité de compter beaucoup de petites structures : il y a, en moyenne, 2,7 salariés par établissement. Il faut savoir, également, que le bassin naval représente 50% des entreprises de la filière tourisme des Yvelines. Traditionnellement, l’hôtellerie située le long de la Seine fonctionne avec de la clientèle d’affaires du lundi au vendredi, et avec une clientèle de loisir le week-end.

Avant la crise sanitaire, comment la CCI Versailles-Yvelines accompagnait-elle les acteurs du tourisme ?

François Bellini : Cela fait plusieurs années que notre CCI met l’accent sur le tourisme, en travaillant notamment avec le club hôtelier du département. Lors de la Ryder Cup, un trophée de golf qui s’est déroulé dans les Yvelines en 2018, nous avons par exemple collaboré avec l’organisateur américain pour optimiser les retombées économiques de l’événement et le sensibiliser à la présence d’hôtels et de restaurants adaptés aux besoins de ses participant, sur notre territoire. C’est avec le même objectif que nous avons lancé le projet SPôTT, à la fin de l’année 2015, pour mettre en valeur le territoire touristique en bordure de Seine.

En quoi consiste le projet SPôTT concrètement ?

F.B. : C'est un projet que la CCI Versailles-Yvelines a mené avec tous ses partenaires locaux : Offices de tourisme, Communes, Communautés de communes, Région, Départements… Nous avons travaillé tous ensemble afin de mettre en valeur les points forts de l'axe Seine. Cela s'est traduit par la mise en place des « Clubs escales » pour encourager les croisiéristes et les opérateurs de voyage, qui font escale sur un port, à proposer à leurs clients des visites de musées, de monuments, des restaurants ou encore des commerces de proximité.

C.H. : Aujourd'hui, nous tirons un bilan positif de ce projet qui a vocation à s'étendre sur le Val d'Oise et la Normandie, avec la même approche. La CCI Portes de Normandie va notamment proposer des Clubs Escales prochainement.

Quelles ont été les conséquences de la crise sanitaire sur la filière tourisme des Yvelines ?

C.H. : Avec la crise, le tourisme d'affaires a pris un sacré coup, le tourisme de loisir également, car certains visiteurs venaient dans le département pour des événements familiaux, or ils ont été annulés avec le confinement et la mise en place des mesures sanitaires. Selon le baromètre de l'activité touristique du Comité Régional du Tourisme de Paris Île-de-France, les professionnels ont enregistré une baisse de 67 % de leur chiffre d'affaires entre janvier et juin 2020. 64 % jugent « mauvais » l'état des réservations pour la période estivale.

Et sur le fonctionnement de votre CCI ?

F.B. : Tout ce que nous avions lancé a été freiné, voire stoppé. À la fin du confinement, chez les hôteliers/restaurateurs, la clientèle n'était pas au rendez-vous. Il a donc fallu faire des choses concrètes pour les aider, dans la continuité du projet SPôTT.

Notre première action, pour soutenir la filière tourisme, a été de mettre en place l’opération Week-end Zen en Vallée de Seine, afin d’accompagner les professionnels dans la relance de leur activité et de leur apporter de la clientèle. En 15 jours, nous avons défini les besoins, notamment avec le club hôtelier du 78, l’Union des métiers de l’industrie de l’hôtellerie et le Département, puis monté l’opération avec plusieurs hôtels témoins. Nous avons créé des packs pour proposer aux Franciliens un séjour associant visite culturelle et pension complète. Tout a été créé de façon très rapide. C’est un exemple de l’agilité dont ont fait preuve les CCI, sur tout le territoire, dans le cadre de la crise.

Cette crise va-t-elle avoir des conséquences structurelles sur la filière et ses acteurs dans les Yvelines ?

C.H. : Ce que nous constatons aujourd'hui, à l'heure de la relance, c'est que la clientèle a changé et est majoritairement européenne, française voire francilienne. Nous devons donc miser sur les atouts du département pour proposer un tourisme de proximité, notamment aux Franciliens pour de courts séjours. Les crises sont souvent des accélérateurs de tendance. Les Yvelines ont une carte à jouer dans la transformation du tourisme.

F.B. : Les débuts de la relance et les premiers retours de nos actions de soutien au secteur sont très prometteurs. Nous avons réussi à dévier un peu la pente des touristes franciliens sur l'axe de Seine. Notre créneau, c'est le week-end au bord de l'eau, sur un site de proximité, c'est beau tout en étant proche. Nous proposons aussi des espaces verts, à quelques pas des zones urbaines. Le tourisme est en train d'évoluer et, finalement, nous nous inscrivons dans une démarche touristique de moyen et long terme. Les Français iront moins fréquemment en week-end à Lisbonne ou Athènes et seront plus enclin à faire quelques kilomètres pour retrouver la nature. Il va y avoir des changements structurels.