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Publié le 01/04/2020

« Je suis contente d'apporter mon aide dans cette crise »

Margaux Landemaine, 22 ans, se forme au métier de préparateur en pharmacie, au CFA de la CCI Le Mans Sarthe. En alternance dans une officine d'Alençon, elle témoigne de son activité en période de crise sanitaire liée à l'épidémie de coronavirus.

Pouvez-vous nous présenter votre formation ?

Je suis en formation pour obtenir le Brevet professionnel Préparateur en Pharmacie au Centre de Formation d’Apprentis (CFA) de la CCI Le Mans Sarthe. C’est une formation en deux ans qui se déroule en alternance entre le CFA, deux jours par semaine, et l’officine le reste du temps. Je suis en fin de deuxième année, je dois donc passer l’examen final en mai et juin.

Margaux Landemaine

En quoi consiste le métier de préparateur en pharmacie ?

C’est un métier très polyvalent. On est le bras droit du pharmacien : on sert les médicaments au comptoir, on s’occupe du matériel médical ou orthopédique, on réalise des préparations simples... On est au contact du patient : on l’écoute, on suit ses traitements, on lui apporte des conseils. Je fais également beaucoup de livraisons, de médicaments ou de matériel médical, au domicile des patients. Pour ceux qui sont seuls et âgés, c’est l’occasion de leur apporter un peu de réconfort.

En quoi les cours que vous suivez au CFA et le travail en officine sont-ils complémentaires ?

La pharmacie nous apporte l'expérience professionnelle et nous permet d’apprendre différemment. Par exemple, quand je range des commandes, je peux mémoriser plus facilement des médicaments ou des molécules. Je peux les associer à des patients et à des pathologies. Ensuite, mes collègues m’aident à réviser, à l’approche des contrôles, en me posant des questions. Ils m’accordent du temps tout au long de la journée pour vérifier les ordonnances que je peux préparer en amont. En préparant l’ordonnance, je me pose toutes les questions nécessaires à la recevabilité de l’ordonnance et à la pathologie traitée. Au CFA, les formateurs sont des professionnels ou d’anciens professionnels. Pour nous former, ils nous transmettent leurs connaissances et nous apportent aussi leur expérience. C'est un plus de savoir qu’ils ont conscience de ce que l’on vit au quotidien et qu’ils sont passés par là avant nous.

Comment s'organise le travail en officine en cette période de crise sanitaire ?

La période la plus difficile était juste avant l’annonce du confinement. Tout le monde s’est rué dans les magasins et dans les pharmacies. Il a donc fallu gérer un afflux de personnes stressées. C’était assez impressionnant car on n’a pas l’habitude d’avoir affaire à autant de monde d’un coup.
Il a fallu réorganiser complètement le fonctionnement de la pharmacie. Nous avons pris des mesures pour faire face au mieux, tout en respectant les gestes barrières : nous avons créé un marquage au sol, des affiches pour expliquer la pénurie de masques, gel, thermomètre… Depuis le confinement, nous n’accueillons que deux personnes à la fois dans la pharmacie et la pharmacienne titulaire a fait fabriquer des vitres en plexiglas pour protéger nos patients ainsi que nous-mêmes. Par ailleurs, nous avons recensé tous nos patients âgés ou immunodéprimés*, nous les appelons et leur apportons leurs traitements à domicile, en respectant la livraison sans contact. Nous recevons aussi énormément d’appels téléphoniques de personnes qui paniquent car elles ont peur d’une éventuelle pénurie de médicaments, donc il faut les rassurer.

*personnes ayant un système immunitaire affaibli.

Comment vivez-vous cette période ?

C’est assez impressionnant de se dire que ça arrive au monde entier… Tout va à mille à l’heure, on apprend davantage et plus vite. C’est une période très stressante et fatigante, mais je suis contente d’apporter mon aide dans cette crise et de pouvoir soutenir mes collègues. Concernant la formation, c’est vrai que ce n’est pas facile de se mettre à réviser quand on rentre chez soi, car on a la tête encore à la pharmacie. Mais il le faut bien car notre examen final doit se dérouler en mai et juin, donc ça va arriver très vite. Nos formateurs sont vraiment à l'écoute, ils nous envoient des messages vocaux, des vidéos, même si ce n’est pas la même chose que d'être en cours.

Ces circonstances exceptionnelles vous confortent-elles dans l'idée de travailler en pharmacie ?

Oui, j’aime beaucoup ce métier. J’apprécie le contact avec les patients, le fait de savoir comment on peut soigner des pathologies, aider les personnes. Les métiers de la pharmacie sont souvent sous-estimés, mais ce sont de très beaux métiers et des métiers essentiels.

Pour en savoir plus :

Entreprises, pour toute question :   entreprises-coronavirus@ccifrance.fr