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Publié le 10/07/2020

La passion du vélo, le goût du travail bien fait

C'est l'histoire d'une reconversion réussie qui avait mal commencé. Et l'histoire d'une boucle bouclée. C'est le parcours de Gilles Trézit, diplômé du CFA Marguerittes et gérant épanoui de Réparcycles, un atelier de réparation de vélos qui tourne bien.

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« C’était à croire que je n’avais pas la gueule de l’emploi ! » L’agacement, même avec l’accent gardois, reste perceptible. « C’est vrai que je n’ai peut-être pas le physique longiligne du champion cycliste, mais je connais mon sujet ! » Gilles Trézit, passionné de vélo, le pratiquant depuis plus de 40 ans, président de son association de VTT, et surtout, titulaire du titre de « mécanicien cycle » obtenu en juin 2017 au CFA Marguerittes (1), ne s’attendait pas à cette réaction des gérants de magasins de vente et de réparation de cycles de la région qui ont retoqué ses candidatures pour un poste chez eux.

Gilles Trézit

À 47 ans, celui qui avait fait le choix de se reconvertir dans la réparation de cycles a pensé raccrocher son vélo pour de bon. « Dégouté, j’ai eu envie, pendant l’été, de rechercher du boulot comme transporteur routier », confie celui qui a exercé ce métier pendant 28 ans avant de se retrouver au chômage, à la suite du dépôt de bilan de la société de transport qui l’employait. Un retour à la case départ inimaginable pour ses proches et en premier lieu pour ses collègues du club de VTT qui l’ont vite remis en selle. Il n’avait pas fait tout ce travail pour rien et surtout il ne devait pas renoncer à sa passion, lui qui, selon les membres de son association, « ne lâche jamais rien ». Celui qui a toujours aimé bricoler son vélo et s’est formé pendant trois mois pour obtenir ce CQP devait chercher, et chercher encore, pour trouver sa voie.

René Girard… et même des parisiens !

Et pourquoi la réparation itinérante ? Installé à Beauvoisin dans une petite commune du Gard située entre Arles, Nîmes et Montpellier, villes bien pourvues en réparateurs de cycles, il a préféré « aller vers la clientèle plutôt qu’elle ne se déplace ». Gilles Trézit a eu le nez creux en créant en septembre 2017 son entreprise de réparation de vélos : en sillonnant les villes et villages alentour, il enlevait une épine du pneu de tous les amateurs de vélo de la région. Les petites réparations, il les faisait sur place et pour les plus importantes, le gérant de « Réparcycles » embarquait les deux roues dans son véhicule pour s’en occuper dans son atelier qui était, et est toujours, son garage. Une activité itinérante qu’il a poursuivie pendant une année avant de fixer son activité à Beauvoisin.  « Le mercredi, je fais encore ma tournée pour rendre service mais maintenant les clients viennent à moi, commente le réparateur. C’est aussi l’occasion de parler vélo avec eux et de leur donner quelques conseils pour l’entretien de leur machine en attendant que je termine la réparation. » Sa clientèle est variée : des personnes soucieuses de leur santé et de l’environnement qui utilisent la bicyclette pour leurs déplacements quotidiens jusqu’aux sportifs aguerris, pratiquant le vélo sur route ou le VTT de descente. Le secret de la réussite de son entreprise : la qualité de son service et le bouche à oreille qu’elle génère.

 « Je ne casse pas les prix mais j’assure un travail de qualité. Les clients reviennent et parlent de moi à leurs connaissances. » Et au-delà ! Il en compte « jusqu’à Avignon qui est quand même à une heure de route… Et même des Parisiens… qui ont une maison dans le coin ! », dit-il en souriant. Il pourrait ajouter sur sa carte de visite les campings à la belle saison et, toute l’année, les équipes cyclistes de la région, ce qui est un signe évident de reconnaissance de la qualité de ses prestations. L’équipe professionnelle de football du Nîmes Olympique et l’un de ses plus illustres joueurs, René Girard, font aussi appel à ses services. Des références supplémentaires…

Sur son temps libre

Pour rester compétent, le gérant de Réparcyles passe ses temps libres – « au grand dam de mon épouse » - à visionner des tutoriels sur internet pour découvrir des astuces et conseils sur des équipements qu’il connaît moins. Il avoue d’ailleurs ne pas être à l’aise avec la technologie des vélos à assistance électrique. Il envisage en conséquence de suivre une formation à ce sujet. Mais il a aussi deux autres idées en tête. « Mon affaire tourne plutôt bien. » Et Gilles Trézit de confier qu’il y a actuellement deux mois et demi d’attente pour faire réparer son vélo chez lui. Aussi, envisage-t-il de franchir un cap, de quitter son garage qui lui sert d’atelier pour ouvrir enfin son propre magasin de réparation de cycles dans la zone artisanale en gestation dans sa commune. « J’aimerais bien aussi prendre un apprenti pour me donner un coup de main et je me suis d’ailleurs rapproché des équipes du CFA Marguerittes pour cela. » Avec une idée affirmée d’une pédagogie efficace : « apprendre à mais aussi apprendre de ». L’apprenti formé, qu’il imagine « naturellement à l’aise avec les nouvelles technologies » appliquées au vélo à assistance électrique, pourrait lui apporter les connaissances et réaliser les prestations qu’il ne maîtrise pas bien. Et de son côté, il pourrait lui transmettre son savoir-faire et son expérience qu’il a accumulée pendant toutes ces années passées à pratiquer le vélo et à les réparer. Une façon de boucler la boucle pour l’ex-apprenant du centre de formation de la CCI et amoureux de la petite reine.

(1) Créé en 2013, le CFA régional CCI Sud Formation regroupe depuis le 1er janvier 2018 les compétences et l'offre de formation de 16 établissements des CCI d'Occitanie. Le CFA régional prépare à 100 diplômes du CAP au BAC+5 dans 12 filières métiers dont l'automobile et la mécanique au CFA Marguerittes, situé près de Nîmes dans le Gard. En 2019, le CFA CCI Sud Formation a formé plus de 5 000 apprentis avec un taux de réussite aux examens de 87% et d'embauche à trois mois des diplômés de 85%.

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