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Publié le 18/05/2020

« Je travaille à créer des synergies entre tous les acteurs de l'écosystème »

Sur tout le territoire, dans le réseau des CCI locales et régionales, des experts mettent leurs compétences et leur énergie au service des entreprises et des entrepreneurs. Rencontre avec Magalie Chesnel, qui travaille, en tant que conseillère entreprises à la CCI Ille-et-Vilaine, sur l'économie circulaire et les synergies interentreprises.

En quoi consiste votre métier à la CCI Ille-et-Vilaine ?

Je suis conseillère entreprises à la CCI depuis 7 ans. J’accompagne les entreprises du département sur la thématique des achats et, depuis quelques années, sur tout ce qui touche à l’économie circulaire. Nous sommes en pleine transition et nous constatons que les entreprises ont besoin d’aide pour absorber cette transition d’un point de vue social, environnemental et économique.

Ma mission principale consiste à développer l’écologie industrielle et territoriale (EIT), que l’on appelle plus communément les synergies interentreprises : je travaille à créer des synergies entre tous les acteurs de l’écosystème. Nous intégrons également à la partie achats une dimension responsable, en traitant de l’approvisionnement durable et de la pérennisation de la relation fournisseur notamment.

Magalie Chesnel, conseillère entreprises à la CCI Ille-et-Vilaine

Pouvez-vous nous donner des exemples d'opérations menées en ce sens sur votre territoire ?

Nous travaillons en étroite collaboration avec les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) et donc les collectivités. Depuis février 2018, nous travaillons, par exemple, avec Rennes Métropole pour favoriser les synergies sur les zones d’activité. Nous rencontrons les entreprises qui y sont implantées pour connaître leurs besoins et voir ce qu’elles peuvent proposer à leurs voisins. Nous organisons ensuite des ateliers d’affaires pour favoriser les synergies.

En parallèle, nous travaillons aussi sur le réemploi afin d’éviter que les ressources des entreprises ne deviennent des déchets. Nous avons notamment mis en place un catalogue, dans le cadre du projet Les Boîte à Ressources du 35, sur lequel les entreprises peuvent mettre les ressources dont elles n’ont plus besoin et les proposer à d’autres.

Quels types de synergies interentreprises permettez-vous ?

Il y a deux types de synergie :

  • les synergies de substitution : par exemple, une entreprise veut jeter des palettes dont elle n'a plus l'utilité alors qu'une société voisine en aurait besoin pour assurer la distribution à ses clients. Cela peut également se traduire par la mise à disposition d'une salle de réunion inutilisée. De la matière grise peut aussi faire l'objet de synergies de substitution : deux entreprises peuvent partager un emploi de comptable ou mettre à la disposition, l'une de l'autre, une expertise particulière.

  • les synergies de mutualisation : elles répondent à une interrogation « que peut-on faire ensemble pour améliorer notre quotidien ? ». L'idée est, pour les professionnels, de faire des économies, de valoriser leurs déchets ou encore de travailler sur la sécurité d'une zone d'activité, dans leur intérêt.


Dans ces synergies, la CCI joue le rôle de facilitateur.


Quels sont les objectifs et les résultats finaux de ces synergies interentreprises ?

L’objectif est de favoriser l’économie circulaire, en faisant faire des économies aux entreprises et en leur permettant d’optimiser leurs ressources. Ces synergies participent également à la création d’une dynamique territoriale forte qui correspond aux attentes des élus locaux : ils souhaitent favoriser l’ancrage des entreprises sur leur territoire. Il y a également tout un volet mélange des cultures. Les synergies interentreprises permettent à des acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) de travailler avec de nouvelles entreprises, et à des grands groupes de collaborer avec de plus petites structures, ce qui n’est pas le cas habituellement. Cela permet, parfois, de développer des solutions innovantes auxquelles l’entreprise n’aurait pas forcément pensé.

Pourquoi la CCI s'empare-t-elle de ces sujets ?

La CCI est un acteur incontournable au service des entreprises. Elle a une vocation sociétale et vise à aider l'entreprise à gagner en maturité, donc elle est tout à fait légitime pour se saisir des problématiques d'économie circulaire. Elle est également l'interlocuteur privilégié des collectivités et de l'État. Par rapport à d'autres structures privées qui travaillent sur le sujet, nous avons un ancrage territorial et une expérience qui sont très utiles. Personnellement, cela fait plus de 20 ans que je suis sur le territoire, donc j'ai une bonne connaissance du « terroir » économique.

Plus globalement, quels sont les enjeux en matière d'économie circulaire que vous percevez sur votre territoire ?

Depuis environ deux ans, nous avons des demandes fortes autour de la relocalisation des fournisseurs. Il y a vraiment une prise de conscience et une démarche qui consiste à travailler le plus possible avec des acteurs de proximité, à la fois sur la partie cœur de métier mais aussi sur l’approvisionnement en matières premières. Il y a également une volonté des entreprises de repenser leurs achats en intégrant davantage de responsabilité sociétale et environnementale (RSE). Ces démarches vont probablement prendre de l’ampleur avec la crise du COVID-19.

Qu'est-ce qui vous plaît dans votre quotidien ?

Je suis une ancienne acheteuse industrielle. Je suis entrée à la CCI en 2013, pour rendre service aux PME et aux PMI qui étaient demandeuses et avaient besoin de gagner en maturité sur la partie achats. Cette partie RSE s’est renforcée avec les années. Ce qui m’importe, dans mon travail, c’est de rendre service aux entreprises mais aussi à mon territoire, en matière de préservation de l’emploi et de création de valeur.