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Publié le 29/05/2020

La grande consultation des entrepreneurs : Activité ralentie pendant la crise, le moral des chefs d'entreprise cale

La crise sanitaire sans précédent a atteint les chefs d'entreprises dans leur activité et leur moral. Mais des signes d'espoir se manifestent cependant : de nouveaux usages s'affirment et les relations entre les entreprises et leurs fournisseurs français sont confortées.

La crise sanitaire et le confinement décidé pour y faire face ont durement touché l'économie française, qui a enregistré sur le premier trimestre 2020 la pire baisse de son PIB dans l'histoire. 54% des chefs d'entreprise de 0 salarié et plus que nous avons interrogés déclarent que leur activité a dû être interrompue au moins temporairement. 14% n'ont pas encore pu redémarrer, mais 40% ont toutefois repris leur activité au moins partiellement. 44% des entreprises ont poursuivi leur activité durant tout le confinement.

Les entreprises comptant 10 salariés ou plus ont été moins durement éprouvées par la crise : 35% ont connu une interruption de leur activité, contre 55% des entreprises plus petites. Les cafés, hôtels et restaurants ne pouvant rouvrir avant au moins le 2 juin, le secteur des commerces est particulièrement touché par la crise : 20% n'ont pas encore pu reprendre leur activité, même partiellement.


Grevée par le confinement et les incertitudes des Français sur leurs revenus, la baisse de la demande est la première difficulté que rencontrent les entreprises françaises actuellement (60%, dont 28% beaucoup). Conséquence logique de la baisse de l'activité, 41% des chefs d'entreprise indiquent qu'ils rencontrent des difficultés de trésorerie (10% beaucoup). Alors que la disponibilité des masques a été un thème majeur du débat public pendant le confinement, 41% des chefs d'entreprise déclarent connaitre des difficultés pour s'approvisionner en équipements sanitaires individuels (dont 13% beaucoup). Plus globalement, 86% des entreprises rencontrent aujourd'hui au moins une difficulté : 61% rencontrent des difficultés d'ordre financier, 48% des difficultés liées à la sécurité, 42% d'ordre logistique et 17% des difficultés liées aux ressources humaines.

Le secteur des services est relativement protégé des difficultés logistiques : seulement 27% des chefs des entreprises du secteur citent au moins une difficulté de cet ordre, contre 61% des dirigeants du secteur de la construction, 62% des chefs des entreprises du commerce et 70% des chefs d'entreprises industrielles.


Pour les aider à traverser cette période compliquée, les chefs d'entreprise préconisent avant tout que l'Etat agisse sur les charges sociales et fiscales : 77% réclament l'exonération totale sur plusieurs mois, tandis que 28% préfèrent simplement leur report et leur étalement jusqu'à la fin de l'année. D'autres mesures sont également souhaitées par une minorité des chefs d'entreprise : 14% pour la reconduction du dispositif de chômage partiel, 13% pour les dispositifs de soutien de la trésorerie. Les autres mesures ne sont citées que par moins d'un chef d'entreprise sur dix.

50% des chefs d'entreprises comptant dix salariés ou plus réclament la reconduction du dispositif d'aide au chômage partiel, contre seulement 12% des chefs d'entreprises plus petites.


Reflet du sentiment de flou qui a entouré l'approvisionnement en masques durant le confinement, les entreprises sont passées par des partenaires très variés pour se fournir : 18% par les grossistes pour professionnels, 14% les ont reçu d'une collectivité locale, 12% les ont achetés dans une enseigne de grande distribution, 11% chez un prestataire ou un fabricant spécialisé français, et 10% directement en pharmacie. D'autres canaux ont également été sollicités par moins de 10% des chefs d'entreprise. 16% sont allés jusqu'à les fabriquer eux-mêmes.

Les entreprises comptant moins de dix salariés ont avant tout sollicité les grossistes pour professionnels (17%) et conçu leurs propres masques (17%), tandis que les entreprises plus grosses sont d'abord passées par des fabricants spécialisés (31%) puis par des grossistes pour professionnels (29%).


Une partie des entreprises a fait face à la crise en déployant de nouveaux moyens pour commercialiser leur offre : 23% ont investi le champ de la communication et du marketing digital, 10% ont organisé un service de livraison à domicile, 8% un service de retrait de marchandise, et 6% se sont intégrées à une marketplace. Les entreprises apparaissent largement satisfaites des actions qu'elles ont menées. 82% des entreprises concernées comptent poursuivre leurs actions de communication et de marketing digital, 77% leur intégration sur une marketplace, 74% leur service de livraison à domicile et 67% leur service de retrait de marchandise.

Les entreprises du secteur du commerce ont été les plus nombreuses à mettre en place des services pour permettre aux consommateurs d'accéder à leurs produits : 29% ont lancé un service de livraison, et 25% un service de retrait.


La crise sanitaire n'a pas été l'occasion pour les entreprises de bousculer leurs habitudes en matière d'approvisionnement. Si 60% des chefs d'entreprise indiquent qu'ils ont eu recours à des fournisseurs français, 1% seulement le faisait pour la première fois. 40% des chefs d'entreprise n'ont pas eu recours à ces fournisseurs. Parmi ces entreprises clientes de fournisseurs français, 18% comptent avoir davantage recours à eux à l'avenir, et 81% autant recours.

Travaillant possiblement avec davantage de fournisseurs, les entreprises comptant 10 salariés ou plus ont davantage eu recours à des fournisseurs français depuis le début du confinement (79% contre 59% des entreprises plus petites).


La crise économique liée au confinement a provoqué un effondrement du moral des chefs d'entreprise : l'indicateur de l'optimisme chute de 43 points par rapport à février pour atteindre 49 points, de loin le niveau le plus bas enregistré depuis le début du dispositif. Cette baisse concerne autant les chefs d'entreprise comptant moins de 10 salariés (49, -42 points) que les chefs d'entreprises plus grandes (51, -48 points).


La première vague de la grande consultation après le confinement est marquée par d'autres records. Jamais autant de chefs d'entreprise n'ont déclaré qu'ils étaient inquiets (44%, +18 points). Une autre partie des chefs d'entreprise se déclarent attentistes (22%, +7 points). Dans le même temps, la part de chefs d'entreprise se déclarant confiants (28%, -22 points) ou optimistes (24%, -13 points) baisse fortement.

Ayant peut-être le sentiment que leur entreprise a les ressources pour faire traverser la crise, les chefs d'entreprises comptant 10 salariés ou plus se déclarent plus souvent attentistes (28% contre 21% des chefs d'entreprises plus petites).


Malgré cette crise d'une ampleur sans précédent, une majorité des dirigeants a toujours confiance dans les perspectives économiques des 12 prochains mois pour leur entreprise (52%, -26 points). Un niveau si bas n'avait toutefois été atteint qu'une seule fois, en février 2016. Les attentes concernant l'économie mondiale n'ont quant à elles jamais été aussi pessimistes : seulement 17% des chefs d'entreprise sont confiants (-10 points). En revanche, malgré un niveau de confiance dans les perspectives de l'économie française également particulièrement bas (19%, -23 points), celui-ci reste plus élevé que lors de nombreuses vagues de la grande consultation sous le quinquennat de François Hollande.

Le secteur des cafés, hôtels et restaurants étant toujours dans le flou concernant sa reprise, moins de la moitié des dirigeants du secteur du commerce se déclarent confiants pour leur entreprise (49%).

Logiquement, la confiance dans son entreprise est largement corrélée à la façon dont elle a pu traverser le confinement : seulement 33% des dirigeants dont l'activité n'a pas encore repris sont confiants, contre 51% pour ceux dont l'activité a pu reprendre, et 61% pour ceux pour qui elle ne s'est jamais arrêtée.


Dans une période de crise, on observe une petite tendance à revenir aux fondamentaux : 28% des chefs d'entreprise considèrent que l'innovation est un mirage plus qu'autre chose (+10 points), et 17% qu'elle est une prise de risque (+3 points). Toutefois, 40% considèrent toujours qu'elle est un investissement (-10 points).


L'épidémie de coronavirus a balayé un cycle économique qui, malgré les mouvements sociaux des deux dernières années, apparaissait assez positif pour l'économie française. Ainsi, les chefs d'entreprise ont largement le sentiment que « les jours heureux » sont derrière eux : 59% trouvent que « c'était mieux avant » (+19 points), tandis que seulement 9% déclarent que « c'est très bien maintenant » (-26 points), le plus faible niveau jamais enregistré. Près d'un tiers des chefs d'entreprise affiche toutefois la volonté de voir au-delà de cette période troublée et estime que « ce sera mieux demain » (32%, +7 points).

Plus confiants dans leur capacité à traverser la crise, les chefs d'entreprise comptant 10 salariés ou plus déclarent davantage que « ce sera mieux demain (42% contre 31% des chefs d'entreprises plus petites).


De façon inattendue en pleine crise économique, seulement 2% des chefs d'entreprise témoignent de leur intention de réduire le nombre de leurs salariés. 94% comptent le maintenir, et 4% souhaitent au contraire l'augmenter. La dynamique apparait même particulièrement forte pour les entreprises comptant 10 salariés ou plus : 17% de leurs dirigeants indiquent vouloir augmenter leurs effectifs.


A découvrir l'intégralité des résultats de la vague de mai 2020 de la Grande Consultation des Entrepreneurs

(1) Sondage Opinionway réalisé par téléphone auprès de 609 dirigeants d'entreprise entre le 13 et le 22 mai 2020 dans le cadre de la Grande Consultation des entrepreneurs.
 

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