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Publié le 15/03/2019

La « Deep Tech » : la prochaine révolution industrielle ?

De la « tech » à la « deep tech », on change d'échelle. Le numérique a changé nos usages. Les innovations de rupture issues des technologies de pointe devraient permettre de relever les grands défis du XXIème siècle.

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Des avancées scientifiques décisives qui repoussent les limites technologiques et provoquent de véritables ruptures dans les usages, telles sont, en synthèse, les caractéristiques des innovations de la « Deep technological » (Deep tech en abrégé). Ces solutions réellement nouvelles des start-ups s'appuyent sur l'expertise de pointe de chercheurs-entrepreneurs en nanotechnologies, neurosciences, robotique ou intelligence artificielle. Les applications de leurs découvertes concernent des domaines très variés : les transports, la finance, la santé, l'énergie, les télécommunications, l'agriculture ou bien encore l'environnement…

Des solutions réellement innovantes

Nées de la rencontre du monde de la recherche et du monde industriel, les deep techs offrent des solutions réellement innovantes pour sécuriser les transports (des peintures de signalisation routières luminescentes), pour améliorer la santé (un test sanguin pour éviter les effets secondaires des radiothérapies chez certains patients ou des objets connectés pour contrôler son diabète) ou bien encore pour préserver l'environnement (drones couplés à des algorithmes pour optimiser la replantation d'arbres ou la technologie de la bio-impression).

Le boom des deep tech

Chaque année et depuis 2011, le nombre des start-ups de la deep tech est multiplié par cinq en Europe et aux Etats-Unis. C'est le constat encourageant d'un recensement effectué par le fonds d'investissement britannique Atomico qui a dénombré 3500 start-ups dans ce secteur en 2015. Un secteur en plein boom qui attire les investisseurs privés comme publics. En un an, de 2016 à 2017, l'investissement dans la deep tech a été doublé pour atteindre 4.6 milliards d'euros (source cabinet Wavestone). Un secteur qui ne laisse pas indifférent les géants du net : Google, Apple, Facebook ou Uber ont ainsi acquis des start-ups de la deep tech. Des grands groupes étrangers qui s'intéressent aussi à nos laboratoires de recherche. Sur les neuf laboratoires privés spécialisés en Intelligence Artificielle (IA), cinq appartiennent à des multinationales étrangères.

La France en pointe

L'excellence de nos chercheurs est saluée. Facebook a ainsi choisi la capitale française pour ouvrir, en 2015, le FAIR Paris (Facebook Al Research), son centre européen de recherche en Intelligence artificielle, « en raison de la concentration de talents en recherche informatique et en intelligence artificielle » (dixit Yann LeCun, chef de l'IA chez Facebook à l'initiative de cette création). L'entreprise américaine a décidé d'investir 10 millions d'euros supplémentaires pour développer l'activité du centre, de doubler le nombre des chercheurs et ingénieurs qui y travaillent et de former, en lien avec Pôle Emploi, 50 000 demandeurs d'emploi au numérique. Paris occupe aujourd'hui la deuxième place européenne en nombre de développeurs informatiques (134 000) après Londres (300 000) et devant Berlin (82 000).

Faire grandir les deep techs

La France se situe également au deuxième rang européen pour les investissements dans la deep tech (toujours derrière le Royaume-Uni). Selon une étude du cabinet de conseil wavestone, 61% des investisseurs classent la France dans le « top 5 » des destinations phares pour investir dans la deep tech. Du côté du soutien public au secteur, BPI a lancé son plan « génération deep tech » doté d'une enveloppe de 800 millions d'euros sur cinq ans, destinée notamment à combler le manque de fonds d'amorçage des start-ups technologiques.

Des défis à relever

Les deep techs sont confrontées à des problèmes récurrents : des levées de fond importantes pour assurer leur développement, un temps très long et souvent sous-estimé (dix ans le plus souvent) entre la recherche et la mise sur le marché et une transformation en production industrielle parfois complexe.

Au-delà de la question du financement, de nombreux défis sont à relever par le secteur : la transition entre recherche fondamentale et appliquée, la création d'écosystèmes de start-ups pour éviter une trop grande dépendance vis-à-vis des grands groupes, une formation à l'entrepreneuriat des chercheurs, et le recrutement d'ingénieurs, de marketeurs et de commerciaux pour accélérer la diffusion de l'innovation sous la forme de produits commercialisables.