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Publié le 23/04/2020

Une webradio pour garder le lien avec ses collaborateurs

Dans la Drôme, la PME Voyages Bertolami a été contrainte de mettre une grande partie de ses salariés en télétravail et en chômage partiel. Pour garder le lien avec l'ensemble de ses équipes et préparer la sortie de crise, le dirigeant de l'entreprise a lancé une webradio quotidienne.

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Implantés à Saint-Donat-sur-l'Herbasse, dans la Drôme, les Voyages Bertolami fêtent leurs 70 ans cette année. La PME familiale entre dans cette nouvelle décennie avec un défi inédit à relever : survivre à la crise sanitaire du COVID-19. Depuis 2 ans, Benjamin Beaudet dirige l’entreprise avec ses deux frères et développe trois activités : celles d’autocariste, d’agence de voyage et, depuis peu, d’opérateur de navettes autonomes.

Une stratégie « anti-virus »

Alors que ses frères sont spécialisés dans l’exploitation et les finances, Benjamin Beaudet, lui, s’épanouit dans le marketing et la communication. C’est donc naturellement que lui est venue l’idée de mettre en place une émission de webradio, dès le premier jour de confinement. « Grâce à notre activité de voyagiste, nous avons vu arriver l’onde de choc, raconte l’entrepreneur. Au moment où le confinement a été annoncé, nous étions déjà en posture de gestion de crise depuis une dizaine de jours.

La webradio a été une nouvelle étape dans notre stratégie ‘anti-virus’ avec l’idée de délivrer, quotidiennement, la même information à tous les collaborateurs, mais aussi de montrer que l’entreprise continue à vivre. »

Sur les 120 collaborateurs que compte la PME, 30 continuent à travailler sur le terrain, 15 sont en télétravail et 75 en chômage technique. « En 48 heures, on a monté une organisation décentralisée et digitalisée. Cette situation est inédite pour nos employés qui voient leurs habitudes bouleversées, explique Benjamin Beaudet. La webradio leur permet d’entrendre tous la même voix et de savoir où en est l’entreprise. » 

10 minutes chaque jour

Chaque jour, le dirigeant enregistre donc une émission filmée d’une dizaine de minutes, avec les moyens du bord. « J’ai emprunté le micro Reine des neiges de ma fille pour m’enregistrer et je coiffe une casquette aux couleurs de l’entreprise, confie Benjamin Beaudet. Je télécharge ensuite la chronique sur YouTube pour la diffuser par mail aux collaborateurs. C’est amateur, mais c’est volontaire, d’abord parce que ce n’est pas mon métier et ensuite parce que c’est une démarche sincère dont le contenu a vocation à informer, pas à être beau. »

Selon l’actualité, l’émission aborde aussi bien des sujets pratiques en lien avec l’actualité que des thématiques plus légères. « Nous avons par exemple consacré une émission au versement des salaires du mois de mars, illustre le dirigeant reconverti en animateur radio. Grâce à l’histoire et l’ancrage territorial de notre entreprise, nous recevons aussi des invités. Un samedi, j’ai par exemple fait intervenir le directeur du club de Handball de Valence pour parler sport, car nous avons un partenariat avec le club. »

Un moyen d'anticiper la reprise

Après une vingtaine de jours de confinement et autant d’émissions, Benjamin Beaudet a profité de ce rendez-vous quotidien avec ses collaborateurs pour aborder l’après crise, et lancer un projet pour des « bus et cars déconfinés ».

« Via la webradio, nous avons lancé un appel aux équipes afin qu’elles proposent leurs idées pour préparer le déconfinement de nos activités et trouver des solutions concrètes à mettre en œuvre,

explique l’entrepreneur. Par exemple : comment faciliter le nettoyage ou organiser les montées et les descentes du car scolaire pour limiter les contacts ? » Le dirigeant, qui a déjà reçu une dizaine d’idées, s’est engagé à les remettre au député et au président de la Région, d’ici quelques semaines. « Ces propositions n’émanent pas d’ingénieurs, mais cela fait 70 ans que mes employés sont sur la route : ils connaissent leur véhicule par cœur ! », assure Benjamin Beaudet.

Même si la date de la reprise est incertaine, le dirigeant l’envisage plutôt sereinement. « Pour nous, c’est une bascule qui, au travers de l’effort que l’on fait aujourd’hui, devrait être assez facile à gérer, prévoit-il. Ce qui est important pour les dirigeants, en ce moment, c’est de parler à leurs collaborateurs. Certains peuvent avoir un sentiment d’inutilité ; les intégrer dans la réflexion sur le déconfinement est une bonne façon de les motiver. »

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