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Publié le 29/04/2020

La filière horticulture face à la crise du COVID-19

La crise sanitaire engendrée par le COVID-19 n'épargne aucune filière. Celle de l'horticulture, qui compte de nombreux commerçants, fait partie des plus touchées. Alors que le printemps s'installe et que le 1er mai approche, les professionnels essaient de s'organiser pour limiter les pertes et maintenir leur activité.

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Cela fait plus d’un mois que les boutiques des fleuristes, les stands de fleurs sur les marchés et les jardineries ne peuvent plus ouvrir normalement, et la situation est critique pour les professionnels de la filière. Au 10 avril, la Fédération française des artisans fleuristes (FFAF) estimait les pertes sèches à 40 millions d’euros. Selon une enquête qu’elle a menée entre le 27 mars et le 2 avril, 90% des entreprises du secteur n’ont eu aucune activité lors des deux premières semaines de confinement, et 60% ont enregistré une baisse de 50 à 70% de leur chiffre d’affaires en mars.

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En temps normal, les premières semaines de printemps sont propices à la vente de fleurs coupées pour les horticulteurs et les fleuristes. Le 1er mai qui approche est également un temps fort pour la filière : c’est « l’un des plus gros week-ends de l’année pour [la] profession après la fête des Mères, la Saint-Valentin et Noël », selon Florent Moreau, président de la FFAF interviewé dans Ouest France.

Maintenir l'activité sous conditions

Depuis le 23 mars, un décret autorise les jardineries à ouvrir uniquement leur rayon « plants alimentaires », tout en observant le strict respect des consignes sanitaires. Dans ce contexte, la filière tente de s’organiser de plusieurs façons. L’entreprise Fleurs d’ici, qui œuvre à la sauvegarde de l’horticulture française et soutient le commerce local a, par exemple, pris plusieurs mesures. Elle propose de la vente en ligne via une chaîne logistique sans contact : le producteur envoie un colis de fleurs en botte au domicile des fleuristes, ces derniers réalisent leurs compositions à domicile et peuvent recourir à un coursier pour livrer leurs créations aux clients, dans le respect des normes sanitaires en vigueur. L’entreprise, comme d’autres fleuristes un peu partout en France, participe également à l’élan de solidarité national envers le monde médical. Les bouquets habituellement livrés aux entreprises pour fleurir les espaces d’accueil sont livrés dans les maisons de retraite ou les EHPAD. Dans la Sarthe, l’entreprise Bigot fleurs a livré des fleurs coupées aux hôpitaux pour éviter d’en jeter une partie.

Certains professionnels mettent en place, quand ils le peuvent, des drive ou click-and-collect pour livrer leurs plantes, comme la boutique Thalis aux Herbiers (Vendée). Des dispositifs qui devraient leur permettre de vendre leurs traditionnels brins de muguet le jour de la fête du Travail.

Dans le cadre du 1er mai, la vente de muguet a, en effet, été encadrée pour lutter contre la propagation du coronavirus.

Les fleuristes sont autorisés à vendre leur muguet uniquement en livraison et en retrait de commande. Les horticulteurs pourront également fournir les commerces essentiels, autorisés à ouvrir, en muguet afin d'écouler leur production.

Le soutien des CCI

Dans leur territoire, les Chambres de commerce et d'industrie sont mobilisées pour soutenir les commerçants locaux, y compris ceux de la filière horticole. Dans le Var, un territoire où la production de pivoines est à son apogée en avril et en mai, la CCI, associée à la Chambre d'agriculture, a lancé un appel aux grandes surfaces pour qu'elles mettent en place la vente de ces fleurs via leurs plates-formes d'approvisionnement.

La CCI Hérault a, quant à elle, élaboré une charte, validée par le Préfet, pour permettre la vente de muguet le 1er mai, dans le département. « La grande et moyenne distribution et l’ensemble des commerces ouverts jugés prioritaires (alimentaires, tabac, boulangerie, pharmacie…) pourront intégrer et écouler une partie de la production de muguet en respectant scrupuleusement les normes sanitaires. Nous nous réjouissons également de cette mesure pour les fleuristes durement touchés eux aussi », a annoncé André Deljarry, président de la CCI Hérault, et premier vice-président de la CCI Occitanie.

Suite à cette dérogation, la CCI Hérault s’est associée à l’afficheur Mediaffiche pour promouvoir la vente de muguet et les coquillages du Bassin de Thau (dont les producteurs ont également besoin d’écouler leur production). À partir du 27 avril, des affiches avec le slogan « Offrez-vous un peu de bonheur avec vos commerçants et producteurs locaux » feront ainsi la promotion du traditionnel muguet du 1er mai et des fleuristes.

Toutes ces opérations ont bien sûr besoin du soutien et de la solidarité des Français pour fonctionner. En 2019, ils avaient dépensé 22 millions d'euros pour s'offrir des brins de muguet.

Entreprises, pour toute question :   entreprises-coronavirus@ccifrance.fr