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Publié le 20/12/2019

« La création de mon entreprise, c'est l'aboutissement d'un projet que j'ai toujours eu »

Caroline Rénier est la fondatrice d'Équi'Libres, une entreprise située en Tarn-et-Garonne qui propose un accompagnement éducatif assisté par le cheval. Elle a été accompagnée par la CCI Montauban et Tarn-et-Garonne dans la construction de son projet.

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Quel est votre parcours ?

Je suis cavalière depuis toute petite et j'ai toujours voulu proposer un accompagnement pour les personnes en situations de handicap. J'ai une licence de Sciences du Langage et pathologie du langage. Pour me sentir légitime auprès des enfants et des adultes en situation de handicap, j'ai passé le diplôme du monitorat d'équitation ainsi qu'un diplôme d'éducateur spécialisé. Je suis éducatrice spécialisée depuis 7 ans et monitrice d'équitation depuis 14 ans. Je suis également titulaire d'un Brevet Fédéral d'Encadrement EquiHandi et j'ai suivi une formation intitulée « modèle de réadaptation avec le cheval » avec une canadienne ergothérapeute et hippotherapeute, en France.

En quoi consiste votre projet ?

Le principe de mon projet est d'accueillir les enfants et les adultes en situation de handicap, d'élaborer et de mettre un œuvre un projet de soin adapté et d'utiliser le cheval comme une « aide » grâce au bien-être et la motivation qu'il induit.

Selon le profil de la personne, je mets en place différentes stratégies en collaboration avec des professionnels et les familles, afin qu'elle s'adapte le mieux possible à son environnement et qu'elle comprenne mieux les choses et le monde qui l'entourent.


Je travaille essentiellement sur l'estime de soi et la gestion des émotions.


La personne en situation de handicap bénéficie des aspects sensoriels qu'offre le cheval (TAC : thérapie assistée par le cheval). Elle est plus apaisée et disponible pour s'exprimer au sein d'un espace rassurant, un repère, où elle prend du plaisir et se sent bien. Notre objectif est de lui permettre de transférer les émotions positives associées à un lieu qui lui est agréable et familier.

Collaborez-vous avec d'autres professions ?

Lorsque je suis confrontée à des problématiques particulières liées au langage, je collabore avec une orthophoniste. Nous proposons des collaborations conjointes afin de pouvoir intervenir sur la gestion du langage et comportement.

J'envisage également un partenariat avec une psychologue avec laquelle je partage les mêmes valeurs et la même vision du métier. A terme, mon objectif est de créer un cabinet pluridisciplinaire où la majorité des partenaires de soins seront regroupés (psychologues, ergothérapeute, kinésithérapeute...) afin de proposer un accompagnement plus global aux personnes en situation de handicap.

Comment avez-vous connu la CCI ?

Grâce à mon père, également entrepreneur ! J'avais l'idée de mon projet mais je ne savais pas par où commencer et comment créer mon entreprise. Je me suis d'abord tournée vers la Chambre d'Agriculture mais il ne s'agissait pas du bon endroit pour un projet médico-social. Je leur exposais un projet qui n'existait pas, je ne cochais pas leurs cases et n'étais pas agricultrice. Je suis me tout de même inscrite même si l'orientation proposée ne correspondait pas à mes besoins. Mon père m'a alors parlé de l'accompagnement proposé par la CCI et des conseils dont il avait bénéficié. Au départ, je suis venue à la CCI et Tarn-et-Garonne pour un simple renseignement et finalement, à la suite d'un entretien approfondi, le suivi avec ma conseillère s'est rapidement mis en place !

Quel a été l'accompagnent de votre CCI ?

Dès mon premier entretien, je me suis tout de suite sentie épaulée et moins démunie. Ma conseillère a réussi à m’emmener là où j’en avais besoin. J’ai suivi deux formations : la première consistait à déblayer les prémices de la mise en place d’un projet et la deuxième portait sur la budgétisation et le financement du projet. Ma conseillère m’a orientée vers la plateforme de financement participative Tubigo. Je ne savais pas que cet appel à projet m’inscrivait d’emblée à un concours. C’est donc grâce à elle que j’ai remporté le prix Occitanie catégorie « RSE » qui m’a permis de faire parler de mon projet, de récolter des fonds et de bénéficier d’un article dédié à mon projet dans le journal local, la Dépêche.

Etre entrepreneure, c'est…

Je ne me reconnais pas vraiment dans la terminologie « entrepreneure ». Je trouve que le terme est éloigné de ma réalité, de mon quotidien. Il me renvoie à une image de « chef d'entreprise » et à des aspects financiers, à une politique du résultat. Alors que moi, j'exerce un métier médico-social en bottes et en polaire ! Je le fais parce que je suis passionnée et que j'y crois ! C'est avant tout l'aboutissement d'un projet que j'ai toujours eu. Un projet qui m'a permis d'aller au bout des choses, de concrétiser une idée peu connue, tournée vers les autres.


Selon moi, on ne quantifie pas le bien-être et les belles choses qui se vivent !


Quelles sont les qualités à avoir pour être entrepreneur ?

Celles que je n'ai pas ! (rires). L'honnêteté : il est essentiel d'être dans une démarche intellectuelle honnête avec soi-même et avec les autres. Je souhaite apporter du sens et non pas vendre du rêve aux familles, en les confortant dans des choses auxquelles je ne crois pas. Il faut également de l'envie, de la conviction, de la légitimité et, ne jamais perdre le premier objectif de vue. Dès le mois de janvier 2019, je m'étais fixée l'ouverture de ma structure au 1er septembre 2019. Et le 2 septembre (le 1er étant un dimanche), mes portes étaient ouvertes et j'avais mon premier rendez-vous !

Conseilleriez-vous la CCI à votre entourage ?

Un grand OUI ! J'ai toujours été accueillie avec bienveillance. Qu'il s'agisse de ma conseillère ou de l'ensemble des professionnels que j'ai pu rencontrer. Ils ont su être à l'écoute, de bon conseil et m'ont bien orienté. La CCI Montauban et Tarn-et-Garonne est un endroit où l'on se sent bien et bien accompagné.