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Publié le 17/12/2020

« Voilà », la pochette surprise tricolore née pendant la crise

« Voilà », c'est une pochette-surprise en forme de cône avec des vêtements, accessoires, et produits cosmétiques Made In France d'une quarantaine de marques. « Voilà », c'est une manière de faire (ou de se faire) plaisir tout en soutenant les entreprises françaises. « Voilà », ce sont des valeurs fortes : emploi, savoir-faire, et qualité. Rencontre avec Fabienne Delahaye, co-fondatrice de l'initiative.

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Fabienne Delahaye est la créatrice et présidente du MIF Expo, le plus grand salon dédié aux produits conçus et fabriqués en France. Cette année, en raison de la crise engendrée par la COVID-19, le salon n’a pas pu avoir lieu comme prévu en novembre. Pour offrir malgré tout de la visibilité à ses 600 exposants, Fabienne Delahaye et son équipe ont opté pour la création d’un catalogue interactif recensant 900 produits Made In France et, une autre idée à fait « tilt » un soir de confinement ; celle de « Voilà ».

Fabienne Delahaye

Voilà, c'est quoi ?

Voilà c’est la pochette-surprise de notre enfance – Vous savez, ces cornets cartonnés et colorés que l’on réclamait à nos parents lors de nos visites à la boulangerie– mais revisitée. Les pochettes Voilà sont des grands cônes aux couleurs joyeuses et acidulées, au design chiadé conçu par une jeune graphiste talentueuse, à destination des « grands enfants » que nous sommes devenus. Chaque pochette-surprise propose une sélection pointue de 4 à 8 produits de qualité (cosmétiques, bijoux, chaussettes, bonnet…) fabriqués sur le territoire français dans deux pochettes différentes : L’inattendue et La Superbe. Pour chaque modèle, vous avez le choix entre la version féminine ou masculine. À terme, dans chaque pochette-surprise, vous trouverez la description du lieu de fabrication de chaque produit, l’histoire de sa conception, des anecdotes…

Comment est née l'idée de Voilà ?

L’idée de notre pochette surprise Made In France a germé un dimanche matin pendant le premier confinement. Nous échangions avec Frédérique Libaud, experte en stratégie Relations Presse au sein de l’agence Flag, sur les difficultés rencontrées par les entreprises qui fabriquent en France et n’étant pas en mesure de vendre leur production durant le confinement. La grande majorité d’entre elles n’étaient pas préparées à faire face à ce type d’événement. Avoir un site marchand n’est pas suffisant ; il est essentiel de communiquer sur son entreprise, de faire de la publicité, de faire connaître ses produits au plus grand nombre. Notre objectif principal ? Leur trouver des débouchés commerciaux supplémentaires et mettre en lumière leur savoir-faire français et la qualité de leurs produits. C’est durant cet échange que nous avons « tilté » : et si on mettait l’emploi, la qualité, le savoir-faire en pochette ? Le lendemain matin, nous avons formalisé ensemble notre projet.

Comment sélectionnez-vous les produits ?

Pour nos premières pochettes, nous avons sélectionné des entreprises référencées au MIF Expo parmi les 600 exposantes. D’autres entreprises viennent spontanément vers nous et deviennent nos marques partenaires. Frédérique Libaud, co-fondatrice de Voilà, et moi-même sourçons directement les références au gré de nos découvertes : sur les réseaux sociaux, dans la presse, à la suite d’une rencontre… Les conditions de sélection ? Le produit doit avant tout nous plaire, être fabriqué sur le territoire français et rentrer dans notre pochette-surprise !

Comment s'est déroulé le lancement et la mise en œuvre opérationnelle du projet ?

Dans un premier temps, nous avons souhaité tester le produit auprès du grand public. Nous avons donc lancé une campagne de financement participatif sur la plate-forme Ulule en proposant la pochette « Découverte » à 29,80 euros. L’idée était de tester sa réception par le public. Et nous avons été agréablement « surprises » ! L’enthousiasme fut immédiat, l’idée plaisait ! Nous avons rapidement rempli notre carnet de commandes. Cependant, la mise en place de cette campagne participative nous a permis de constater que ce modèle économique ne serait pas rentable pour nous : coûts de fabrication de la pochette élevés, acheminement de la marchandise de nos marques partenaires, livraison auprès de nos clients… Nous avons donc dû réajuster nos offres et le prix de la pochette (L’Inattendue au prix de 49 euros et La Superbe au prix de 94 euros). Autrement, nous aurions été contraintes d’acheter les produits de nos entreprises partenaires moins chers ou de proposer moins de produits dans la pochette.

Concernant la mise en place opérationnelle : nous négocions un prix professionnel avec les marques partenaires. Ils nous livrent leurs stocks de produits dans nos locaux. En parallèle, nous travaillons avec un imprimeur/fabriquant d’emballage qui nous livre nos cônes en papier dont le grammage est adapté au poids des produits ainsi que des « teckels box » (ndlr : caisses carton longues et étroites conformes aux contraintes des transporteurs). Nous réalisons nous-mêmes le pliage et le remplissage du cône avec les produits sélectionnés. Puis, nous mettons les cônes dans les teckels box afin qu’ils restent intacts et les livrons aux clients.

Selon vous, la crise de la COVID-19 signe-t-elle le retour du Made In France ?

L’engouement pour la fabrication française existait bien avant la crise. De nombreuses études s’accordent sur le fait que, depuis dix ans, les consommateur.rice.s français.e.s ont changé leurs habitudes et mode de vie au profit d’une consommation plus responsable dont les produits Made In France font partie. Le salon du MIF, qui se déroule chaque année depuis 2012, est un thermomètre de la tendance de la fabrication française : nous sommes passés de 15 000 visiteurs la première année à 80 000 visiteurs en 2019. Ces chiffres confirment qu’il s’agit bien d’une tendance de fond qui prend de plus en plus d’ampleur chaque année. Cependant, la crise a soulevé de façon évidente la problématique de la fabrication à l’étranger et les effets néfastes de notre dépendance auprès des pays qui – en période de crise – ne peuvent pas acheminer leurs marchandises. Les personnes les moins convaincues par le Made In France ont commencé à se questionner et à percevoir l’importance d’investir et de fabriquer sur le territoire français. Car, plus les entreprises investissent en France, plus elles préservent les emplois.

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