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Publié le 10/02/2021

« Les aides du plan de relance nous permettent de croire en l'avenir »

Implantée dans le Pas-de-Calais, la Société Mécanique de la Gohelle (SMG) et sa division commerciale ELECTROBROCHE CONCEPT fait partie des entreprises lauréates du fonds de modernisation et de diversification du secteur automobile, du plan France Relance. Elle va recevoir 400 000 euros d'aide pour financer ses investissements pour accélérer sa digitalisation et concevoir de nouvelles machines industrielles. Sa dirigeante, Fanny Philippe, raconte sa démarche.

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Quelle est l'activité de SMG / ELECTROBROCHE CONCEPT ?

Nous sommes une PME industrielle de 17 personnes, installée à Nœux-les-Mines et spécialisée dans la conception, le rétrofit et l'amélioration des machines de rectification*. SMG a été créée en 1986 et s'est diversifiée en 2002, avec la création d'ELECTROBROCHE CONCEPT, une deuxième entité qui réalise la maintenance et la réparation de broches et d'électrobroches de toutes marques, principalement pour les secteurs aéronautique et automobile.

Comment l'entreprise a-t-elle été impactée par la crise engendrée par la pandémie de COVID-19 ?

Nous avons été très affectés, notamment par la baisse brutale des commandes des secteurs aéronautique et automobile. Notre chiffre d'affaires a diminué de 17 %. Nous avons réussi à minorer cet effet par la conquête de nouveaux clients du secteur automobile et de nouveaux secteurs d'activité.

Qu'est-ce qui vous a encouragés à candidater pour bénéficier des aides du Plan de relance pour l'industrie ?

Depuis 2018, notre entreprise fait partie du groupe Pracartis, qui est un consortium de huit sociétés dans le domaine de l’usinage de précision. Alors que nous subissions la crise, le groupe nous a encouragés à investir pour préparer le redémarrage. Or, pour investir, nous avions besoin de financements. Pracartis nous a donc mis en contact avec un cabinet qui nous a aidés à monter un dossier pour bénéficier du fonds de modernisation et de diversification du secteur automobile, proposé dans le cadre de France Relance.

Pour quels investissements avez-vous candidaté ?

Nous avons constitué un dossier avec trois projets d'investissement. Le premier pour accélérer la digitalisation de nos procédés, notamment la phase expertise qui est nécessaire avant la réparation d'une broche. L'objectif est double : réduire les délais inhérents à cette étape et apporter davantage de communication aux clients par la mise à disposition d'une plateforme. Le deuxième projet s'intègre dans la transition écologique de l'entreprise et vise à réduire les consommables polluants utilisés lors du nettoyage des pièces. Enfin, nous envisageons de créer un centre d'essais pour que nos clients puissent réaliser des tests de rectification sur de nouvelles matières.

Que s'est-il passé à la suite de votre candidature ?

Nous avons déposé notre dossier en août 2020 et avons eu des échanges réguliers avec la DIRRECTE qui nous a posé quelques questions pour bien comprendre notre candidature. En septembre 2020, nous avons été retenus comme lauréat pour recevoir 400 000 euros d’aides à l’investissement, sur une enveloppe de dépenses estimées à 700 000 euros. Fin décembre, nous avons obtenu 50 % de la somme, et nous obtiendrons la moitié restante à la fin du programme d’investissement.

Sans ce fonds du plan de relance, auriez-vous pu réaliser ces investissements ?

Même si nous sommes convaincus de l'intérêt de ces investissements, le manque de visibilité nous aurait contraint à les reporter. Le plan de relance montre que ce n'est pas parce qu'on est une PME qu'on n'a pas le droit à des aides. Il suffit parfois d'appeler sa DIRRECTE pour savoir si un projet est éligible. Il ne faut pas hésiter à le faire et à se faire accompagner pour monter son dossier.

Vous axez notamment vos investissements sur la digitalisation et la transition écologique. Ce sont des enjeux que vous aviez identifiés comme prioritaires pour votre industrie ?

Oui, nous les avions identifiés comme enjeu mais ne connaissions pas les acteurs capables de nous accompagner. Pour la digitalisation, le programme Boost French Fab propose la mise en relation entre lauréats et offreurs de solutions. Quant à la transition écologique, cela s’intègre dans la démarche RSE initiée par le Groupe PRACARTIS.

Quel lien entretenez-vous avec la CCI Artois ?

La CCI Artois est très présente en cette période de crise. Audrey Delannoy, référente industrie à la CCI, est venue nous voir pour nous présenter les aides disponibles et les contacts pouvant nous être utiles.

*La rectifieuse permet de corriger l'arrachement de matière engendré à la surface par l'usinage à l'aide d'une meule. Elle apporte les dernières finitions à une pièce.