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Publié le 25/09/2020

Grande consultation des entrepreneurs : dans l'attente de la reprise

La crise sanitaire a un impact différent selon les entreprises et les secteurs d'activité. Si les chefs d'entreprise affichent, globalement, un léger regain d'optimisme en septembre, ils espèrent, surtout, recouvrer l'année prochaine leur niveau d'activité d'avant la Covid-19.

Les conséquences économiques de la crise sanitaire se font encore gravement sentir. 44% des dirigeants d'entreprise déclarent ainsi que leur niveau d'activité est moins bon que l'an dernier à la même époque. Néanmoins, 45% déclarent pour leur part que leur activité est semblable. Certaines entreprises réussissent même à tirer leur épingle du jeu : 10% des dirigeants témoignent d'un niveau d'activité en croissance par rapport à l'année dernière.

Les entreprises industrielles sont les plus nombreuses à subir les conséquences de la crise sanitaire : 54% affichent un niveau d'activité en baisse par rapport à l'année dernière. Le secteur de la construction apparait comme le moins affecté, 71% des dirigeants indiquant que leur niveau d'activité est semblable à celui de l'an dernier. Enfin, le secteur du commerce est celui au sein duquel le plus de dirigeants d'entreprise déclarent que leur niveau d'activité a augmenté depuis l'an dernier (16%).


Pour les entreprises qui n'ont pas retrouvé leur niveau d'activité d'avant crise, 14% s'attendent à atteindre ce stade avant la fin de l'année, mais 22% parient plutôt sur un rattrapage l'année prochaine. 7% sont plus pessimistes et ne s'attendent pas à retrouver leur niveau d'activité avant 2022 au moins. Si de nombreux dirigeants arrivent à se projeter, 17% sont toutefois dans le flou et ne savent pas quand ils retrouveront leur niveau d'activité d'avant crise.

Les dirigeants d'entreprises comptant moins de dix salariés sont plus nombreux à ne pas pouvoir estimer quand leur entreprise retrouvera son niveau d'activité d'avant crise (17% contre 10% des entreprises plus grandes).


Finalement, les dirigeants estiment le plus souvent que la reprise de l'activité de leur entreprise est en ligne avec celle de leur secteur (43%). Par ailleurs, davantage de dirigeants déclarent que leur entreprise est en avance sur son secteur (21%) qu'en retard (3%). Toutefois, de nombreux dirigeants d'entreprise n'arrivent pas à comparer la reprise de l'activité de leur entreprise et celle de leur secteur (33%).


Ainsi, malgré des difficultés encore prégnantes, les progrès enregistrés permettent aux dirigeants de faire état d'un état d'esprit plus positif : notre indicateur de l'optimisme se place ce mois-ci à 84, en progression de 6 points par rapport à juillet dernier. Cette lente amélioration du moral des chefs d'entreprise provient certes de la reprise pour certains aujourd'hui mais aussi des attentes pour les douze prochains mois : une majorité d'entre eux a ainsi confiance dans les perspectives de leur entreprise (61%, +2 points). Par ailleurs, si le sentiment le plus partagé reste que « C'était mieux hier », il est tout de même en forte baisse (37%, -15 points). Cette baisse se traduit en partie par une hausse de la foi en l'avenir, 29% des dirigeants déclarant que « Ce sera mieux demain » (+7 points). Plus surprenant, près d'un tiers des dirigeants apprécie la période économique actuelle, et explique que « C'est très bien maintenant » (34%, +8 points).

Les dirigeants d'entreprise du secteur de la construction sont les plus positifs sur la période actuelle : 57% considèrent que « C'est très bien maintenant », tandis que les dirigeants industriels sont deux fois moins nombreux à le penser (28%).


De l'avis des responsables économiques, et notamment le Gouverneur de la Banque de France, la reprise économique se déroule mieux qu'anticipé. Dans cette période, les dirigeants d'entreprise se disent davantage confiants (39%, +4 points) et optimistes (35%, +2 points). Ils se trouvent également moins inquiets (32%, -3 points) et moins attentistes (23%, -3 points). Pour autant, avec les interrogations sur l'imminence éventuelle d'une deuxième vague de l'épidémie, ils sont également un peu plus nombreux à se dire méfiants (18%, +3 points).

Tout comme les mois précédents, les dirigeants des entreprises comptant 10 salariés ou plus montrent un état d'esprit plus positif. Ils sont ainsi plus confiants (45% contre 38% pour les chefs d'entreprises plus petites) et moins méfiants (15% contre 19%).


Et pour cause, les dirigeants semblent exprimer une certaine méfiance à l'égard des actions du gouvernement et notamment du plan de relance qui clive voire les laisse dubitatifs. Seule une minorité d'entre eux considère qu'il sera suffisant (31%) pour faire redémarrer l'économie. Peu le trouvent suffisamment doté en moyens financiers (40%) et parfaitement ciblé sur les secteurs stratégiques (42%). Les dirigeants d'entreprise accordent toutefois au plan du gouvernement le crédit de pouvoir servir de catalyseur, en redonnant confiance aux acteurs stratégiques (52%). Une partie des dirigeants apparait cependant mal informé sur le plan et ne se prononce pas (10 à 12% selon les opinions testées).


Dans ce contexte, peu de dirigeants montrent de la confiance pour l'économie française et l'économie mondiale dans les douze prochains mois. À peine un tiers partage cette opinion (36% pour l'économie mondiale, 35% pour l'économie française). Une nouvelle fois, les dirigeants du secteur de la construction sont les plus confiants pour leur entreprise (72%), et les dirigeants industriels le sont le moins (53%).

Plus globalement, les dirigeants d'entreprises comptant au moins 10 salariés sont plus confiants dans leurs perspectives économiques sur les douze prochains mois (67% contre 61% des dirigeants d'entreprises plus petites).


Annoncé avant la rentrée de septembre, l'obligation de porter les masques dans les entreprises n'a pas été une consigne difficile à appliquer pour leurs dirigeants. 87% des chefs d'entreprise concernés déclarent que cela a été facile à faire respecter par leurs salariés, tout comme par leurs fournisseurs, prestataires ou client. 91% déclarent que cela a été facile à mettre en place sur le plan technique, concernant l'approvisionnement notamment. 44% déclarent toutefois que la règle annoncée par le gouvernement n'a rien changé pour eux, que ce soit parce qu'ils appliquaient déjà cette consigne, ou parce que le port du masque n'est pas utile au sein de leur entreprise.

Malgré un nombre plus important de collaborateurs à gérer, les dirigeants d'entreprises comptant 10 salariés ou plus témoignent d'à peine plus de difficultés que les entreprises plus petites dans la mise en place du port obligatoire du masque. 86% d'entre eux déclarent que la mise en place technique fut facile (92% pour les dirigeants d'entreprises plus petites), tout comme 85% pour la mise en place avec les collaborateurs (contre 88%).


Au-delà du port du masque, les dirigeants d'entreprise reconnaissent que des mesures sanitaires étaient nécessaires pour assurer la santé de tous (73% d'accord, dont 48% tout à fait d'accord). Les mesures imposées apparaissent d'ailleurs efficaces pour les chefs d'entreprise, seulement 21% indiquant qu'elles ne sont pas suffisantes pour protéger la santé de tous. Ces mesures seraient même presque excessives pour une large partie des dirigeants : 62% d'entre eux déplorent que les mesures sanitaires présentent plus d'inconvénients que d'avantages.

Dans les entreprises plus grandes, et qui représentent un risque plus important de contamination, les dirigeants sont encore plus nombreux à reconnaitre que des mesures sanitaires s'imposaient (82% contre 72% des dirigeants d'entreprises plus petites).


A découvrir l'intégralité des résultats de la vague de septembre 2020 de la Grande Consultation des Entrepreneurs

(1) Sondage Opinionway réalisé par téléphone auprès de 602 dirigeants d'entreprise entre le 7 et le 14 juillet 2020 dans le cadre de la Grande Consultation des entrepreneurs.
 

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