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Publié le 03/05/2021

L'action de l'Europe saluée par les entrepreneurs

Plus d'un an après le démarrage de la crise sanitaire, les dirigeants d'entreprise sont satisfaits de l'action de l'Union européenne dont ils reconnaissent la contribution financière aux aides d'urgence mises en place par l'État français. Les entrepreneurs saluent aussi le rôle de l'UE dans le développement économique même si son fonctionnement et son organisation pourraient être améliorées.

Depuis le début de la crise sanitaire, le rôle de l'Union européenne a parfois été discuté dans le débat public, qu'il s'agisse de son rôle en matière sanitaire ou concernant les plans de relance économique. Après plus d'un an de crise, les dirigeants d'entreprise ont finalement un point de vue plutôt positif de l'action de l'UE pour aider les entreprises (68% en tout). 24% d'entre eux estiment ainsi que l'UE est à la hauteur des attentes des dirigeants d'entreprise, et 44% jugent qu'elle agit dans le bon sens, même s'ils considèrent qu'elle pourrait en faire plus. Alors que l'UE est souvent la cible de critiques, seulement 16% des dirigeants déclarent qu'ils trouvent l'Union européenne inefficace pour aider les entreprises, 16% également ne se prononçant pas.

Les dirigeants des entreprises comptant 10 salariés et plus sont plus nombreux à porter un jugement positif sur l'action de l'UE : 76% en tout contre 68% pour les entreprises plus petites.

Les dirigeants industriels affichent l'opinion la plus mitigée : ils sont les plus nombreux à considérer que l'UE est à la hauteur (36%), mais également les plus nombreux à considérer qu'elle est inefficace (23%).


Cette perception majoritairement positive peut s'expliquer par la conscience chez les dirigeants d'entreprise que l'UE a contribué financièrement aux aides d'urgence distribuées par l'Etat français depuis le début de la crise, 71% en faisant état. Dans le détail, 23% des dirigeants estiment que l'UE a beaucoup contribué à ces aides, et 48% qu'elle a un peu contribué. De nouveau, seulement 17% considèrent que l'UE n'a pas du tout contribué au soutien des entreprises.

Les dirigeants industriels ont la vision la plus positive de la contribution de l'UE, 81% en faisant état et 31% estimant que l'UE a beaucoup contribué aux aides d'urgences de la France pour ses entreprises.

Les dirigeants d'entreprises comptant 10 salariés ou plus sont plus nombreux à juger que l'UE a beaucoup contribué (29% contre 22% des dirigeants d'entreprises plus petites).


Dans ce contexte, les dirigeants sont désormais 42% à se déclarer confiants (+6 points en un mois) et 35% optimistes (+10 points), l'inquiétude n'occupant plus que la troisième place du classement des sentiments exprimés (28%, -1 point).

Fait notable, les dirigeants des grandes comme des petites entreprises partagent avant tout de la confiance (42% et 47%) et de l'optimisme (35% et 34%), à des niveaux relativement similaires.

Si les plus grandes entreprises se montrent déjà plus sereines, une majorité estime que « c'est très bien en ce moment » (39%), les plus petites sont davantage dans une logique de projection et visent un futur proche plus clément (38%).


Au-delà de la période de crise, 68% des dirigeants reconnaissent également la contribution de l'UE au développement économique de la France. Toutefois, la perception de cette contribution est nettement moins forte à une échelle plus locale : seulement 45% des dirigeants attribuent à l'UE une contribution au développement de leur propre région.

Les dirigeants d'entreprises comptant 10 salariés ou plus reconnaissent davantage la contribution de l'UE au développement économique de la France (77% contre 68%), mais également à celui de leur région (58% contre 44%).

Les dirigeants des entreprises qui travaillent avec d'autres pays de l'UE sont moins nombreux à relever la contribution européenne au développement économique de la France (66% contre 70% des dirigeants qui ne travaillent pas avec d'autres pays européens), mais pointent plus souvent la contribution au développement de leur propre région (51% contre 42%).


Pour la moitié des dirigeants interrogés, l'Union européenne n'est pas encore accomplie complètement : 50% estiment que c'est une Union à consolider. Pour 35%, l'UE est avant tout un grand marché. Finalement, peu de dirigeants d'entreprise perçoivent l'UE comme une entité affirmée : 13% jugent qu'elle est une puissance mondiale.

Peut-être moins atteints par les débats récurrents sur la désindustrialisation de l'Europe, les dirigeants d'entreprises industrielles sont les plus nombreux à percevoir l'UE comme une puissance mondiale (25%). Les dirigeants d'entreprises de la construction sont au contraire les plus nombreux à estimer que l'UE doit encore être consolidée (64%).


La consolidation de l'UE pourra passer par une réponse efficace aux nombreux défis que désignent les dirigeants d'entreprise. Si aucun défi ne se détache nettement, les plus cités sont tout de même les enjeux sur lesquels se sont focalisées les discussions internationales dans la période récente. Ainsi l'impact de la crise sanitaire sur le libre échange (33%), la transition écologique (27%) et la concurrence équitable avec les partenaires commerciaux internationaux (25%) ressortent en premier. Des enjeux de fond de l'organisation de l'activité en Europe sont aussi cités par les dirigeants : une plus grande intégration fiscale et sociale (23%) et la relocalisation des chaînes de valeur (18%).

Les dirigeants d'entreprises comptant 10 salariés ou plus citent davantage chacun des défis : de 7 à 19 points d'écart avec les dirigeants d'entreprises moins grandes.

L'impact de la crise sanitaire sur le libre échange est le premier défi cité par les dirigeants des secteurs des services (30%), de l'industrie (38%) et particulièrement de la construction (50%). En revanche, les dirigeants des entreprises du secteur du commerce citent d'abord le défi de la transition écologique (37%).


Concernant les entreprises plus directement, une majorité d'entre elles ont intégré l'UE comme une composante normale du cadre de leur activité. 49% des dirigeants déclarent ainsi que l'UE est désormais une réalité bien intégrée pour leur entreprise. Toutefois, d'autres dirigeants rendent compte d'une relation plus forte. Cela peut être positif, 21% des dirigeants indiquant que l'UE représente une opportunité d'ouvrir de nouveaux marchés. Cela peut aussi être négatif, 25% des dirigeants indiquant que l'UE est pour eux une source de contraintes à laquelle ils souhaitent échapper.

Dotés de davantage de moyens pour s'assurer du cadre réglementaire, les dirigeants d'entreprises comptant 10 salariés ou plus sont les moins nombreux à considérer l'UE comme une source de contraintes (17% contre 25% pour les dirigeants des entreprises plus petites). À l'inverse, ils sont les plus nombreux à décrire l'UE comme une opportunité d'ouvrir de nouveaux marchés (37% contre 20%).

Les dirigeants travaillant déjà avec d'autres pays européens se montrent les plus volontaires : 26% voient l'Union comme une opportunité d'ouvrir de nouveaux marchés, contre 17% des dirigeants qui ne travaillent pas avec d'autres pays membres.


A découvrir l'intégralité des résultats de la consultation

(1) Sondage Opinionway réalisé par téléphone auprès de 603 dirigeants d'entreprise entre le 6 et 12 avril 2021 dans le cadre de la consultation.
 

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