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Publié le 28/10/2020

Grande consultation des entrepreneurs : faire face à la deuxième vague

La deuxième vague de COVID-19 affecte le moral des chefs d'entreprise, mais le prêt garanti par l'Etat se présente comme une solution utile, notamment pour les entreprises du commerce, des transports, de l'hébergement et de la restauration, durement touchées par la crise.

Alors que l'indice de l'optimisme repartait prudemment à la hausse depuis juin dernier (73, 78 puis 84 en septembre), il chute de nouveau et s'établit à 71 points ce mois-ci. La progression fulgurante de la deuxième vague de Covid-19 n'est sans doute pas étrangère à ce phénomène et explique la hausse de l'inquiétude (+5 points), citée par 37% des répondants ainsi que celle de l'attentisme et de l'angoisse (respectivement +3 et +4 points) tandis que la confiance perd 9 points (30%).

Concrètement, les niveaux de confiance dans les différents échelons économiques sont tous en retrait : 58% des dirigeants sont confiants dans les perspectives de leur entreprise pour les douze prochains mois (-3 points), et seulement un sur quatre est serein concernant l'avenir de l'économie française (25%, -10 points) ou mondiale (26%, -10 points).


Par ailleurs, les entreprises peinent à constater une réelle embellie de leur niveau d'activité. Si 47% observent un niveau d'activité semblable à celui observé à la même époque l'an dernier (+2 points), 46% des dirigeants dressent un bilan plus sombre (+2 points). Le sentiment que c'était mieux hier domine (38%).

Ce constat d'un niveau d'activité moins bon est aussi bien partagé par les plus petites entreprises que par les plus grandes (respectivement 46% et 43%). Toutefois, les entreprises de 10 salariés et plus se veulent plus optimistes, misant sur des lendemains meilleurs (38%) quand les plus petites regrettent un âge d'or (39%).


Finalement, les dirigeants estiment le plus souvent que la reprise de l'activité de leur entreprise est en ligne avec celle de leur secteur (43%). Par ailleurs, davantage de dirigeants déclarent que leur entreprise est en avance sur son secteur (21%) qu'en retard (3%). Toutefois, de nombreux dirigeants d'entreprise n'arrivent pas à comparer la reprise de l'activité de leur entreprise et celle de leur secteur (33%).


Le PGE, une solution aux délais mal connus mais à l'enjeu relativement faible.

Parmi les entreprises qui ont contracté le PGE, 91% estiment être en mesure de le rembourser intégralement dans les délais impartis. Néanmoins, parmi ces dernières, 19% anticipent des difficultés à respecter les délais ; 7% appréhendent de ne pas du tout réussir à s'acquitter de leur dette avant l'échéance prévue par l'Etat.


Si certaines inquiétudes quant aux capacités de remboursement sont perceptibles, on observe que les délais semblent mal, voire très mal connus. Seuls 11% des dirigeants interrogés donnent la bonne réponse (une fois le prêt accordé, son remboursement peut s'effectuer au bout d'un an ou être lissé sur une période supplémentaire allant de 1 à 5 ans). Rares sont ceux qui surestiment le délai (7%), une majorité anticipant un temps plus court (28%). Surtout, plus de la moitié (54%) reconnaissent n'avoir aucune idée du nombre d'années qu'il leur sera accordé pour rembourser ce prêt.


Plus en détail, deux cas de figure émergent : le premier, c'est la méconnaissance complète des délais parmi les entreprises qui n'envisagent pas le PGE qui est très largement majoritaire (60% ne se prononcent pas sur la question). Le deuxième cas de figure le plus frappant, c'est un délai de remboursement sous-estimé parmi les entreprises ayant elles-mêmes contracté un PGE : 63% d'entre elles croient savoir qu'elles auront moins de 6 ans, (dont 42% répondant 5 ans).


Au final, parmi les entreprises qui pour le moment n'envisagent pas de contracter un PGE, seules 6% estiment qu'elles pourraient changer d'avis à cet égard si le délai de remboursement était allongé. Le délai supplémentaire souhaité par ces dernières ou encore par les entreprises qui anticipent des difficultés de remboursement serait de 3 ans et demi en moyenne, soit un total de près de 10 ans pour rembourser l'emprunt.


Les risques de cyber sécurité : une préoccupation mise de côté.

Dans ce contexte de crise sanitaire, les risques en matière de cyber sécurité apparaissent comme relégués au second plan. Aujourd'hui seul un dirigeant sur quatre se dit préoccupé par ce sujet (25%). Un taux d'inquiétude en baisse de 7 points par rapport à l'an dernier.

Avec désormais comme enjeu majeur la survie de leur activité, les priorités des entreprises ont changé. Et les chefs d'entreprise reconnaissent majoritairement, qu'au cours des douze derniers mois, ils n'ont pas déployé d'actions en matière de cyber sécurité. 77% sont dans ce cas, soit une hausse de 10 points en un an.

Pour autant, cette re-priorisation n'empêche pas les dirigeants de craindre de plus en plus les différents risques liés à la cyber sécurité qui leur semblent bien réels. 41% redoutent un virus qui infecte leurs ordinateurs (+10 points), 27% un vol de données présentes sur leurs serveurs (+4 points), 23% une usurpation d'identité (stable) ou encore 10% du phishing ou une atteinte à la e-réputation de leur entreprise (respectivement +4 et + points).


Si les plus petites entreprises ressentent moins ces peurs, elles les partagent néanmoins (54% au moins un risque craint). Toutefois, ce sont bien les grandes entreprises qui sont les premières concernées : 77% craignent au moins un risque et 66% ont pris le temps de déployer des actions de cyber sécurité (contre 20% des plus petites) et 50% se disent préoccupées.


A découvrir l'intégralité des résultats de la vague de octobre 2020 de la Grande Consultation des Entrepreneurs

(1) Sondage Opinionway réalisé par téléphone auprès de 602 dirigeants d'entreprise entre le 12 et 21 octobre 2020 dans le cadre de la Grande Consultation des entrepreneurs.
 

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