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Publié le 21/12/2020

Grande consultation des entrepreneurs : entre fébrilité actuelle et confiance dans l'avenir

Logiquement inquiets et même fébriles face aux incertitudes quant à la sortie de la crise sanitaire, les chefs d'entreprise restent cependant confiants dans l'avenir de leur structure.

Alors que le gouvernement a maintenu de nombreuses mesures restrictives pour lutter contre l'épidémie de Covid-19 à l'approche des fêtes, l'état d'esprit des dirigeants d'entreprise s'enlise dans un pessimisme profond. L'indicateur de l'optimisme affiche une baisse de 17 points par rapport à octobre pour s'établir à 54, son deuxième plus faible niveau historique. Le secteur de l'hôtellerie et de la restauration étant encore largement paralysé, les entreprises comptant moins de 10 salariés sont les plus touchées : l'indicateur pour leurs dirigeants est en baisse de 19 points, à 51. Pour autant, malgré une hausse par rapport à octobre (+5 points), le moral des dirigeants d'entreprises de 10 salariés et plus reste mauvais, l'indicateur atteignant ce mois-ci 66 points.

Dans le détail, l'état d'esprit des dirigeants apparait mitigé, voire empreint d'une certaine fébrilité. Malgré les incertitudes actuelles, 41% d'entre eux se disent optimistes (+11 points), soit le score le plus important depuis juin 2019. Toutefois, seulement 23% d'entre eux se disent confiants (-7 points), soit le niveau le plus bas depuis mars 2017. Dans le même temps, 34% des dirigeants d'entreprise se disent inquiets (-3 points).


Un constat similaire ressort de la perception des dirigeants sur leur situation actuelle. Seulement 15% d'entre eux considèrent que c'est très bien en ce moment (-17 points depuis octobre). Toutefois, la dégradation de cette indicateur se traduit surtout par une forme de report des attentes dans le futur : 45% des dirigeants d'entreprise jugent que ce sera mieux demain (+15 points). La part des dirigeants qui déclarent que c'était mieux hier demeure haute (40%), mais reste relativement stable (+2 points).

Les entreprises du secteur de la construction apparaissent les plus sereines : 34% de leurs dirigeants estiment que c'est très bien en ce moment.


La confiance affichée pour les douze prochains mois affiche toujours des niveaux historiquement bas. Seulement 20% des dirigeants d'entreprise sont confiants pour les perspectives de l'économie mondiale pour l'an prochain (-6 points), et seulement 17% pour celles de l'économie française (-8 points). Plus de la moitié voient toutefois leur entreprise surnager dans ce marasme : 55% des dirigeants restent confiants dans les perspectives de leur entreprise (-3 points).


Pour faire face à la crise et peut être préparer la reprise économique, une partie notable des entreprises comptant 10 salariés ou plus active le levier des ressources humaines. Si 5% de leurs dirigeants déclarent avoir l'intention de réduire leur effectif (+2 points), 24% prévoient au contraire de l'augmenter (+3 points). La situation pour les plus petites entreprises est plus calme, 92% ayant l'intention de maintenir leur effectif tel quel (-3 points).


Le niveau d'activité a été largement perturbé par le reconfinement

En cette période de Noël perturbée par un confinement qui se finit à peine, l'impact de la crise sanitaire apparait encore plus fort qu'en octobre. Alors que les tendances entre septembre et octobre s'étaient montrées stables, 58% des dirigeants d'entreprise déclarent ce mois-ci que leur niveau d'activité est plus faible que l'année dernière à la même époque (+12 points). 33% déclarent de leur côté avoir réussi à maintenir leur niveau d'activité (-14 points), et seulement 9% ont vu leur entreprise augmenter son activité (+2 points).

Les commerces apparaissent comme les premières victimes de cette période de fêtes perturbées : 69% des dirigeants d'entreprises du secteur témoignent d'un niveau d'activité inférieur à l'année dernière à la même époque. Cela représente une augmentation de +21 points entre octobre et aujourd'hui. Comme craint par les commerçants, la prolongation de la crise sanitaire jusqu'à la période des fêtes, cruciale pour eux, a des conséquences très fortes.


Malgré leurs difficultés, la plus grande partie des dirigeants d'entreprise n'ont jamais envisagé d'abandonner, de céder ou de cesser leur activité (77%). Toutefois 23% ont pu avoir cette idée. 10% envisagent encore de cesser leur activité, mais seulement 4% ont entamé des démarches en ce sens.

Les dirigeants des petites entreprises sont davantage concernés par la tentation de céder ou cesser leur activité : 24% ont eu cet idée à un moment depuis le début de la crise, contre seulement 7% des dirigeants d'entreprises plus grandes.

Ce souhait s'est également davantage diffusé chez les dirigeants du secteur de l'industrie : 33% ont pensé à céder ou cesser leur activité, contre 24% dans le secteur du commerce, 22% dans celui des services et 19% dans le secteur de la construction.

La situation des entreprises industrielles est intéressante car pouvant sembler paradoxale : elles sont plus nombreuses que dans le commerce ou les services à avoir songé cesser leur activité. Mais à l'inverse, ce secteur compte aussi une part plus importante d'entreprises ayant un niveau d'activité identique ou supérieur à celui enregistré l'an dernier. Cela reflète ainsi des situations très hétérogènes dans l'industrie avec, d'un côté, des premiers de la classe qui surperforment et, de l'autre, des entreprises en réelles difficultés qui pour certaines connaissaient déjà une situation difficile l'an dernier, situation qui ne s'est pas améliorée avec la crise.


Si la crise économique liée à la pandémie de Covid-19 met de nombreuses entreprises en difficultés financières, une majorité ne prévoit pas de fonctionner différemment. 25% des dirigeants estiment que leurs méthodes de commercialisation vont être durablement transformées au moins un peu (5% beaucoup), 20% concernant leurs critères de fléchage des investissements (7% beaucoup), 18% pour le rôle de l'entreprise sur son territoire (4% beaucoup) et 15% pour leurs critères de sélection des fournisseurs (3% beaucoup).

Présentant une organisation souvent plus complexes, les entreprises comptant 10 salariés ou plus font davantage état de transformations durables du fait de la crise (de 13 à 21 points de plus que pour les plus petites entreprises).


Les entreprises adaptent leur stratégies pour faire face à la crise

Concernant la commercialisation de leurs produits et de leur services, la priorité des entreprises est de trouver de nouveaux marchés : 46% des dirigeants qui font part de transformations durables en la matière déclarent qu'ils développent cet aspect. Suivent des efforts dans le numérique : 41% de ces entreprises développent leurs investissements dans des canaux d'acquisitions digitaux et 28% dans les plateformes numériques. Toutefois, les budgets liés aux activités commerciales affichent une situation plus contrastée : si 29% des dirigeants déclarent que leur entreprise le développe, 24% indiquent au contraire qu'elle le réduit.


L'arbitrage du fléchage des investissements subit des transformations moins marquées parmi les entreprises concernées. Le numérique apparait de nouveau comme un point stratégique, 34% des dirigeants indiquant que leur entreprise développe les projets digitaux. Si 27% des entreprises développent également l'importance des critères RSE dans leurs arbitrages, seulement 16% donnent une plus grande place à la stratégie immobilière et 13% à l'attraction et à la fidélisation des talents.


Peut-être concentrées sur leur survie, les entreprises ne sont qu'une minorité à déclarer une transformation de leur rôle sur leur territoire. 14% des dirigeants qui entrevoient en la matière des transformations durables déclarent que leur entreprise en fait plus pour permettre à leurs collaborateurs de résider plus loin du site de leur entreprise, en développant le télétravail par exemple. 12% déclarent pour leur part développer leur collaboration avec les écoles et les organismes de formation de leur territoire, et 9% inciter davantage leurs collaborateurs à préférer les transports par la mobilité douce.


Pour les entreprises concernées, les transformations portant sur les critères de choix des fournisseurs sont plus marquées. Alors que la crise a paralysé pendant un temps le commerce international, 58% des dirigeants déclarent que leur entreprise accorde plus d'importance à la provenance de leur fournisseur. Une majorité des entreprises accorde également plus d'importance à la robustesse économique de leurs fournisseurs (56%). Si elles sont minoritaires parmi les entreprises concernées par les transformations des critères de choix des fournisseurs, une part notable des entreprises négocient davantage les prix proposés par leurs fournisseurs selon leurs dirigeants (45%), de même qu'elles accordent davantage d'importance aux critères RSE de ceux-ci (40%).


A découvrir l'intégralité des résultats de la vague de décembre 2020 de la Grande Consultation des Entrepreneurs

(1) Sondage Opinionway réalisé par téléphone auprès de 607 dirigeants d'entreprise entre le 4 et 11 décembre 2020 dans le cadre de la Grande Consultation des entrepreneurs.
 

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