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Publié le 14/06/2019

Stéphane André : « travailler beaucoup et se cultiver un maximum »

À l'occasion du festival international du film d'animation d'Annecy, CCI France vous fait découvrir les écoles du réseau des CCI spécialisées dans les métiers du cinéma d'animation à travers une série d'articles et de témoignages. Direction Valenciennes dans les Hauts de France pour découvrir Rubika présentée Stéphane André, son Directeur Général, et Simon Boucly, diplômé de Supinfocom, l'école du film d'animation du groupe Rubika.

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Quand et comment a été créée Rubika ?

« Nous venons de fêter l'an passé les 30 ans de l'école qui est née de l'intuition de deux précurseurs : Marie- Anne Fontenier et Philippe Delvigne, respectivement professeur et consultant, en animation pour la première et en design pour le second.
La CCI de Valenciennes a tout de suite dit banco et décidé de bâtir une offre de formation ambitieuse et innovante pour préparer à des métiers de l'animation qui n'existaient à l'époque. Les deux fondateurs pensaient d'ailleurs à une formation pour moderniser la communication. C'est la raison pour laquelle l'école d'animation s'appelle Supinfocom. L'Institut Supérieur de Design (ISD) a été créé en même temps. Trois ans plus tard, a été ouverte l'école de jeux vidéo, Supinfogame. En 2013, les trois écoles ont été regroupées sous le nom Rubika. Deux ans après, le groupe s'installait, ici, dans la serre numérique. »

Quelle relation l'école entretient-elle avec son territoire ?

« Le territoire fait sens pour nous, tant au niveau des entreprises installées dans la région que pour les jeunes du Valenciennois. Des studios d'animation sont présents dans la région. Le Conseil régional a d'ailleurs mis en place, Pictanovo, un dispositif de financement pour soutenir l'innovation et la création dans le cinéma et l'audiovisuel. Et pour attirer les jeunes du territoire qui n'est pas le plus riche de France vers ces métiers d'avenir nous avons mis en place un système de bourses alimenté par de grandes entreprises de la région. Cet ancrage territorial de l'école se vérifie aussi pour notre activité design. Par exemple, nous avons formé un tiers des designers de Décathlon, enseigne dont le siège est installé à Villeneuve d'Ascq. »

Qu'est-ce qui caractérise la pédagogie de votre école ?

« La signature de Rubika c'est l'école des talents de la création numérique. Nous formons donc des créatifs passionnés. Et je suis convaincu que cette créativité ne peut se développer que sur un bon terreau de culture générale. Nous incitons donc nos étudiants à se cultiver sans cesse. Pour ne donner qu'un exemple de ce lien entre la créativité et la culture générale, je pense à ce tableau de Jérôme Bosch montrant un saint attaqué par des forces maléfiques. Vous retrouverez la même scénographie dans l'une des scènes de Star Wars de George Lucas. C'est bien la démonstration que vous ne pouvez pas avoir d'idée nouvelle sans culture générale ! Ou alors vous suivez le courant qui emmène tout le monde et cela n'a pas d'intérêt… Nous insistons également sur l'importance du travail collaboratif.

« je suis convaincu que cette créativité ne peut se développer que sur un bon terreau de culture générale »

Nos étudiants doivent apprendre à faire la différence entre leur idée et leur personne, ce qui leur permet d'admettre et de s'enrichir du regard critique des autres pour améliorer la qualité de la production. Ces projets collectifs se conduisent sous différentes formes. Les membres du groupes peuvent être tirés au sort, désignés par les professeurs ou par les étudiants eux-mêmes. Ça permet ainsi de faire travailler les étudiants avec une personne qu'ils n'ont pas choisie, avec quelqu'un qu'ils n'apprécient pas forcément et avec des étudiants avec lesquels ils s'entendent bien mais qu'ils devront challenger pour être créatifs. Autrement dit, on les prépare au monde de l'entreprise (sourire). Ces projets collectifs permettent aussi de préparer nos futurs diplômés aux responsabilités qu'ils devront assumer en entreprise en prenant notamment la tête d'une équipe. A la différence de ce que l'on peut voir dans une école de commerce, trouver des leaders n'est pas évidente, ils préfèrent faire ce qu'ils aiment, à savoir leur futur métier »

Justement existe-t-il des parcours professionnels « types » pour vos diplômés ?

« Je ne crois pas pour nos étudiants à la notion de parcours professionnels dans nos activités. Contrairement aux écoles de commerce, nous ne préparons donc pas nos étudiants à des parcours types. Cependant, nous constatons que nos diplômés se retrouvent dans trois grandes catégories en entreprise : ceux qui ont du leadership et s'orientent vers le management d'équipe en s'éloignant un peu de leur métier, ceux qui veulent être reconnus comme des experts et ceux qui vont faire tout autre chose en appliquant dans un autre secteur les techniques acquises dans notre école. »

Quels sont vos projets pour Rubika ?

« Mon projet pour l'école : se dire chaque jour que l'on va faire mieux que la veille. Ce n'est pas un projet qui fait rêver mais un projet qui fait avancer. A court et moyen terme, il y a aura l'ouverture de notre école au Kenya qui représente un vrai challenge car nous devrons faire un cursus 5 fois moins long et dix fois moins cher pour les étudiants. Plusieurs autres actions sont envisagées : développer les bourses à l'image de celles que nous avons mises en place pour notre récente formation sur un an à l'animation en 2D, proposer des formations continues pour donner une autre image de l'école aux professionnels, travailler plus étroitement avec les startups de notre incubateur dans la serre numérique sous la forme de stages pour nos étudiants. Sans oublier d'œuvrer à la reconnaissance et à la visibilité de nos diplômes à l'international en obtenant le visa de l'Etat et donc le statut de diplôme visé. C'est une étape essentielle, un enjeu très important pour le développement de notre école et l'insertion professionnelle de nos étudiants. »

Un conseil pour les jeunes qui seraient tentés par votre école ?

« Cela tient en deux verbes : travailler beaucoup et se cultiver un maximum. »