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Crépin Petit : allier tradition et développement durable

Crépin Petit est une entreprise centenaire, implantée dans la Somme, qui fabrique des boutons à coudre. Lors de sa reprise par Dominique Ossart, la PME a cherché à réduire son impact environnemental à travers des actions simples pour faire des économies, éviter le gaspillage et améliorer les conditions de travail de ses salariés. Une démarche de bon sens qui a pris toute son ampleur grâce à l’aide de la CCI.

Elle est l’une des dernières fabriques de boutons implantées sur le territoire français. C’est en Picardie, une région historiquement réputée pour son savoir-faire en matière de boutonnerie, que l’entreprise Crépin Petit possède ses ateliers depuis 1873. Elle y fabrique près de 40 millions de boutons chaque année, pour le compte de nombreuses marques françaises, telles que Lacoste, Saint James, Armox Lux, Atelier Brunette ou encore Bleu Tango.

À l’origine possédée par les familles Crépin et Petit, l’entreprise, située sur la commune de Bernaville, a été rachetée par Dominique Ossart en 2009. Son fils, Emilien, rejoint l’aventure neuf ans plus tard, après l'obtention d'un diplôme d’ingénieur en développement durable et six années d’expérience. « Lors de la reprise de Crépin Petit, il y a eu une volonté de bon sens de réduire le gaspillage et de s’adapter aux évolutions réglementaires, explique Emilien Ossart. Lorsque je suis arrivé, j’ai voulu pousser la démarche un peu plus loin. »

 

Le réemploi comme premier pas

Le jeune ingénieur commence par s’intéresser à une problématique, celle de la gestion des invendus. « Nous sortons des nouvelles collections deux fois par an, afin de suivre les tendances, et il y a toujours des boutons qui ne sont pas utilisés, indique-t-il. Ils étaient soit vendus au poids à un soldeur, soit jetés. Donc nous avons eu l’idée de créer un site marchand, Ma Fabrique de boutons, pour les proposer aux particuliers et adresser un nouveau marché. » Lancé fin 2017, le site internet enregistre aujourd’hui entre 150 et 200 commandes par mois et a écoulé 100 000 boutons en une année.

Les conseillers connaissent nos priorités. (...) Ils nous ouvrent des perspectives et nous donnent accès à des ressources que l’on perdrait beaucoup de temps à trouver nous-mêmes.

Face à ce premier défi relevé, Emilien Ossart décide de solliciter l’aide des Chambres de commerce et d’industrie, pour envisager d’autres projets. Tanguy Ledoux, conseiller à la CCI Hauts-de-France l’oriente vers le programme REV3 et lui propose un diagnostic Industrie du Futur, financé par la région Hauts de France, avec un objectif : accompagner le dirigeant pour ne plus considérer l’environnement comme une charge mais comme un facteur de différenciation.

« Crépin Petit avait fait de très bonnes choses à son échelle et notre objectif a été de pousser le curseur un peu plus loin, confirme le conseiller CCI. Nous avons tout mis à plat pour voir où en était l’entreprise, ce que l’on pouvait faire de plus ou de mieux en matière de consommation énergétique ou encore de gestion de l’eau et des déchets. » Grâce à plusieurs visites du site et à un diagnostic à 360°, Tanguy Ledoux réalise un rapport avec un plan d’action détaillé et des « quick win » permettant à la PME d’agir facilement et rapidement avec des investissements limités. « J’ai apprécié le côté pragmatique et agitateur d’idées de la CCI, précise Emilien Ossart. Les conseillers connaissent nos priorités, savent calculer le temps que va nécessiter chaque action et estimer le retour sur investissement. Ils nous ouvrent des perspectives et nous donnent accès à des ressources que l’on perdrait beaucoup de temps à trouver nous-mêmes. »

 

crepin petit

Une démarche installée sur le long terme

Grâce à l’accompagnement de la CCI, la PME optimise notamment le chauffage de son atelier dédié au dépôt d’émail sur les boutons. « Ce bâtiment était vraiment une cathédrale à chauffer, reconnait Emilien Ossart. Comme il est situé à côté du local compresseur, la CCI nous a proposé de mettre en place un conduit de chauffage pour réutiliser la chaleur produite. Ce que nous avons fait, et aujourd’hui nous n’avons quasiment plus besoin de chauffer l’atelier ! » L’entreprise a également été convaincue par l’avantage des LED. « Au départ, la direction était un peu réticente car cela coûte cher à l’achat, mais grâce à l’étude de la CCI elle a réalisé que le retour sur investissement était assez rapide. Du coup, à chaque fois que nous devons changer un luminaire, nous optons désormais pour de la LED », assure l’ingénieur de Crépin Petit SN.

Cette collaboration entre la PME et le réseau des CCI – puisqu’elle a également été accompagnée par la CCI Amiens Picardie sur d’autres volets – a permis à Crépin Petit SN d’envisager d’autres projets de s’inscrire dans une démarche d’optimisation environnementale sur le long terme. La réutilisation des déchets de polyester (issus de la découpe des boutons) par une autre entreprise locale, ou encore la réduction de la consommation d’eau dans le cadre de la teinte des boutons, sont par exemple à l’étude. « Le rôle de la CCI est de répondre aux problématiques du moment de l’entreprise et de lui donner d’autres perspectives, précise Tanguy Ledoux. Nous lui offrons une aide à la décision afin qu’il puisse ensuite avancer seul et continuer à soutenir le développement de l’entreprise dans des conditions optimales », complète Tanguy Ledoux.

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Crépin Petit SN, en 2021 c’est…

  • 33 salariés
  • 2 collections de 500 articles par an
  • Environ 40 millions de boutons produits chaque année
  • Environ 2,5 millions d'euros de chiffre d'affaires
  • Des labels : EPV, OEKO-TEX, et Origine France Garantie
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Mis à jour le 8 novembre 2021