1er accélérateur des entreprises

Élodie Esther : « La recherche des économies entraîne l’action écologique »

Engagée depuis une décennie dans la promotion d’un tourisme plus durable sur son territoire, la CCI des îles de Guadeloupe participe au déploiement du Fonds tourisme durable. Élodie Esther, conseillère d’entreprise Tourisme Durable à la CCI, fait le point sur les motivations et les actions des chefs d’entreprise guadeloupéens dans le cadre de ce dispositif porté par l’ADEME.

Quel bilan faîtes-vous de l’usage du Fonds tourisme durable dans les îles de la Guadeloupe ?

Au mois d’avril 2022, nous avons réalisé 45 diagnostics sur les 50 envisagés au départ. Ils concernent 28 meublés de tourisme correspondant à des gîtes, des villas ou des appartements meublés, 5 hôtels et 12 restaurants. Dans tous les cas de figure, il s’agit de petites structures, essentiellement familiales. L’explication du nombre relativement modeste de restaurants diagnostiqués tient à la situation sanitaire qui a été particulièrement tendue dans les Antilles en 2021.

elodie esther

Les professionnels de la restauration ont dû composer avec les confinements et les couvre-feux, sans compter la mise en place du passe sanitaire peu répandu dans le territoire à l’époque. Cette situation a, dès le mois de juillet, fortement réduit le chiffre d’affaires et affaibli la trésorerie de ces établissements.

En ce qui concerne les demandes de financement, nous enregistrons 18 dossiers à ce jour. Nous espérons même déposer sept dossiers de subvention supplémentaires d’ici la fin de l’année. Enfin, le montant moyen des aides sollicitées par dossier de subvention est de 9 126 euros.

Quelles sont les motivations des entreprises guadeloupéennes ayant eu recours au FTD ?

J’ai retrouvé parmi les structures sollicitant le dispositif des entreprises que nous avons accompagnées dans leur démarche de labélisation. Il faut préciser que la CCI soutient le déploiement de l’ Écolabel européen depuis 2012 et, que pour ma part, je suis auditrice du label « Clef verte ».

« Le fonds a donc joué un rôle d’accélérateur de leur engagement en faveur de l’environnement leur permettant de rester en phase avec les attentes de la clientèle »

Les professionnels labellisés ont ainsi voulu poursuivre leurs efforts environnementaux grâce au Fonds tourisme durable. Pour cette catégorie d’entreprises, le fonds a donc joué un rôle d’accélérateur de leur engagement en faveur de l’environnement leur permettant de rester en phase avec les attentes de la clientèle. Il y a donc une cohérence de leur démarche. Et pour la CCI également qui œuvre depuis une décennie au développement d’un tourisme plus durable, tout à la fois plus vertueux et plus rentable. L’intérêt des entreprises pour cette question est bien réel et explique leur implication dans la démarche. On pourrait dire que les graines plantées il y a quelques années, ont germé et portent maintenant leurs fruits …

Pour les entreprises qui n’étaient pas aussi engagées et dont la trésorerie a été mise à mal par les conséquences économiques de la crise sanitaire, la perspective de pouvoir faire des économies d’eau et/ou d’énergie a été décisive. Autrement dit, la recherche des économies entraîne l’action écologique.

Quelles sont les actions les plus fréquemment retenues dans les dossiers de financement ?

Les demandes de subvention portent prioritairement sur la gestion de l’eau qui est une denrée très précieuse ici, et celle de l’énergie, sans oublier les actions de communication à l’attention de la clientèle pour valoriser l’engagement de l’établissement.

« L’ADEME a su faire évoluer le dispositif pour prendre en compte les spécificités climatiques de l’Outre-mer »

Dans notre territoire, les structures touristiques ont assez souvent installé des citernes et des récupérateurs d’eau de pluie raccordés aux machines de lavage et aux sanitaires. La gestion des dépenses énergétiques est pour l’heure moins organisée. Les professionnels peuvent vouloir suivre l’évolution de leur facture mais ils n’ont pas nécessairement des indicateurs de suivi de leur consommation. Ces outils de mesure pourraient pourtant leur être utiles compte tenu de la vétusté de certains de leurs équipements à l'image des lave-linges, sèche-linges ou des meubles froids devenus très énergivores. Ils investissent d’ailleurs avec le même objectif de réaliser des économies, dans des équipements plus performants comme par exemple des ampoules basse-consommation.

pointe a pitre

Les dossiers de financement comprennent aussi des projets d’installation de terrasses végétalisées avec des plantes endémiques. Ces espaces permettent, au regard du climat que nous connaissons aux Antilles, d’apporter du confort à la clientèle en créant des lieux de vie esthétiquement agréables et ce, à moindre coût. La pose de panneaux photovoltaïques est aussi une solution fréquente.

À cet égard, je tiens à remercier l’ADEME qui a su faire évoluer le dispositif pour prendre en compte les spécificités climatiques de l’Outre-mer. Le Fonds a ainsi intégré dans la liste des actions éligibles, l’installation d’équipements très demandés par les professionnels ultra-marins tels que les brasseurs d’air et les chauffe-eaux solaires. Enfin, pour ce qui concerne particulièrement les restaurateurs, il est à souligner que ces derniers s’efforcent de réduire le gaspillage alimentaire en optimisant notamment l’usage des produits locaux et de saison afin de pouvoir les utiliser toute l’année, comme ils développent aussi et de plus en plus, des composts pour la culture de leur propre jardin potager.


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Mis à jour le 9 mai 2022