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Sophie Portier : Le Fonds Tourisme Durable permet aux entreprises d’aller plus loin et plus vite dans la réalisation de leurs projets

Responsable Fonds Tourisme Durable à l’ADEME, l’Agence de la transition écologique, Sophie Portier dresse le bilan du Fonds du Tourisme Durable, un an après son lancement. Les premiers résultats du dispositif sont prometteurs.

Le Fonds Tourisme Durable de France Relance a été lancé au printemps 2021. Près d’un an après le lancement du fonds, quel bilan chiffré pouvez-vous dresser de ce dispositif ?

Mis en ligne sur le site de l’ADEME en mars 2021, le dispositif a vu son utilisation progresser très rapidement après la saison estivale. Un an après son lancement, nous enregistrons déjà 2000 diagnostics réalisés par les partenaires de l’ADEME et plus de 950 dossiers de demande de subvention. Le montant moyen des dossiers est de 18 000 euros, un niveau en cohérence avec la taille des TPE-PME ciblées par le dispositif. Le niveau de subvention risque d’évoluer à la hausse en raison de l’intégration, en mars 2022, d’actions de rénovation énergétique dans la liste des dépenses éligibles. Le taux d’aide est significatif car la subvention couvre en moyenne, à ce stade du déploiement des actions retenues, la moitié du coût des projets.

Autre indicateur source de satisfaction : le taux de transformation qui mesure le nombre de dossiers de financement rapporté au nombre de diagnostics réalisés. En croissance continue, il atteint près de 50%. Les témoignages des bénéficiaires qui sont à la tête de petites structures et ayant peu de temps et de moyens, sont clairs. C’est bien l’action des partenaires qui les ont accompagnés qui explique ce taux de transformation élevé. Parmi ces partenaires, on compte 30 CCI dont 10 CCI régionales.

Des résultats très encourageants !

Quelle est la typologie des entreprises bénéficiaires du FTD ?

Il faut rappeler que le fonds est destiné aux TPE et PME du tourisme, qu’ils soient restaurateurs, traiteurs ou hébergeurs, installés en zones rurales, dans ce que l’on dénomme les « petites villes de demain » ou plus largement, dans des communes peu denses ou très peu denses de moins de 20 000 habitants.

Les entreprises font ainsi coup double : elles agissent pour l’environnement et améliorent leur trésorerie.

Certaines de ces entreprises étaient déjà engagées dans des démarches environnementales. Le dispositif permet aux entreprises d’aller plus loin et plus vite dans la réalisation de leurs projets. D’autres ont vu dans ce fonds une opportunité économique. Ces entreprises entendent réaliser des économies en baissant leurs consommations d’eau, d’énergie ou de matières et en évitant les gaspillages. Les entreprises font ainsi coup double : elles agissent pour l’environnement et améliorent leur trésorerie. Une dernière catégorie de bénéficiaires concerne des porteurs de projet, en création ou en reprise, particulièrement sensibilisés à la question de l’environnement. La dimension environnementale du FTD a nourri leur projet. J’ai à l’esprit les cas d’un gîte dans les Cévennes, l’hôtel de la marine sur l’île de Groix et d’un camping dans les Landes qui ont pu, à la faveur du diagnostic, identifier des solutions concrètes et, grâce au financement, accélérer la mise en œuvre de leurs actions.

portrait Sophie Portier

Les diagnostics ont-ils été réalisés en plus grand nombre dans certains types d’établissement ou dans certaines régions ?

On constate effectivement que les diagnostics ont été réalisés plus fréquemment dans six régions particulièrement touristiques : la Nouvelle Aquitaine, l’Occitanie, Auvergne Rhône-Alpes, la Corse, les Pays-de-la-Loire et Provence-Alpes-Côte d’Azur, dans l’ordre. Si l’on regarde le taux de transformation, le classement évolue un peu avec « l’entrée » de la Bretagne dans le top cinq : la Nouvelle Aquitaine, l’Occitanie, Auvergne Rhône-Alpes, la Bretagne et la Corse.

Au niveau des établissements, les bénéficiaires du FTD sont majoritairement des hôtels, devant des hébergeurs typiques du tourisme rural, les gîtes et les campings. Les hébergeurs se situent dans les catégories allant d’une à trois étoiles du classement hôtelier. Et 70 % des établissements emploient moins de 20 salariés.

Quelles sont les actions principales financées par le FTD ?

Deux grands types d’actions se dégagent : les économies d’énergie (système d’éclairage, bâches de nuit pour piscine, chauffage…) et les économies d’eau, aussi bien dans les chambres des hôtels que dans les cuisines de restaurant. Et les solutions dans ces domaines peuvent être très simples, peu coûteuses et cruciales dans la période actuelle de hausse des coûts de l’énergie. C’est notamment le cas de la mise en place d’indicateurs de suivi de consommation qui ne nécessitent aucun investissement mais peuvent révéler des surconsommations (mauvais réglage des appareils) ou permettre le suivi d’actions de sobriété (baisse de la température).

Le critère de la rénovation énergétique des bâtiments était très attendu par les professionnels

D’ailleurs, nombre d’actions retenues à l’issue des diagnostics ne requièrent pas de financement et elles portent sur des changements de comportement sous la forme, par exemple, de l’achat de produits d’entretien respectueux de l’environnement ou de la lutte contre le gaspillage alimentaire. Même si une part croissante de la clientèle touristique est sensible aux actions en faveur du développement durable, on constate que les professionnels ne communiquent pas encore suffisamment sur leurs engagements et leurs actions. Nous pouvons d’ailleurs accompagner les initiatives des entreprises en matière de formation de leur personnel aux éco-gestes ou de l’information des clients lors de leur séjour.

Le Fonds Tourisme Durable va-t-il évoluer en 2022 ?

Le fonds va, tout d’abord, bénéficier d’une prolongation dans le cadre de Destination France jusqu’en 2024 avec une enveloppe de 70 millions d’euros s’échelonnant de 2022 à 2024. Au printemps 2022, la rénovation énergétique des bâtiments et la chaleur renouvelable sont intégrés dans le dispositif avec un double objectif de sobriété et d’efficacité. Il s’agit, notamment, de l’isolation des bâtiments et des solutions de géothermie, de biomasse ou de solaire thermique. Ces actions sont très attendues par les professionnels entre autres en raison de la charge représentée par l’eau chaude sanitaire pour les hébergements.

Pour la nouvelle programmation nous allons aussi intégrer des critères permettant de garantir la continuité territoriale des financements afin de n’exclure aucune zone rurale. Environ 33 500 communes seront ainsi éligibles au dispositif à partir de juillet 2022.


En savoir plus sur le site de l'ADEME

Des bénéficiaires témoignent !



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Mis à jour le 9 mai 2022