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Grande consultation des entrepreneurs : le moral des entrepreneurs plombé par les crises à répétition
Persistance du Covid, perpétuation de la guerre en Ukraine, renchérissement de l’énergie, hausse de l’inflation, problèmes de recrutement et mouvements sociaux dans les raffineries, la multiplication des crises affecte logiquement le moral des dirigeants. Leur niveau d’optimisme et de confiance dans l’avenir sont au niveau de la sortie du second confinement.
Après un mois marqué par les pénuries de carburant causées par les mouvements sociaux dans les raffineries, l’état d’esprit des chefs d’entreprise s’enlise. L’indicateur de l’optimisme atteint son niveau le plus bas depuis décembre 2020, au sortir du second confinement : 64 points aujourd’hui contre 54 à l’époque. Les incertitudes actuelles ont fini de balayer les améliorations du premier semestre. Après avoir gagné 14 points entre mars et juillet, l’indicateur de l’optimisme a perdu 16 points depuis l’été.
- La chute de l’indicateur est surtout visible chez les chefs d’entreprises comptant au moins 10 salariés (55 points, -9 depuis septembre). L’optimisme des dirigeants d’entreprises moins grandes enregistre une baisse plus discrète et est maintenant sensiblement plus élevé (64 points, -3).
De nombreux dirigeants d’entreprise apparaissent touchés par la dureté de cet automne 2022 sur le front économique. Aujourd’hui, la moitié d’entre eux considère que c’était mieux hier (49%), soit +11 points par rapport à septembre, et moins d’un tiers juge désormais que c’est très bien en ce moment (29%, -10 points). Ces perturbations ne se traduisent pas par davantage d’espoir pour l’avenir : 20% estiment que ce sera mieux demain, soit autant qu’en septembre (-1 point).
La confiance dans les perspectives économiques se dégrade moins, mais demeure à un niveau historiquement bas. 59% des dirigeants ont confiance pour les perspectives de leur entreprise pour les 12 mois à venir (-2 points), un étiage plus observé depuis décembre 2020 (55% à cette date). Sur le plan macroéconomique, seul un cinquième des chefs d’entreprise interrogés continue de se dire confiant pour les perspectives de l’économie française (19%, -1 point). Après une chute le mois dernier, la confiance dans les perspectives de l’économie mondiale se restaure légèrement (19%, +5 points).
Les intentions d’embauches en berne sont un autre reflet de la complexité de la situation économique. 7% des dirigeants déclarent que leur entreprise a l’intention d’augmenter le nombre de ses salariés au cours des 12 prochains mois (-1 point). La dégradation depuis juin est marquée (-5 points) et place cet indicateur à son niveau le plus bas depuis mars 2021 (7% également). Une part infinitésimale de dirigeants envisage une baisse de ses effectifs dans les 12 prochains mois (2%, +1 point), malgré la difficulté de la période et les craintes de récession en 2023. Cela est significatif compte tenu des niveaux observés sur cet indicateur avant 2017 : cet indicateur n’était jamais descendu en dessous des 4%, une part plus jamais observée depuis.
Alors que près d’un quart des chefs d’entreprise cherche à embaucher (22%), ces intentions se heurtent le plus souvent à des difficultés dans le processus de recrutement (16%). Pour la moitié des dirigeants en phase de recrutement, les obstacles apparaissent même rédhibitoires et les empêchent de recruter (8%). Les autres ont parfois décidé de modifier leurs critères de recrutement (4%) ou ont finalement vu leurs efforts payer et réussi à recruter (4%).
- Les entreprises employant dix salariés ou plus sont davantage exposées aux problèmes de recrutement, dans la mesure où 82% d’entre elles cherchent à recruter. En conséquence, une majorité des dirigeants de ces entreprises fait état de difficultés de recrutement (71%), dont 21% n’arrivant pas à recruter.
- De tous les secteurs économiques, celui de l’industrie est le plus touché par les difficultés de recrutement. Près de la moitié des dirigeants d’entreprise disent chercher à embaucher (45%) et un tiers rencontrer des difficultés (36%). La situation apparaît également difficile dans le secteur de la construction, où quasiment tous les dirigeants en processus de recrutement (25% des entreprises du secteur) témoignent de difficultés (23% vs 2% ne rencontrant aucun obstacle).
Les difficultés de recrutement sont d’autant plus problématiques qu’elles ont des conséquences négatives sur l’activité économique de 82% des entreprises touchées par ce problème selon leurs dirigeants. Dans le détail, les perturbations touchent le plus souvent la logistique (34%), et peuvent parfois amener à perdre ou devoir refuser des clients (19%), voire à interrompre ponctuellement l’activité (11%). Logiquement, les difficultés de recrutement causent parfois une désorganisation de la gestion RH (19%) ou une surcharge de travail (11%).
- Dans les grandes entreprises, les conséquences des problèmes de recrutement concernent plus souvent la logistique (55% contre 28% dans les entreprises plus petites) et la gestion RH (30% contre 16%). Pour les petites entreprises de moins de 10 salariés, elles impliquent dans un quart des cas de perdre ou devoir refuser des clients (23% contre 4% dans les entreprises plus grandes).
L’option d’une revalorisation salariale des postes vacants face aux difficultés de recrutement divise les chefs des entreprises concernées. Près de la moitié de ces dirigeants ne l’envisage pas (46%), parce que la santé financière de leur entreprise ne le permet pas (19%) ou par principe (27%). Au contraire, un tiers des dirigeants d’entreprise a déjà pris cette mesure (36%) et 15% envisagent prochainement de le faire.
- Davantage d’entreprises de 10 salariés ou plus ont déjà revalorisé le salaire des postes vacants (44% contre 34%).
Près d’un dirigeant sur cinq déclare que son entreprise a bénéficié d’un Prêt Garanti par l’Etat (18%). Parmi les bénéficiaires d’un PGE, une petite partie a déjà réussi à rembourser son emprunt (9%). Une part marginale des autres entreprises ont choisi d’étaler leur dette sur 10 ans : 10% contre 79% qui remboursent leur PGE sans étalement. Deux tiers des dirigeants d’entreprise ayant contracté un PGE ne signalent aucune difficulté causée par le remboursement (66%). Chez celles qui rencontrent des problèmes à cause de leur PGE, quasiment tous déclarent que leur entreprise est fragilisée (31%), mais quasiment aucun ne dit qu’elle est menacée de faillite (2%).
- Les entreprises comptant dix salariés ou plus ont davantage eu recours à un PGE : 34% contre 17% des entreprises avec moins de salariés). Parmi les entreprises bénéficiaires, celles comptant 10 salariés ou plus sont deux fois plus nombreuses à avoir fini de le rembourser (20% contre 8% des entreprises bénéficiaires plus petites).
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