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Publié le 28/06/2019

Grande consultation des entrepreneurs : l'emploi en ligne de mire

Les chefs d'entreprises sont particulièrement confiants en ce mois de juin 2019. Un optimisme qui se traduit par des intentions d'embauche confirmant les tendances constatées en France pour 2019. Un optimisme cependant tempéré par l'expression de difficultés de recrutement.

C'est la bonne nouvelle de la première partie de l'année : le taux de chômage en France, à 8.7% de la population active, n'a jamais été aussi bas depuis dix ans ! Les statistiques de l'INSEE pour ce début d'année sont confortées par l'enquête de Pôle Emploi sur les intentions d'embauches pour 2019 en hausse de 14,8 %. Ce ne sont pas moins de 350 000 projets de recrutements supplémentaires qui sont attendus pour cette année, soit, là encore, le plus fort résultat de la décennie ! Cet état d'esprit positif des employeurs se retrouve également dans le baromètre du mois de juin de la grande consultation des entrepreneurs réalisé par Opinion Way pour le compte de CCI France, La Tribune et LCI (1). Avec un niveau de 126 (+ 2 points par rapport au mois passé), l'indicateur d'optimisme des entreprises de plus de 10 salariés atteint un score jamais enregistré depuis février 2018. Même si l'indice concernant les plus petites entreprises est en recul, l'indicateur global reste bien orienté (à un niveau de 107).

L'état d'esprit actuel

Ce qui témoigne de l'état d'esprit favorable des entrepreneurs actuellement c'est le pourcentage des sondés, jamais constaté depuis la création du baromètre il y a quatre ans et demi, se déclarant confiants. Ils sont 63 % à partager cet avis ; un résultat en progression de dix points en deux mois. C'est le qualificatif qui arrive en tête devant l'optimisme (42 %) loin devant les sentiments d'inquiétude (24%), de méfiance (18%) ou d'attentisme (11%). Cette confiance et cet optimisme étant là encore exprimés plus fortement par les dirigeants des plus grandes que par ceux des plus petites entreprises. Cette disposition des entrepreneurs les incite à espérer en l'avenir. Plus d'un sur cinq (21 %, en hausse de 14 points) estime que « ce sera mieux demain ». Ces indicateurs encourageants ne sauraient cependant masquer les interrogations actuelles des dirigeants d'entreprise. Le pourcentage de ceux qui considèrent que « c'est très bien en ce moment » est, de fait, en baisse dans la même proportion (14%) à 49 %.

Les niveaux de confiance - Perspectives 12 prochains mois

Les entrepreneurs regardent vers l'avenir mais visiblement avec prudence. Les niveaux de confiance à 12 mois sont tous orientés à la baisse. Faut-il y voir la traduction des incertitudes actuelles sur les réformes en cours en France - sur l'assurance chômage et sur les retraites notamment – ou le résultat des tensions internationales entre les Etats-Unis d'Amérique et la Chine d'une part et l'Iran d'autre part ? Alors que la confiance dans l'économie française et mondiale était en progression quasi constante depuis le début de l'année, celles-ci marquent légèrement le pas ce mois-ci (respectivement -2 et -1 %). Traditionnellement installé à un niveau élevé, l'indice de confiance dans les perspectives de leur propre entreprise baisse de trois points en juin et de 9 points depuis le mois de mars.

Pour autant, les entrepreneurs entendent bien profiter de la reprise économique. Révélateur de cette disposition, ils sont 9% à déclarer être prêts à augmenter le nombre de leurs salariés dans les douze mois à venir. Un résultat en progression de deux points depuis le mois dernier et qui reste depuis trois mois à un niveau élevé, inégalé depuis deux ans.

L'explication semble claire : les indicateurs économiques sont au vert, les employeurs, confiants, comptent accélérer leurs recrutements. Des perspectives encourageantes puisque « deux tiers des projets de recrutements correspondent à une hausse d'activité et non pas à un remplacement de personnel » selon Jean Bassères, Directeur Général de Pôle Emploi, analysant les résultats de l'enquête pôle emploi sur les besoins en main d'œuvre des entreprises en 2019. Ces intentions d'embauche en hausse dans toutes les régions, concernent tous les secteurs d'activité (et plus particulièrement dans la construction, l'industrie et les services aux entreprises) et devraient se traduire, majoritairement, par des embauches en CDI (dans 45% des cas).

Les difficultés récentes à embaucher

Pour autant, l'horizon n'est pas aussi dégagé pour les employeurs. 60 % des dirigeants d'entreprise de 10 salariés ou plus affirment avoir connu des difficultés à recruter et 15 % d'entre eux ont dû revoir leurs critères de recrutement. A noter que les secteurs en croissance et en manque de compétences comme l'industrie et la construction sont ceux qui déclarent avoir rencontré le plus de difficultés à embaucher de nouveaux collaborateurs (respectivement 28% et 22 %). Une réalité qui assombrit un peu le tableau des perspectives positives sur le front de l'emploi. Selon Pôle Emploi, la moitié des entrepreneurs prêts à recruter cette année anticipe des difficultés de recrutement dues au profil considéré comme « inadéquat » ou aux conditions de travail proposées qui invitent les employeurs (dans 60% des cas) à tenter de rendre leurs offres d'emploi plus attractives…

Pour trouver des candidats, les entreprises diversifient les canaux de recrutement. A preuve, s'ils privilégient le recours au réseau personnel (39%), les employeurs ont aussi recours et de façon assez équilibrée au réseau professionnel (28%), aux candidatures spontanées (28%), aux intermédiaires publics (20%) avant les intermédiaires privés (cabinets de recrutement et agences d'intérim) et aux annonces sur le net pour respectivement, 14% et 13% des répondants.

L'adhésion à la non imposition des bénéfices réinvestis

Ces difficultés de recrutement des entreprises qui constituent des freins à l'emploi, sont d'autant plus d'actualité que le Gouvernement vient de lancer un Pacte productif 2025 pour le plein emploi. Le volet industriel de ce Pacte entend étudier notamment les mesures visant à faire baisser le coût du travail en s'attelant à la réduction de la fiscalité de production qui pèse sur la compétitivité des entreprises françaises. La défiscalisation des bénéfices réinvestis dans l'entreprise pourrait être mise à l'étude. 83% des chefs d'entreprise interrogés sont favorables à cette mesure. Ils corroborent en cela l'expression des entrepreneurs ayant participé à la centaine de réunions organisées par les CCI sur la fiscalité des entreprises dans le cadre du grand débat national en ce début d'année. Cette proposition a émergé dans ¾ des réunions publiques et a fait partie des 21 propositions prioritaires portées par le réseau des CCI.

A découvrir l'intégralité des résultats de la vague de juin 2019 de la Grande Consultation des Entrepreneurs

(1) Sondage Opinionway réalisé par téléphone auprès de 608 dirigeants d'entreprise entre le 17 et le 20 juin 2019 dans le cadre de la Grande Consultation des entrepreneurs.
 

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