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Publié le 30/04/2021

Grande consultation des entrepreneurs : le troisième confinement affecte le moral des dirigeants

Miné par le troisième confinement, l'optimisme des chefs d'entreprise en avril est en forte baisse. Prudents et pragmatiques, les dirigeants d'entreprises sont partisans d'un maintien et d'un recentrage des aides publiques.

L'état d'esprit des chefs d'entreprise a été fortement affecté par le troisième confinement décidé à la fin du mois dernier pour lutter contre l'épidémie de Covid-19. Les gains du mois dernier sur l'indicateur de l'optimisme sont effacés et plus encore. Il s'établit à 73 points ce mois-ci, en baisse de 21 points.

La baisse est particulièrement forte dans les entreprises comptant moins de 10 salariés (73 points, -21). Comme si les dirigeants d'entreprises plus grandes avaient davantage anticipé la situation actuelle, la baisse est moins forte parmi eux (72 points, -7).


Pour les mois qui viennent, les dirigeants d'entreprise apparaissent d'ailleurs en quête de repères. 63% d'entre eux indiquent que la stratégie de leur entreprise dans les mois à venir sera avant tout stable, et 20% déclarent qu'elle sera même défensive. Seulement 17% des dirigeants déclarent qu'ils vont opter pour une stratégie offensive, pour accélérer leur développement.


Concernant les aides publiques aux entreprises, la stabilité est aussi une attente. 69% des dirigeants d'entreprise souhaitent que toutes les aides actuelles soient prolongées jusqu'au 31 décembre, 66% jugeant même qu'il faut en créer de nouvelles pour répondre à des situations qui ne seraient pas encore couvertes. 82% réclament toutefois que leurs critères d'éligibilité soient modifiés afin de n'aider que les entreprises les plus en difficultés.


La comparaison avec l'an dernier met en lumière une situation économique encore morose. Alors que la France traversait en avril 2020 le mois le plus difficile de la crise en termes économiques, 42% des dirigeants d'entreprise déclarent que leur situation actuelle est semblable à celle de l'an dernier à la même époque. 30% disent même toujours que le niveau d'activité de leur entreprise est moins bon qu'à l'époque. Signe que la reprise économique se fait encore attendre, la part des dirigeants déclarant que leur situation est meilleure n'augmente que lentement : 28%, +4 points depuis le mois dernier.

Davantage de petites entreprises rencontrent des difficultés. 31% des dirigeants d'entreprises comptant moins de 10 salariés déclarent que leur niveau d'activité actuel est moins bon qu'il y a un an, contre 17% dans les entreprises plus grandes.


Le jugement des dirigeants sur l'action du gouvernement est d'ailleurs mitigé. Une majorité d'entre eux considère qu'il réussit à trouver un équilibre entre les enjeux sanitaires, économiques et sociaux : 54% contre 46% qui pensent l'inverse. Toutefois, alors que seulement 6% estiment que le gouvernement réussit tout à fait à trouver l'équilibre (-4 points par rapport au mois de février dernier), 21% jugent qu'il n'y arrive pas du tout (+3 points).

Les dirigeants d'entreprises comptant moins de 10 salariés sont plus nombreux à se montrer très critiques vis-à-vis du gouvernement : 22% estiment qu'il ne trouve pas du tout l'équilibre, contre 13% des dirigeants d'entreprises plus grandes.


Dans le détail, la plupart des mesures décidées par le gouvernement apparaissent adaptées à une majorité des dirigeants : 78% pour l'incitation à télétravailler systématiquement, 69% pour la fermeture des établissements scolaires pendant 3 semaines, 63% pour l'interdiction des déplacements inter-régionaux. Même le couvre-feu est jugé adapté par 51% des dirigeants, bien que 35% le trouvent excessif. Deux mesures recueillent un assentiment plus faible. Ainsi, 43% jugent excessive la limite de 10 km pour les déplacements (39% la jugeant adaptée), et même 69% pour la fermeture des commerces dits « non-essentiels ».

Travaillant dans le secteur le plus impacté par la mesure, les dirigeants d'entreprises du secteur du commerce sont les plus sévères avec la décision de fermer les commerces dits « non-essentiels » : 75% la jugent excessive.


Si certaines mesures sont perçues comme démesurées par les dirigeants d'entreprise, l'impact sur l'activité est relativement limité. Ainsi seuls 21% des dirigeants d'entreprise font état de fortes contraintes causées par la limite des 10 km ou la fermeture des commerces dits « non-essentiels » sur l'activité. Les impacts relevés sont encore plus faibles pour les autres mesures : 16% à cause de l'interdiction des déplacements inter-régionaux, 14% pour le couvre-feu à 19h et 12% pour la fermeture des établissements scolaires. Enfin, seulement 4% des dirigeants témoignent de fortes contraintes à cause du télétravail systématique, 50% des dirigeants déclarant toutefois qu'ils ne sont pas concernés par le télétravail.

Les mesures sanitaires semblent entrainer des contraintes plus grandes pour les petites entreprises. Toutefois, concernant la fermeture des établissements scolaires, 24% des dirigeants d'entreprises comptant 10 salariés ou plus font au moins état de fortes contraintes, contre 11% des dirigeants d'entreprises plus petites.


Les mesures sanitaires peuvent également avoir des conséquences indirectes sur les entreprises. Ainsi, 35% des dirigeants ont constaté un allongement des délais de livraison depuis l'application des nouvelles mesures sanitaires. Parmi les dirigeants d'entreprises comptant au moins un salarié, beaucoup moins déclarent toutefois avoir vu l'absentéisme augmenter (9%).

L'allongement des délais de livraisons a particulièrement touché les secteurs de l'industrie (62%), de la construction (60%) et dans une moindre mesure du commerce (44%).

Assez logiquement, plus les entreprises comptent de salariés plus l'absentéisme semble avoir augmenté : 33% dans celles en comptant au moins 10, contre 4% dans les entreprises plus petites.


Le niveau relativement faible des contraintes perçues par les dirigeants d'entreprise s'explique peut-être en partie par leur travail en amont. Ainsi, à la suite des annonces du Président de la République le 31 mars, 48% des entreprises ayant au moins un salarié ont modifié leur organisation, et 46% ont modifié le planning d'activité de l'entreprise. Plus d'un quart de ces entreprises sont même allées plus loin : 29% ont mis ou maintenu des collaborateurs au chômage partiel, et 27% ont accordé des congés pour la garde d'enfants à des collaborateurs.


A découvrir l'intégralité des résultats de la vague de avril 2021 de la Grande Consultation des Entrepreneurs

(1) Sondage Opinionway réalisé par téléphone auprès de 610 dirigeants d'entreprise entre le 13 et le 23 avril 2021 dans le cadre de la Grande Consultation des entrepreneurs.
 

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