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Publié le 20/02/2019

Tonnellerie François Frères : au service des vins haut de gamme

Depuis plus d'un siècle, la Tonnellerie François Frères fabrique des fûts en chêne destinés à élever de grands vins, en France comme à l'étranger.

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Ceux qui aiment la nature s'y rendent pour randonner dans le Morvan, se baigner dans les lacs jurassiens ou naviguer sur ses 1 000 km de canaux. Mais pour les amoureux de sites culturels, la Bourgogne Franche-Comté recèle également de sites d'art et d'histoire comme les hospices de Beaune, le château de Guédelon, les vestiges d'Alésia ou la citadelle de Besançon.

La région de 2,8 millions d'habitants offre par ailleurs aux papilles délicates une grande diversité de produits associés à des savoir-faire reconnus, de la saucisse de Montbéliard au Comté en passant par les escargots. Ajoutons à cela des vins renommés dans le monde entier dont 33 grands crus. Au total, on y recense 153 appellations d'origine contrôlée (AOC) et indications géographiques protégées (IGP).

1ère région industrielle

La Bourgogne Franche-Comté est la première région industrielle française en termes d'emploi avec 17% des salariés travaillent dans ce domaine. Quatre secteurs sont particulièrement représentés : la métallurgie, la fabrication de matériel de transport, l'agroalimentaire et la fabrication de produits en caoutchouc et plastique.

Son PIB s'élève à 79 milliards d'euros. Ouverte sur la France, l'Europe et le monde, la région jouit de sa situation centrale et s'illustre par un solde commercial excédentaire de 19 milliards d'euros.
Terre de recherche et d'innovation, elle compte 5 pôles de compétitivité et 10 clusters. Trois de ses villes bénéficient d'un label : Food Tech pour Dijon, Health Tech pour Besançon et IOT et Manufacturing pour Chalon-sur-Saône.

Une tonnellerie centenaire

C'est au cœur des vignobles bourguignons, à Saint-Romain en Côte d'Or, que la Tonnellerie François Frères exerce son activité depuis plus de 100 ans. Cela fait quatre générations que l'entreprise familiale y fabrique des fûts de chêne destinés à élever de grands vins, aussi bien en France qu'à l'international.

Créée en 1910, l'entreprise possède un savoir-faire ancien. « Nous sommes très respectueux des gestes ancestraux, confirme son directeur général Max Gigandet. Mais nous avons enrichi ce savoir-faire avec des techniques de précision. » Par exemple, les douelles - ces pièces de bois qui forment la paroi des tonneaux - étaient autrefois travaillées à la main ; elles sont aujourd'hui mises en forme grâce à des machines. « Nous ne mécanisons cependant pas à outrance, précise le directeur de la tonnellerie. Nous préservons le savoir-faire manuel pour les étapes où l'homme a un rôle à jouer. »

Du chêne issu des plus belles forêts françaises

Pour fabriquer des fûts de qualité, la tonnellerie mise d'abord sur l'approvisionnement. « Nous les fabriquons avec du chêne issu des plus belles forêts françaises », affirme Max Gigandet. Ensuite, l'étape du séchage est clef car elle a un impact important sur la qualité du produit fini. Chez François Frères, le bois est séché naturellement à l'air libre pendant deux, trois ou quatre ans.

Vient ensuite le moment de la chauffe qui permet notamment de façonner les fûts mais surtout de conditionner la palette aromatique des vins. « La chauffe que nous pratiquons n'écrase pas le vin, elle lui apporte du relief, une fraîcheur », décrit Max Gigandet. Celle-ci s'effectue au moyen d'un brasero alimenté par les chutes de chêne.

Fournisseur des grands noms de Bourgogne

La Tonnellerie François Frères entretient un lien étroit avec son territoire ou plus précisément avec le terroir. Elle fournit les plus grandes maisons de Bourgogne.

« Notre implantation bourguignonne a été un atout pour nous développer au niveau local. Nous sommes en prise directe avec les caves de la région et pouvons offrir un vrai service de proximité », explique Max Gigandet. En effet, en cas d'aléas climatiques affectant les récoltes, la tonnellerie peut réagir très rapidement pour ajuster sa production.

« Notre étiquette de tonnelier bourguignon a pu être, dans le passé, un frein au développement des produits sur d'autres cépages, notamment dans le Bordelais, reconnaît le directeur. Mais aujourd'hui notre savoir-faire est de plus en plus recherché par d'autres vignobles. »

80% des ventes à l'export

Aujourd'hui, 80% des 30 000 fûts produits annuellement sont vendus à l'étranger, surtout en Amérique du Nord et en Océanie mais aussi en Italie, en Espagne, en Argentine ou au Chili. « Globalement nos tonneaux sont davantage utilisés pour des cépages bourguignons, le chardonnay et le pinot noir, ou des cépages du Rhône », constate Max Gigandet.

Les équipes de la tonnellerie entretiennent des relations suivies avec des agents ou des importateurs à l'étranger. Ceux-ci sont chargés d'être présents sur le terrain pour visiter les clients, être à l'écoute des marchés, apporter des conseils personnalisés aux clients. L'entreprise poursuit par ailleurs la conquête de nouveaux marchés : Israël, Canada, Bulgarie, Roumanie, Brésil…

Sur le site historique de Saint-Romain, la tonnellerie emploie une cinquantaine de collaborateurs. Les tonneliers ont suivi des formations spécifiques ou bien ont été formés par la maison. Afin de gérer au mieux ses équipes et suivre l'actualité sociale, Max Gigandet participe parfois aux rencontres RH organisées par la CCI afin de « toujours rester le mieux informé possible ».

Gérer la forte saisonnalité

Un des enjeux auxquels la Tonnellerie François Frères fait face est la très forte saisonnalité de ses produits. Les périodes de vendanges, août-septembre dans l'hémisphère nord et février-mars dans l'hémisphère sud, créent des pics d'activité. « Nous essayons d'équilibrer le mieux possible notre activité pour pouvoir travailler toute l'année », explique le directeur général de François Frères.

L'entreprise connaît aussi des défis en termes de gestion des ressources et d'approvisionnement. « Nous avons besoin de très belles matières premières, explique Max Gigandet. Nous achetons notre bois auprès de l'ONF. La demande étant très forte pour les bois de qualité et ceux-ci étant vendus aux enchères, leurs prix augmentent de plus en plus. »

Evoluer en gardant son identité

Enfin, le réchauffement climatique est également un challenge pour la tonnellerie. « Il affecte plus ou moins les régions et les vins, constate le directeur général. Dans les endroits où la météo est plus clémente, on obtient des vins plus riches en sucre et en alcool. Nous avons donc cherché à proposer différents types de chauffe afin de nous adapter à ces changements. »

Aujourd'hui, les objectifs de cette entreprise centenaire sont « d'évoluer sans tout bouleverser, selon son directeur. Notre plus grand projet est de poursuivre l'amélioration de la qualité des produits sans perdre notre identité ». Il s'agit notamment d'apporter une attention toute particulière à la régularité des produits. « L'idée est que nos clients puissent retrouver, d'année en année, une trame régulière, qu'ils trouvent un produit dans lequel ils puissent avoir confiance. »

Pour en savoir plus :

Site de François Frères

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Crédits photos : Patrick Sordoillet et Serge Chapuis