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Publié le 13/02/2019

La cartablière : Du cuir et des paillettes

Concevoir des accessoires en cuir pratiques, originaux, à prix raisonnables et fabriqués en France : c'est le pari de La cartablière. L'entreprise est installée dans le Tarn, près de Graulhet, une région qui abrite un savoir-faire traditionnel.

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Au cœur de l'Occitanie, dans le département du Tarn, la ville de Graulhet est réputée internationalement pour le travail du cuir. Même si l'artisanat est présent dans la région depuis le Moyen-Age, les activités de mégisserie (travail des petites peaux de chèvres, agneaux), se développent fortement dès le début du XXème siècle, rappelle l'Association Graulhet Le Cuir. Sous l'impulsion des femmes ouvrières de la ville, la maroquinerie s'installe à Graulhet à la veille de la première guerre mondiale.

Un nouveau souffle

Après une période de déclin due notamment à la concurrence internationale, l'activité du cuir se stabilise et retrouve même un second souffle depuis quelques années. Aujourd'hui, près de 80 entreprises, dont 6 labellisées Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV), emploient environ 650 salariés dans le secteur. Granilia, une pépinière d'entreprises spécialisées dans le cuir, est implantée à Graulhet.

La ville de 12 000 habitants, située à 30 minutes de Toulouse et d'Albi, est donc la vitrine de l'excellence française dans le cuir. On y trouve une grande diversité de savoir-faire : la tannerie (travail des grandes peaux de vaches, veaux, taureaux), la mégisserie, la maroquinerie, les accessoires et fournitures pour le cuir (accessoires métalliques, produits de tannage…) et les machines spécialisées.

Des accessoires made in France

C'est notamment parce que le Tarn offre toutes les ressources pour le travail du cuir que Sophie Lemoalle y implante La cartablière, en 2012. La jeune femme vient de quitter Paris et un travail d'acheteuse de peaux pour un grand groupe de luxe afin de monter une entreprise de création et de commercialisation de sacs en cuir et d'articles de maroquinerie. « A l'origine, je voulais proposer à la femme active - que j'étais moi-même, un cartable pour ordinateur ne ressemblant pas à la classique pochette noire en nylon », se souvient la créatrice. Petit à petit, Sophie Lemoalle s'adapte à la demande de ses clients et élargit ses créations : sacs à mains, pochettes, porte-monnaie, étuis...

« Du cuir, des paillettes, une large gamme de produits et une fabrication française », telle est la recette de La cartablière. Dans son bureau de Lisle sur Tarn, la créatrice imagine et dessine les articles, choisit les matières et met au point un prototype. Les cuirs viennent du Tarn et d'Italie, et les autres matériaux sont également d'origine française ou européenne. La fabrication des sacs et pochettes est ensuite confiée à un atelier tarnais, situé à Graulhet et labellisé EPV « L'écosystème du cuir tarnais est resté dynamique, témoigne Sophie Lemoalle. Les entreprises sont performantes, animées par une volonté d'innovation et un respect du personnel et de l'environnement. »

Se réinventer sans se perdre

« Je souhaite que mes articles soient pratiques, avec une touche d'originalité mais à un prix accessible, en dépit des contraintes de coûts liées à la fabrication française », résume Sophie Lemoalle qui reconnaît que c'est un défi d'innover, de réinventer la maroquinerie, tout en gardant son identité et ses exigences. Elle continue de proposer des collections régulièrement, tout en avançant sur de nouvelles pistes : « Je me pose la question de l'alternative au cuir car la demande est là. Mais, pour l'instant, le vrai beau produit qui peut remplacer le cuir n'a pas encore été créé. »

En 2019, la créatrice entend s'impliquer davantage dans la valorisation du made in France, en accentuant la communication et la participation à des événements sur ce sujet. « Les gens cherchent à connaître l'histoire de l'objet qu'ils ont entre les mains », constate Sophie Lemoalle. C'est pourquoi elle passe du temps à gérer les expéditions de ses produits : « Cela me permet de contrôler la qualité et d'ajouter une touche personnelle pour raconter notre histoire. »

Constituer un réseau et se former

Sophie Lemoalle vend ses produits via sa e-boutique et un réseau de 150 revendeurs en France et à l'international. Les sacs La cartablière sont notamment proposés à la vente sur les Brittany Ferries, ce qui octroie à la marque de la visibilité. « Mettre en place un réseau de revente, trouver des agents commerciaux ou les salons qui fonctionnent… tout cela n'a pas été facile, mais je compte désormais un réseau de boutiques très fidèles », se réjouit la créatrice. Elle reconnaît avoir été très bien accompagnée dans cette aventure.

Financièrement d'abord, grâce à des prêts à taux zéro accordés par les réseaux Initiatives et Entreprendre. Pour le développement de son entreprise et l'export, Sophie Lemoalle s'est rapprochée de la chambre de commerce de son territoire. « La CCI du Tarn m'a notamment accompagnée sur la redéfinition du cahier des charges de mon site internet, témoigne-t-elle. Il ne fonctionnait pas très bien. Un conseiller m'a épaulée pour identifier tout ce qui n'allait pas et rechercher des prestataires ».

Sophie Lemoalle a aussi suivi une formation à la communication sur les réseaux sociaux : « C'était super d'apprendre à utiliser des outils, et pour moi qui travaille seule, cela m'a redynamisée. » Et finalement, la formation a porté ses fruits : une quinzaine de nouvelles boutiques ont pris contact avec La cartablière grâce à ses publications Instagram. « Quand on entreprend, il faut beaucoup de persévérance et de patience, conclut la chef d'entreprise. Il faut être capable d'accepter que les choses prennent du temps à se mettre en place. »

Pour en savoir plus :

Site : lacartabliere.fr

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Instagram - La Cartabliere

La CCI Tarn