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Publié le 19/03/2019

Vrai / Faux sur la franchise

Spécialiste de la franchise, Corinne Gicquel accompagne les créatrices d'entreprises en franchise depuis plus de 10 ans (1).
Elle passe en revue les idées reçues associées à ce mode d'entrepreneuriat.

Mots-clés :

Ouvrir un magasin en franchise, cela coûte cher ?  

 Vrai et faux :  C'est difficile de répondre dans l'absolu. Cela dépend du type de commerce, du concept, de la marque, de l'exclusivité territoriale, de la surface de vente, de la gestion du stock, de l'emplacement du point de vente et des services associés apportés par le franchiseur. Pour les commerces, on peut donc dépasser les 200 000 €, dans le secteur des services à la personne ou aux particuliers le coût de l'investissement oscille de 45 000 € à 60 000 €. Le coût peut être supérieur pour les services aux entreprises autour de 150 000 € selon les données fournies par le site Toute la franchise.  
Mais plutôt que de parler de coût, il est préférable de parler d'investissement global pour expliquer la différence entre le droit d'entrée et les exigences du franchiseur en matière d'emplacement, d'aménagement intérieur, de budget de lancement, de formation…

En tant que franchisé, je suis mon propre patron ?    

  Vrai : Le franchisé est bien un chef d'entreprise indépendant, juridiquement et administrativement. Néanmoins, il doit surtout respecter le contrat qu'il a signé, le savoir-faire transmis et les process du franchiseur. S'il bénéficie d'un soutien du franchiseur, il est cependant libre de choisir ses partenaires, ses employés, ses conseils comme son expert-comptable ou sa banque. Attention cependant, il existe des clauses de non concurrence et de territorialité qui encadre le développement des enseignes de la franchise. Elles protègent le franchisé contre l'ouverture d'autres magasins de la marque mais l'empêche aussi d'ouvrir d'autres points de vente en dehors de son territoire. 

Entreprendre en franchise est moins risqué que d'entreprendre en tant qu'indépendant(2) ?

 Vrai : C'est vrai que, dans le cadre d'une franchise, l'entrepreneur prend moins de risques puisqu'il s'appuie sur un modèle rodé qui a fait ses preuves. Il bénéficie tout de suite de la notoriété nationale ou internationale de la marque dont ne dispose pas couramment un commerce de proximité indépendant. C'est un facteur clé pour attirer dès l'ouverture la clientèle. Le commerçant franchisé va aussi bénéficier d'une campagne d'ouverture, d'une assistance au démarrage et des outils marketing qu'un commerçant seul ne peut réaliser en peu de temps. Il est aussi assisté tout au long de son activité par un animateur de réseau. 

La formule franchise offre l'avantage de s'installer à son compte, d'exercer le métier de son choix avec plus de sérénité et développer plus rapidement son chiffre d'affaires. 

Cependant, il faut nuancer le propos. Tout dépend du profil de l'entrepreneur. Un franchisé reste avant tout un entrepreneur même si le franchiseur lui apporte une stratégie, une visibilité et des outils pour développer son point de vente. Ce n'est pas une question de statut mais de l'énergie et de l'enthousiasme que chaque entrepreneur met dans son projet.
Le choix de l'enseigne est aussi important. Avant de s'engager, tout porteur de projet doit vérifier un certain nombre de points : le profil du franchiseur, le modèle économique des entités pilotes, la capacité de la franchise à réitérer la réussite du concept sur son territoire, la propriété de la marque, l'ancienneté du réseau, les raisons des fermetures, le mode d'accompagnement.

Il est préférable de choisir une franchise bien installée plutôt qu'une jeune franchise pour se lancer ? 

 Vrai : Une jeune franchise peut développer un concept innovant ou être sur un nouveau marché porteur. Cela peut être l'opportunité, pour un candidat à la franchise ayant un parcours de chef d'entreprise, de manager, ou d'un commercial ou un marketeur, d'avoir plus d'initiatives et d'autonomie. Il pourra mettre à profit son expertise au service du développement de l'enseigne. Du côté de l'enseigne en devenir, faire appel à des candidats expérimentés est très intéressant pour asseoir le déploiement du réseau et bénéficier d'ambassadeurs.

Être franchisé, c'est la garantie d'être accompagné au quotidien par le franchiseur ?

 Vrai : C'est même un engagement souvent contractualisé. Le franchiseur doit proposer à ses franchisés un accompagnement de tous les instants, du démarrage à la fin du contrat (formation au démarrage et continue, soutien technique logistique informatique…). A cet accompagnement du franchisé par le franchiseur s'ajoute l'effet réseau, la communauté des franchisés qui porte la marque. Un conseil : au-delà de l'apport du franchiseur, le porteur de projet a tout intérêt à faire une étude de son marché en local. Une démarche qui plaira au banquier et peut-être un complément de négociation utile pour le franchisé.

Je peux revendre ma franchise librement ? 

 Vrai et faux : Le fonds de commerce appartient au franchisé mais le franchiseur a un droit de regard sur l'acquéreur. Il existe souvent un droit de préemption de la part du franchiseur pour protéger le périmètre du réseau de franchise et donc les parts de marché de l'enseigne. Par cette clause, le franchisé permet à son franchiseur de se substituer à l'acquéreur qu'il avait identifié ou s'oblige à vendre de préférence au franchiseur son entreprise. A noter qu'il peut aussi exister une clause d'agrément qui octroie au franchiseur le droit d'accepter ou non la candidature d'un potentiel acheteur. Si tel n'est pas le cas, le franchisé devra trouver un nouvel acquéreur.

15ème enquête annuelle de la franchise - Banque Populaire / Fédération Française de la Franchise

Pour aller plus loin

FRÉDÉRIQUE GELLY-RICHIER : LA FRANCHISE, UN BON ÉQUILIBRE ENTRE LIBERTÉ ET SÉCURITÉ

Retrouvez le témoignage de Frédérique Gelly-Richier, qui a crée son enseigne de la franchise Babychou Services.

(1) Corinne Gicquel a créé la plate-forme internet reconversionenfranchise.com , un site dédié aux femmes en reconversion vers l'entrepreneuriat. En collaboration avec les acteurs encourageant la création et, notamment, le réseau des CCI, elle anime les journées "RENCONTRE", rendez-vous de proximité pour informer sur ce mode d'entrepreneuriat, échanger avec des franchisés témoins et faire découvrir des métiers en présence de franchiseurs.

(2) Cinq ans après leur création, 8 franchisés sur 10 sont toujours en activité (source Fédération Française de la Franchise) contre 23 % seulement des auto-entrepreneurs et 52 % des sociétés indépendantes (source INSEE).