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Publié le 12/06/2019

Les étudiants des Gobelins créent des courts-métrages pour Annecy

Chaque année, depuis 30 ans environ, les étudiants de deuxième année en cinéma d'animation aux Gobelins réalisent des courts-métrages diffusés avant chaque projection du Festival international du film d'animation d'Annecy.

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La pression est un peu retombée, en ces premiers jours de juin, pour les étudiants en deuxième année de cinéma d'animation aux Gobelins, une école de la CCI Paris Ile-de-France. Leurs courts-métrages, réalisés sur commande du festival d'Annecy, viennent d'être envoyés. Le verdict tombera la semaine du 10 au 14 juin, lors de l'événement où leurs travaux seront diffusés devant un public averti. Chaque jour que dure le festival, un film sera dévoilé avant chaque projection de la journée.

Une commande du festival

Répartis en groupes de 5 ou 6, les étudiants ont eu 5 mois pour réaliser un mini-film d'animation en 2D de 30 secondes, en passant par chacune des étapes : pré-production (recherche de style, de personnages…), production (animation, décors…), post-production (compositing).

Comme ils répondent à une commande, un certain nombre de contraintes s'imposent à eux. À commencer par le thème. « Ces petites pastilles doivent rendre hommage au pays invité du festival, explique Moïra Marguin, responsable du département cinéma d'animation des Gobelins. Cette année,  le pays mis à l'honneur est le Japon. »

Les étudiants ont donc choisi par exemple les ramen ou les chanteuses pop japonaises comme thème pour leur film. « L'aspect documentation est toujours très poussé, constate Moïra Marguin. Cette année encore, j'ai beaucoup aimé les choix des étudiants sur les sujets abordés autour de la thématique du Japon. »

Recherches documentaires et prouesses techniques

Après les recherches d'inspiration et de style, place à la production. Certains étudiants ont voulu expérimenter des techniques. « Nous avons décidé de faire un film au pastel, ce qui était assez nouveau pour nous, explique Chloé Farr, étudiante en 2ème année. Il fallait donc imprimer chaque image du film, les redessiner puis les colorer une par une à la craie grasse. Nous avons au moins 700 dessins à la craie grasse pour constituer le film de 30 secondes ! » « Le résultat est très impressionnant, estime Moïra Marguin qui se réjouit de l'audace de ses étudiants concernant les choix techniques effectués.

Cet intense projet est notamment l'occasion pour les jeunes d'apprendre à travailler en groupe. « On passe par plusieurs phases, témoigne Gabriel Gérard, étudiant en 2ème année. Il faut parfois trouver des compromis pour que cela plaise à tout le monde. Parfois, c'est plus tranquille : on avance, on sait vers quoi on va. » Durant tout le projet, les étudiants peuvent compter sur l'aide de professionnels du secteur qui les accompagnent et leur apportent leur savoir-faire.

Travailler en conditions proches du réel

Finalement, les jeunes s'accordent pour dire que la réalisation de ce film leur a permis de travailler en conditions proches des conditions réelles. La projection des courts-métrages à Annecy, leur permettra d'ailleurs d'obtenir des retours d'experts sur leur travail et de commencer à se faire remarquer et à constituer leur réseau en vue de leur entrée dans le monde du travail.

Enfin, ce projet pédagogique est rendu possible grâce au partenariat avec d'autres écoles : Louis Lumière réalise le sound design et le mixage des films et les élèves en composition de musique à l'image du Conservatoire du 12ème arrondissement de Paris ont imaginé les musiques des films en lien avec les étudiants des Gobelins. « Ces partenariats nous sont précieux, souligne la responsable du département de cinéma d'animation. Mettre en contact nos étudiants avec des étudiants d'autres spécialités permet de constituer un réseau et, je l'espère, mènera à d'autres collaborations à l'avenir. »