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Publié le 06/03/2019

« J'interviens sur tout le cycle de vie d'une entreprise, de la création jusqu'à la transmission »

Sur tout le territoire, dans le réseau des CCI locales et régionales, des experts mettent leurs compétences et leur énergie au service des entreprises et des entrepreneurs. Rencontre avec Stéphane Mesmacre, conseiller entreprise à la CCI de l'Allier.

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Quel est votre rôle à la CCI de l'Allier ?

Je suis conseiller et ma mission est d'accompagner des créateurs-repreneurs et des entreprises du commerce et des services, sur le bassin de Vichy. En parallèle, je suis également chargé des études économiques, notamment du déploiement de l'étude « Flux de consommation » à l'échelle de l'Allier.

Stéphane Mesmacre

En tant que conseiller, comment intervenez-vous auprès des entreprises et des porteurs de projet du territoire ?

Je travaille sur des missions très diverses puisque j'interviens sur tout le cycle de vie d'une entreprise, de la création jusqu'à la transmission. Je vais mettre mon expertise au service des entrepreneurs pour évaluer la viabilité de leur projet, estimer les risques qu'ils prennent et les aider à structurer leur dossier pour faire en sorte qu'ils réussissent. Je mets aussi le porteur de projet en relation avec des partenaires. Nous organisons des permanences avec des avocats par exemple. L'objectif, c'est de sécuriser le projet, d'aboutir à la création d'une entreprise pérenne dans le temps.

" Les entreprises sollicitent notre expertise pour obtenir des conseils et un regard extérieur et objectif sur leur projet. "

Et une fois l'entreprise créée ?

Une fois l'entreprise créée, nous intervenons lors de ses différentes phases sur des questions relatives à des projets de développement, des problématiques de normes, des recherches de financement, des difficultés ou encore la transmission de l'entreprise… C'est en fait très varié. Dernièrement, un restaurateur que j'accompagne depuis près de 10 ans est venu vers moi m'annoncer qu'il avait l'opportunité de racheter un deuxième restaurant. Connaissant son activité actuelle, qui lui permet juste de vivre avec son épouse, je lui ai dit : « Attention, vous allez gérer deux restaurants, avec la même clientèle et sur le même marché, ça me parait délicat. » Je lui ai donc recommandé de bien réfléchir avant d'aller plus loin et je lui ai proposé que l'on se voit pour envisager le projet sur l'aspect financier, mais aussi organisationnel.

Quelles sont les difficultés de votre métier ?

Quand on est expert, il faut réussir à tout dépassionner et à conserver un regard neutre. C'est ce qu'attendent les entrepreneurs. Parfois, ça ne fait pas plaisir car on ne dit pas aux gens ce qu'ils veulent entendre. Le restaurateur qui m'a appelé, je pense qu'il aurait aimé que je lui dise que c'était une idée géniale. Ça l'était peut-être, mais au préalable, il fallait qu'il sécurise l'existant avant d'aller plus loin.

Comment vous êtes-vous constitué cette expérience et cette connaissance du tissu économique local ?

Initialement, j'étais conseiller ATH (Assistant technique à l'hôtellerie) mais mon directeur de l'époque m'a rapidement permis de passer également sur le volet études, en complément de mes missions d'ATH. Il est évident que le volet études m'a permis de bien connaitre l'environnement de l'Allier et de mieux appréhender le tissu économique. J'ai notamment participé à une grosse opération sur l'Auvergne qui consistait à géolocaliser toutes les entreprises. Je pilotais la partie Moulins / Vichy. Il a fallu que je me déplace sur tout le terrain car à l'époque on devait utiliser un GPS et pointer chaque établissement. Ça m'a permis de bien connaître le tissu local. Ensuite, j'ai glissé sur l'accompagnement des activités de services aux entreprises et sur d'autres missions comme l'accompagnement des projets d'innovation et même l'industrie. A chaque fois, ça m'a obligé à me remettre en question, à évoluer et, finalement, ça m'a permis d'affiner mon expertise. En fait, je suis intervenu auprès des trois familles : commerce, service et industrie. Le fait de ne pas rester sur de la mono-tâche et sur un seul secteur d'activité m'a beaucoup apporté. A côté de ça, je suis curieux et passionné de photo donc j'ai vadrouillé sur l'Allier et acquis une bonne connaissance du terrain. Autre point important : après avoir vécu longtemps dans l'Allier, je n'y habite plus depuis 5 ans, ce qui, je pense, me permet d'avoir un regard extérieur, de prendre de la distance et surtout de voir, surtout que contrairement à ce que j'entends trop souvent, l'herbe n'est pas plus verte ailleurs.

Qu'est-ce qui vous plaît dans votre métier au quotidien ?

Ce qui me plaît, c'est la diversité. J'ai la chance d'exercer des missions très variées. Je n'ai jamais deux journées identiques ! Ce que j'apprécie aussi, c'est l'expertise que nécessite mon travail. Dans toutes les problématiques que l'on rencontre, on est obligés de faire appel à notre expertise ou à celle de nos collègues ou partenaires. Enfin, j'apprécie les rencontres humaines. Quand on travaille avec des gens passionnés, des entrepreneurs motivés, ça donne un coup de boost.