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Publié le 05/02/2019

Gilets jaunes : le Gouvernement annonce le déblocage d'une aide spécifique pour les commerces victimes de dégradations

Face à l'ampleur des dégradations causées dans les centres-villes en marge des manifestations des gilets jaunes, le Gouvernement débloque une enveloppe de trois millions d'euros pour aider les commerces et boutiques d'une dizaine de villes particulièrement impactées par les saccages.

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« C'est un moment économiquement mais aussi humainement difficile à vivre pour les commerçants ». A la faveur d'un déplacement à Bordeaux, vendredi 1er février, le Premier Ministre, Edouard Philippe partit à la rencontre des commerçants du centre-ville, a ainsi commenté la situation pénalisante et épuisante que vivent les commerçants, cafetiers, restaurateurs, hôteliers et entreprises de services situés sur le parcours des manifestations à répétition des gilets jaunes. Le Premier ministre a annoncé, à cette occasion, la mise à disposition d'une dizaine de collectivités locales parmi les plus touchées par les violences et dégradations commises par des casseurs d'une enveloppe de trois millions d'euros.

Cette enveloppe spéciale viendra abonder les fonds de soutien aux commerçants que plusieurs communes (Bordeaux, Paris notamment) ont déjà mis en place pour aider ces derniers à faire face à leurs problèmes de trésorerie causés par l'effet cumulé d'une baisse de fréquentation et, donc, de chiffre d'affaires et par le coût des dégradations de leur boutique ou établissement. Pour soulager la trésorerie des commerçants, la mairie de Paris les a ainsi exonérés de taxes (droits de terrasse, droits de place sur les marchés non tenus à cause des manifestations).

Une décision qui peut soulager la situation des commerçants indépendants installés dans les territoires visés mais qui « risque d'écarter un bon nombre de zones ou le commerce a été touché » regrette Pierre Goguet, Président de CCI France. C'est la raison pour laquelle le réseau des CCI plaide, dans une interview à la tribune.fr, « pour une exonération de cotisations sur un trimestre et pas seulement un étalement ».  Une demande justifiée par un constat : « les commerçants vont devoir rembourser alors qu'on estime que les deux tiers n'auront pas rattrapé leur chiffre d'affaires ».

Une franchise unique

Si la liste des territoires « bénéficiaires » de cette aide n'est pas encore connue, la destination de ce fonds a été précisée. Il servira à financer des actions collectives ou des animations commerciales quand le calme sera revenu. Des initiatives qui devraient participer d'une reprise d'activité tant attendue par des commerçants qui accusent déjà une baisse de chiffre d'affaires oscillant, selon les cas, entre 20 % et 50 % depuis la mi-novembre 2018. Comme le résumait, vendredi 1er février, Laurent Menanteau, propriétaire d'une agence de voyage, cours Alsace Lorraine à Bordeaux : « le chiffre d'affaires perdu ne pourra plus se rattraper, l'essentiel étant maintenant de ne pas en perdre plus ».

Autre décision annoncée par le Premier ministre : un accord a été trouvé avec les compagnies d'assurance pour que ces dernières n'appliquent qu'une franchise unique aux entreprises victimes des dégradations à répétition durant la période des manifestations.

Ces annonces s'ajoutent aux six mesures du plan gouvernemental d'accompagnement des entreprises présenté début décembre. Les partenaires des commerçants – banques, experts comptables, CCI…. – sont mobilisés aux côtés des commerçants pour les aider à s'approprier et à mettre en œuvre ces dispositions. Et leur permettre ainsi d'affronter cette épreuve difficile avant le retour au calme et à une vie économique normale tant espéré.