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Publié le 28/03/2019

Grande consultation des entrepreneurs : des chefs d'entreprise confiants et en attente de réformes

A l'issue de la consultation nationale du grand débat, les chefs d'entreprise sont en attente de réformes particulièrement en matière de fiscalité. L'optimisme et la confiance dont ils font preuve en ce moment ne sont pas atteints par la menace d'un « Brexit dur » dont ils ne craignent pas, majoritairement, les conséquences pour l'économie française.

La réforme de la fiscalité, une priorité ! Une majorité de chefs d'entreprise (57%) interrogés en mars par l'institut de sondage Opinion Way pour le compte de CCI France, La Tribune et LCI place en tête de leurs attentes vis-à-vis du Gouvernement « une remise à plat de la fiscalité des entreprises ». Ils sont plus du tiers (34%) à considérer également que la fiscalité des ménages nécessiterait, elle aussi, d'être revue entièrement. Des résultats en cohérence avec ceux d'un sondage Odoxa, France Info et Le Figaro de janvier dernier qui relevait que 82 % des français attendaient du grand débat des décisions en matière de fiscalité et de dépenses publiques.

Les entreprises de la construction, secteur très concurrentiel et à forte utilisation de main d'œuvre, sont massivement demandeuses d'une refonte de la fiscalité des entreprises. 72 % des professionnels de la construction sont demandeurs de réforme dans ce domaine quand les entreprises des autres secteurs ne partagent cet avis que dans des proportions oscillant entre 47 % et 51 %.

Les actions prioritaires du Gouvernement selon les chefs d'entreprise

Même si elle a été inégale selon les territoires et les classes d'âges (beaucoup de retraités, moins de jeunes), la participation des français au grand débat a été massive : près de deux millions de contributions, environ 10 500 réunions locales, 16 000 cahiers de doléances remplis et 10 000 courriers et emails adressés (source : le grand débat).

Les entrepreneurs ont, eux aussi, eu l'occasion de prendre part à ce grand débat qui s'est déroulé pendant deux mois, du 15 janvier au 15 mars 2019. Leurs opinions exprimées lors des 96 débats organisés par les CCI qui ont accueilli 5000 participants confirment les résultats du sondage. La moitié des 2000 propositions formulées a porté sur la fiscalité. Les entrepreneurs ont notamment insisté sur la diminution nécessaire et préalable de la dépense publique avant toute baisse de la fiscalité. Les « chefs d'entreprises-citoyens » ont aussi exprimé le souhait de plus de pédagogie et de transparence dans la décision publique en matière de fiscalité (propositions à retrouver sur notre site).

Les autres réformes gouvernementales actuellement en préparation ont-elles eu une influence sur les réponses des sondés ? Les résultats de la grande consultation des entrepreneurs pourraient le laisser penser. La réforme des retraites (mission en cours du Haut-Commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye) arrive en deuxième position des attentes des chefs d'entreprise avec 38 % d'avis exprimés quand celle de l'assurance chômage recueille 31 % des attentes.

Inversement, l'actualité européenne (élections du mois de mai et sortie annoncée du Royaume-Uni de l'UE) n'a pas eu d'impact sur les réponses des entreprises. A peine un quart des répondants (24 % exactement) appellent de leurs vœux une réforme du fonctionnement de l'Union Européenne pourtant largement envisagée par les candidats au prochain suffrage européen.

Les réponses des pouvoirs publics aux revendications des gilets jaunes

Le mouvement des gilets jaunes a mis en exergue une fracture sociale mais aussi largement territoriale (les territoires ruraux et péri-urbains considérés comme « relégués » ou « oubliés »). Les entrepreneurs interrogés par Opinion Way n'ont pas exprimé, majoritairement, l'urgence de réforme visant à lutter contre ce qui a été présenté comme des inégalités de développement. La nécessité de renforcer la présence physique des services publics dans les territoires ne recueille que 31 % des avis et celle d'investir dans les infrastructures clefs dans les territoires les moins favorisés, 29 % des opinions. C'est l'accélération de la décentralisation pour faciliter les initiatives locales qui est la solution considérée comme la plus prioritaire (par 39 % des répondants).

Autre sujet phare de l'actualité économique et européenne, les discussions qui s'éternisent sur les conditions de sortie des britanniques de l'Union Européenne (UE) inquiètent-elles les chefs d'entreprise ? Et quelles conséquences, positives ou négatives, pour l'économie française pressentent-ils d'une sortie sans accord du Royaume-Uni de l'UE ?

Les conséquences pronostiquées d'un Brexit dur pour l'économie française

Là aussi, les résultats du sondage peuvent surprendre. Interrogés le mois dernier, ils étaient 60 % à craindre des conséquences négatives d'un « Brexit dur » ; ils ne sont plus que 36 % du même avis. Les interdépendances des deux économies peuvent pourtant inquiéter. 30 000 entreprises françaises exportent au Royaume-Uni (sans compter les entreprises impliquées indirectement par ces exportations). Le marché britannique est le sixième marché international de la France. Notre pays ferait partie des six pays européens potentiellement les plus touchés par le Brexit (selon le cabinet Euler Hermès).

Un entrepreneur sur deux pense que cette sortie des britanniques de l'UE se fera sans conséquences pour notre économie. Un résultat à rapprocher de celui de la grande consultation du mois dernier. Les chefs d'entreprise, à 78 %, ne se déclaraient pas inquiets du Brexit pour leur entreprise.

Une minorité (12 %) s'attend même à des effets positifs de ce départ de l'Union Européenne envisageant sans doute des relocalisations de sites, des réaffectations d'activité (Paris bénéficiant de la baisse d'attractivité de la City de Londres) et des choix d'implantation d'entreprises étrangères sur notre territoire au détriment d'un choix britannique.

Les raisons de pronostiquer des conséquences négatives

Les entreprises inquiètes des conséquences de la sortie du Royaume-Uni de l'UE citent en premier lieu les impacts négatifs pour les échanges et le commerce (39 %) devant les ralentissements et complications du fait des contrôles douaniers (16 %) et, pour 12 % d'entre elles, les freins touristiques et à la mobilité des personnes (pour le travail, les études ou les vacances).

A noter que plus globalement, 22 % des entrepreneurs pointent du doigt l'impact négatif global de cette décision pour l'Europe et pour l'avenir des européens. 16 % des sondés regrettent la fin d'une longue histoire commune qui a permis de rapprocher les deux peuples.

Ces questions d'actualité ne minent visiblement pas le moral des chefs d'entreprise. L'indicateur d'optimisme poursuit son redressement continu depuis trois mois. Avec un indice de 106, il gagne 10 points en un mois.

L'état d'esprit actuel

La confiance (60 %) et l'optimisme (49 %) qualifient le mieux l'état d'esprit actuel des entrepreneurs. Le premier qualificatif progresse de 9 points quand le second fait un bond spectaculaire de 27 points retrouvant son niveau précédant le déclenchement de la crise des gilets jaunes. Les conséquences économiques de ce mouvement de contestation pour l'activité commerciale et touristique, et ses débordements (un coût de 200 millions d'euros enregistré par les assureurs) ne remettent visiblement pas en cause le bon état d'esprit actuel des entrepreneurs. La relance de la consommation (prime aux salariés du début d'année), les signes de reprise de l'économie et les prévisions de l'INSEE d'une baisse du chômage en 2019 les confortent, sans doute, dans leur optimisme pour cette année. 58 % des entrepreneurs considèrent que la situation actuelle est favorable (+ 6 points par rapport au mois dernier).

Les niveaux de confiance
Perspectives 12 prochains mois

Cette confiance est visiblement solide : 82 % des entrepreneurs se déclarent confiants sur les perspectives des 12 prochains mois pour leur entreprise, en progression de 12 points par rapport au mois de février. Ce niveau de confiance est quasiment au plus haut (83 % étant le plus haut score jamais enregistré) depuis le lancement du baromètre. La confiance dans les perspectives de l'économie française reste, en revanche, toujours faible (33 % en baisse de deux points sur un mois). La sortie de la crise des gilets jaunes permettra-t-elle de dégager l'horizon ?

A découvrir l'intégralité des résultats de la vague de mars 2019 de la Grande Consultation des Entrepreneurs

(1) Sondage Opinionway réalisé par téléphone auprès de 606 dirigeants d'entreprise entre le 18 et le 22 mars 2019 dans le cadre de la Grande Consultation des entrepreneurs.
 

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