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Publié le 06/06/2019

L'école MoPA, « mettre en synergie les compétences des étudiants »

À l'occasion du festival international du film d'animation d'Annecy, CCI France vous fait découvrir les écoles du réseau des CCI spécialisées dans les métiers du cinéma d'animation à travers une série d'articles et de témoignages. Direction Arles, où se trouve l'école MoPA.

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C'est à Arles, ville d'art et de photographie, à deux pas de la tour futuriste de la Fondation Luma, que se trouve MoPA. L'histoire de l'école du film d'animation et de l'image de synthèse d'Arles est liée à celle de Rubika, anciennement Supinfocom Valenciennes, fondée en 1988. En 2000, l'école du nord de la France essaime en Camargue donnant naissance à Supinfocom Arles, sous la tutelle de la CCI du Pays d'Arles. En 2015, Supinfocom Arles se détache de sa grande sœur et devient MoPA (pour Motion Picture in Arles). En 2017, elle rejoint le CIPEN, le cluster d'innovation pédagogique et numérique rassemblant des formations de la CCI du Pays d'Arles.

À MoPA, quelque 200 étudiants suivent une formation intense et très complète, à l'issue de laquelle l'établissement leur délivre un diplôme niveau bac +5.

« Les étudiants doivent acquérir un grand nombre de compétences. À la fois artistiques, cinématographiques et techniques… »

Anne Brotot, directrice de MoPA

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Des apprentissages techniques et artistiques

Dessin, sculpture, stop motion, 3D, écriture scénaristique… : un vaste programme ! Les étudiants n'ont pas le temps de s'ennuyer, d'autant que les projets s'enchaînent. Ils réalisent 6 ou 7 films différents au long de leur scolarité. La plupart des projets sont menés en groupe. « L'animation c'est une chaîne technique et artistique, rappelle Anne Brotot. Cela fait appel à de nombreux métiers et savoir-faire. Nous mettons donc en synergie les compétences des étudiants pour se rapprocher de la réalité du monde professionnel. » D'où l'importance, soulignée par l'ensemble de l'équipe pédagogique, du savoir-être et de l'aptitude à travailler en équipe.

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Concrètement, la formation s'organise en plusieurs étapes. Les trois premières années sont consacrées à l'apprentissage du processus de fabrication d'un film (scénario, storyboard, décors, animation, montage etc.). En troisième année, les étudiants doivent réaliser seuls un court-métrage afin de s'assurer qu'ils en maîtrisent chacune des étapes. Enfin, pour les deux années restantes, ils se spécialisent et approfondissent un domaine. Deux axes leur sont proposés : l'un est lié à l'animation (animer, mettre en mouvement, donner vie à un personnage), l'autre à l'image (ambiance, effets spéciaux). Durant leur scolarité, les étudiants sont encadrés par de nombreux intervenants : notamment des professeurs de dessin, d'histoire de l'art, de photographie… et des professionnels venus des studios français ou étrangers qui assurent les apprentissages techniques.

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En route vers les festivals

Pour clôturer leur parcours, les étudiants passent devant un jury de professionnels. « Au mois de juin, nous organisons un grand événement où nous projetons les films sur grand écran dans le théâtre antique, devant un public d'environ 2000 personnes, explique Catriona Murray, responsable des relations internationales. Nous invitons les grands studios français et internationaux à visionner les films et à les noter ». Un avant-goût des festivals dans lesquels nombre de ces courts-métrages sont ensuite présentés.

Afin de valoriser les productions de ses élèves, l'école fait appel à un prestataire qui gère la distribution des courts-métrages : inscriptions dans les festivals et accompagnement des étudiants.

« L'école, on la connaît par les films et les prix remportés dans les festivals, explique la directrice de MoPA. Nous accompagnons donc les étudiants au-delà du diplôme, dans la vie de leur film. »

Une ouverture vers l'international

L'école arlésienne porte dans son ADN son ouverture sur le monde. Classée troisième meilleure école de cinéma d'animation du monde par l'Animation Career Review en 2019, elle accueille de plus en plus d'étudiants internationaux. « Nous accordons de l'importance au brassage culturel et artistique, affirme Anne Brotot. Beaucoup de studios sont d'ailleurs intéressés par ce qu'il se passe dans l'école ». Catriona Murray, responsable des relations internationales est spécialement chargée de sélectionner, accueillir et accompagner ces jeunes. 

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Londres, New York… À l'inverse, il n'est pas rare qu'à peine diplômés les anciens élèves s'envolent vers de prestigieux studios à l'étranger. Mais il existe aussi des débouchés en France. En plein développement, la filière recrute de plus en plus. « Le Centre national du cinéma et de l'image animée a mis en place un système d'incitations fiscales destiné à relocaliser les productions en France, rappelle la directrice de MoPA. Cela a un effet direct sur la croissance et l'emploi dans la filière. »  L'école est par exemple en lien avec le studio Dwarf, installé à Lattes près de Montpellier, et qui a récemment signé deux contrats avec Disney et Netflix.

Les carrières de l'animation, « de vrais métiers »

Les jeunes, eux, sont de plus en plus nombreux à être séduits par les carrières de l'animation enfin considérées comme « de vrais métiers ». « Les jeunes se préparent et arrivent parfois avec des dossiers impressionnants, se réjouit Anne Brotot. Ils dessinent, se renseignent, regardent…» Et Catriona Murray de conclure : « Chacun apporte son propre monde, sa propre vision artistique et personnelle. C'est vraiment passionnant de rencontrer des jeunes gens avec un tel talent et une telle motivation. »

Pour en savoir plus :


Documentations et sources :

CIPEN

CCI du Pays d'Arles