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Publié le 05/06/2019

La mobilité durable, un enjeu pour la vie de l'entreprise

Concept apparu dans les années 1990, la mobilité durable est composée d'une dimension environnementale, économique et sociale. Les entreprises ont un rôle majeur à jouer dans la transition vers ce type de mobilité.

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La notion de mobilité durable, apparue dans les années 1990, s'appuie sur trois piliers : environnemental, économique et social. Ces trois notions même qui définissent le développement durable.

« L'idée est d'avoir une mobilité qui contribue à la préservation de l'environnement, au développement économique et qui participe à la réduction des inégalités sociales en rendant effectif le droit à la mobilité ... »

« ... celui-ci est inscrit dans la Loi d'orientation des transports intérieurs, depuis 1982 », décrypte Patricia Lejoux, chercheuse au Laboratoire Aménagement Economie Transports, à l'École nationale des travaux publics de l'État (ENTPE).

Le terme d'écomobilité, parfois employé, désigne la mobilité envisagée uniquement sous l'aspect environnemental. C'est d'ailleurs cet aspect qui a surtout été privilégié par les pouvoirs publics. « Longtemps, on ne s'est pas préoccupé de la question économique et sociale car l'essence n'était pas chère et que la plupart des gens avaient accès à l'automobile, analyse Patricia Lejoux. Mais nous voyons bien qu'avec la précarisation des trajectoires professionnelles, les contraintes résidentielles et la fluctuation des prix du carburant, les enjeux sociaux liés à la mobilité deviennent un sujet important ».

Une évolution positive dans les grandes métropoles

Mais où en sommes-nous dans la transition vers une mobilité durable ? « On observe des évolutions positives dans les grandes métropoles françaises, avec une réduction de l'usage de la voiture, le développement des mobilités actives (vélos, marche, trottinette…), de l'autopartage et du covoiturage, note Patricia Lejoux. En revanche, les constats sont moins positifs dans les territoires périurbains, les villes moyennes et les petites villes où la population reste très dépendante de l'automobile car il n'existe pas forcément d'alternative. »

Pour atteindre une mobilité plus durable tous les acteurs doivent s'engager. « Tout le monde est concerné par ces enjeux, considère la chercheuse. Les pouvoirs publics, les entreprises, les citoyens. » Il n'existe en revanche pas de recette miracle applicable à tous les territoires. « Il faudrait parvenir à offrir une gamme de solutions de mobilité à disposition des gens. Celles-ci ne seront pas les mêmes selon les types de territoires et les niveaux de revenus des ménages. »

Un rôle à jouer pour les entreprises

Les entreprises font partie des acteurs ayant un rôle à jouer dans la transition vers une mobilité durable. Au début du XXème siècle, elles étaient d'ailleurs très investies sur ce sujet, rappelle Patricia Lejoux : « Pour faire venir leurs ouvriers, elles réfléchissaient à ces questions de déplacements en mettant en place des services de ramassage. » Mais à partir des années 1960, avec la diffusion de l'automobile et l'éparpillement résidentiel, le sujet des déplacements domicile-travail a glissé dans la sphère privée.

« Pourtant, aujourd'hui, on constate que l'entreprise est de plus en plus interpellée sur la question de la mobilité. Elle est concernée du point de vue de sa responsabilité sociale et environnementale et de son image, mais aussi de son fonctionnement pour cause de problèmes de recrutement et de turn-over », souligne la chercheuse. Auparavant, les entreprises industrielles, par exemple, étaient localisées en périphérie des villes mais cela ne posait pas de problème car les salariés avaient des voitures. Aujourd'hui, les fluctuations des prix du carburant font que la mobilité domicile-travail pèse davantage sur les budgets. Ce qui peut engendrer un problème de recrutement de main d'œuvre.

 « Réfléchir à la question de la mobilité constitue un enjeu de la vie de l'entreprise car elle est ancrée dans son quotidien et que tout monde peut y gagner »

résume Patricia Lejoux

Depuis le 1er janvier 2018, toute entreprise regroupant plus de 100 salariés sur un même site, doit élaborer un plan de mobilité pour favoriser l'usage des modes de transport alternatifs à la voiture individuelle. Considéré comme un projet d'entreprise, il concerne tous les déplacements liés aux activités professionnelles (domicile/travail, transport de marchandises, déplacements professionnels des collaborateurs, clients, visiteurs, partenaires, fournisseurs…).

Par ailleurs, une disposition de la Loi d'orientation des mobilités, actuellement examinée par les parlementaires, pourrait obliger les employeurs et salariés à inscrire la mobilité domicile-travail et les déplacements professionnels comme l'un des thèmes à aborder lors des négociations annuelles obligatoires dans les entreprises d'au moins 50 salariés.

Exemples de mesures pouvant être mises en place par les entreprises.

  • Promouvoir le vélo : installer un local vélo, des douches, mettre en place indemnité kilométrique vélo…

  • Encourager l'utilisation des transports publics : augmenter la participation financière aux abonnements, créer une navette d'entreprise, négocier avec les opérateurs de transport une adaptation des fréquences et dessertes…

  • Mettre en place un service d'autopartage pour mieux gérer les déplacements professionnels

  • Inciter au covoiturage : en créant des places réservées aux covoitureurs, en proposant un chèque covoiturage, en organisant la mise en relation interne ou interentreprises, en autorisant l'usage de la flotte de véhicule d'entreprise pour organiser un circuit entre les salariés.

En évitant à leurs salariés les pertes de temps et les trajets inutiles, les entreprises peuvent espérer des gains de productivité. Pour cela, elles peuvent par exemple proposer une ou deux journées de télétravail, autoriser leurs collaborateurs à travailler depuis des tiers-lieux ou à décaler leurs horaires. Repenser la mobilité de leurs salariés peut aussi leur permettre de réaliser des économies, en limitant les frais de déplacement et les coûts de stationnement. En améliorant le bien-être de leurs salariés, et en valorisant leur image, elles gagnent en attractivité pour le recrutement d'employés qualifiés et l'acquisition de nouveaux clients.

CCI France et les CCI sont engagées sur la thématique de la mobilité durable. Dans les chambres de commerce et d'industrie, les conseillers mobilité et / ou développement durable peuvent accompagner l'élaboration des plans de mobilité pour les entreprises ou inter-entreprises.

Pour en savoir plus

Le guide
Un plan de mobilité dans mon entreprise

Le rapport
« Gagner en performance et réussir le passage à l'écomobilité pour les décideurs publics et privés »
de l'ADEME en partenariat avec CCI France

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