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Publié le 19/01/2021

Addidream : start-up limougeaude de la medtech

Fondée à Limoges fin 2017 par deux associés, Addidream conçoit des outils au service du monde médical, via la technologie 3D. Le mot d'ordre de la start-up ? L'innovation, pour sécuriser l'acte chirurgical, au bénéfice des acteurs de la santé et des patients.

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Ils se sont rencontrés étudiants à Limoges, et sont aujourd’hui associés, à la tête d’une medtech* limougeaude. Clément Muhle et William Allaine ont tous deux étudié à l’École nationale supérieure d’ingénieurs de Limoges avant de créer leur entreprise industrielle en décembre 2017. « Nous avons initié un projet au sein de l’école via un concours, se souvient Clément Muhle. Il nous a permis, lors de notre dernière année, d’avoir une proposition d’incubateur limougeaud. Au départ, nous étions partis sur une activité en lien avec la matière première de l’impression 3D, puis nous avons rencontré l’entreprise I.CERAM(ndlr. spécialiste des implants innovants en céramique biocompatibles, implanté à Limoges) qui nous a proposé d’associer 3D et médical. »

Clément Muhle

La technologie 3D au service du geste chirurgical

Constatant que la 3D pouvait offrir de nombreuses solutions au monde médical, et à la chirurgie en particulier, les deux jeunes diplômés se lancent dans le développement d’outils qui permettent la sécurisation de l’acte chirurgical et créent Addidream. Trois ans après sa naissance, la start-up de la medtech est en pleine croissance : elle compte deux nouvelles personnes et s’est spécialisée dans deux activités. « Notre première activité consiste à transformer le scanner d’un patient en une maquette tridimensionnelle qui reproduit l’anatomie et la densité osseuse du patient, explique Clément Muhle. Cette maquette, réalisée via la technologie 3D, permet au chirurgien de préparer l’intervention en faisant des simulations, mais aussi d’effectuer des formations. » La seconde activité de l’entreprise limougeaude consiste à développer des instruments chirurgicaux. « Nous concevons des outils personnalisés en fonction du patient à opérer, ou alors mieux adaptés aux besoins du personnel médical, plus fonctionnels et plus ergonomiques, qui facilitent le geste chirurgical », précise l’entrepreneur.

Sa réussite, l’entreprise française la doit à son positionnement et à ses innovations. « Nous sommes les seuls à proposer une offre aussi globale au service du geste chirurgical, explique Clément Muhle. Grâce à nos outils, on peut à la fois répondre à la formation du chirurgien, à la préparation de son acte, mais aussi à l’amélioration de son geste pendant l’intervention. » La société a également développé une technologie innovante qui permet de recréer les propriétés bicomposantes de l’os sur ses maquettes. « Nous avons breveté un procédé qui permet de reproduire la couche corticale, particulièrement dure, de l’extérieur de l’os, et les propriétés un peu spongieuses et friables de l’intérieur de l’os », détaille le président d’Addidream.

Une expertise française appréciée

Pour innover et proposer des objets adaptés aux besoins du secteur médical, Addidream travaille en étroite relation avec la Polyclinique de Bordeaux Tondu. « Le docteur Toullec nous a apporté énormément de connaissances médicales, précise Clément Muhle. Nous travaillons également avec le CHU de Limoges. » Côté équipements, l’entreprise dispose de deux imprimantes 3D, adaptées au plastique et au métal, et d’un parc certifié ISO 13484** qui permet une production à 100% sur le sol français.


Être un acteur français, dont la proximité géographique permet une certaine réactivité, est un gros plus.


Grâce à son savoir-faire différenciant, Addidream compte des clients dans sa région mais aussi à Lyon, dans le Sud-Ouest et dans le bassin parisien, à la fois des hôpitaux et des industriels de l’orthopédie qui fabriquent des dispositifs médicaux. Tous apprécient l’engagement made in France de l’entreprise industrielle. « Être un acteur français, dont la proximité géographique permet une certaine réactivité, est un gros plus, assure Clément Muhle. La crise sanitaire engendrée par l’épidémie de Covid-19 a montré qu’il était important de relocaliser certains éléments stratégiques de la production et de simplifier l’approvisionnement, notamment dans le domaine médical. L’avantage de la 3D c’est qu’elle permet de relocaliser des technologies et de la production, car nous disposons des ressources et des personnes qualifiées sur le territoire français. »

Pour Addidream, la crise sanitaire a été l’occasion de participer à l’élan de solidarité nationale. « Constatant les pénuries de matériels de protection dans les hôpitaux, nous avons réorienté notre outil de production pour fabriquer des visière en plastique, raconte le chef de l’entreprise. Au vu de la forte demande, nous en avons produit plus de 5 000 sur 3 mois ! ». Cet engagement a valu à la jeune pousse de faire partie des lauréats régionaux des Trophées PME RMC 2020 dans le Sud-Ouest. L’initiative, qui a nécessité beaucoup d’adaptations, a permis à l’industriel d’engranger de nouvelles connaissances, même si sa stratégie, pour les années à venir, reste la même : stimuler l’innovation pour permettre au plus grand nombre d’acteurs de la santé de bénéficier de ses produits, en limitant les risques chirurgicaux et en apportant toujours plus de bénéfices aux patients.

* La MedTech désigne toutes les technologies développées au service du monde médical pour soigner, sauver ou améliorer la vie de patients.

** La norme ISO 13485 précise les exigences des systèmes de management de la qualité pour l'industrie des dispositifs médicaux.

Pour en savoir plus :

Liens complémentaires :

L'impression 3d au service de l'industrie