Grande consultation des entrepreneurs : le retour de l'optimisme

Publié le 31/10/2018

Grande consultation des entrepreneurs : le retour de l'optimisme

Après une rentrée maussade, les chefs d'entreprise recouvrent le moral en affichant optimisme et confiance.

 

Les mois se succèdent mais ne se ressemblent pas. Après la chute de confiance des dirigeants d'entreprise le mois dernier quant aux évolutions de l'économie et à l'appréciation de la situation actuelle, l'indicateur d'optimisme du baromètre « la grande consultation des entrepreneurs CCI France/La Tribune/Europe1 » est reparti à la hausse avec un bond de 26 points.
 

l'indicateur d'optimisme du baromètre « la grande consultation des entrepreneurs CCI France/La Tribune/Europe1 »

 

Les chefs d'entreprises interrogés en octobre par Opinionway (*) se déclarent nettement plus confiants (+7 points) et, un petit plus, optimistes (+1). Ce sont,  en premier lieu, les industriels (59 %) devant les professionnels de la construction (56%) qui manifestent le plus clairement cette confiance. À 51 %, ces deux catégories de dirigeants sont également les plus optimistes. Conséquence logique, 56 % des entrepreneurs se disent satisfaits de la situation actuelle, égalant ainsi le plus haut score enregistré depuis le lancement du baromètre.

Les chefs d'entreprises interrogés en octobre par Opinionway

 

Un optimisme qui déteint également sur l'appréciation des perspectives économiques pour les 12 moins à venir. 82 % des dirigeants, en progression de 8 points, affichent un fort sentiment de confiance dans l'avenir de leur entreprise (également quasiment le meilleur résultat du baromètre sur cette question), surtout parmi ceux employant plus de 10 salariés (94% contre 80% pour les moins de 10 salariés).
 

Perspectives économiques pour les 12 moins à venir

 

Les indicateurs économiques, orientés favorablement actuellement, incitent, de la même façon, les entrepreneurs à voir d'un bon œil l'évolution de l'économie dans le monde (57%, en hausse de 19 points) et en France (+18 points à 54%). Des résultats qui, pour autant, ne se traduisent pas par des intentions de recrutement plus marquées. Les sondés, très majoritairement (96 %, +1 point par rapport au mois précédent) entendent seulement maintenir leurs effectifs (3% seulement envisagent d'augmenter le nombre de leurs salariés).

À l'aune des résultats du sondage, force est de constater que la politique économique du Gouvernement est appréciée de façon diverse par les chefs d'entreprise. Logiquement, la baisse de l'impôt sur les sociétés (IS) de 33,3 % à 31 % (2) est considérée comme une « bonne chose » par une majorité des dirigeants, surtout pour leur entreprise à 52%  (contre 30% pour l'économie française). Ce sont très clairement les entrepreneurs des secteurs de la construction (91%) et de l'industrie (79%), et ceux qui sont à la tête d'entreprises de plus de 10 salariés (87% contre 64% pour les moins de 10 salariés), qui apprécient le plus fortement cette mesure.

L'impôt sur les sociétés à travers le monde - Statista
 

La baisse tendancielle de l'imposition des sociétés en Europe est manifeste. Entre 2010 et 2016, les pays européens ont réduit d'un quart leur taux d'IS qui est passé de 32 % à 23% (selon les données de l'OCDE). La France, en retard par rapport à ses concurrents européens sur ce point pour attirer de grandes multinationales et des investisseurs internationaux, a décidé de ramener son taux d'imposition à 25% d'ici 2022.
 

Taux d'imposition à 25% d'ici 2022
 

De même, les entreprises manifestent, mais un peu moins nettement (48% des répondants), leur approbation de la transformation du Crédit d'Impôt Compétitivité Emploi (CICE) et du Crédit d'Impôt de Taxe sur les Salaires (CITS) en allègement de cotisations patronales. Une opinion exprimée plus fortement par les dirigeants d'entreprises de plus de dix salariés et des secteurs de la construction et de l'industrie.

Cette mesure offrira aux entreprises plus de visibilité sur leur trésorerie à court terme. Avec une baisse évaluée à 6 % du salaire brut pour les salariés payés jusqu'à 2.5 smic, cette disposition devrait, comme l'espère le Gouvernement, donner un coup de pouce aux recrutements, et ce, à court terme. De fait, ce sont 19 milliards d'euros que vont engranger les entreprises l'an prochain en raison du double bénéfice cumulé de la ristourne du CICE pour 2018 versée avec un décalage d'une année et des baisses de charges pour 2019.

Et pourtant, interrogées sur leur appréciation de l'impact du budget 2019 sur l'économie, les entreprises sont majoritairement sceptiques (52%). Parmi celles qui en attendent des retombées positives du projet de Loi de Finances pour l'année à venir, c'est d'abord en matière d'investissement (32%) avant la création d'emploi (16% seulement) que les bénéfices sont attendus.
 

Vague octobre 2018
 

Invités à évaluer la priorité des réformes à venir, les dirigeants d'entreprises ont visiblement entendu et été sensibles aux premiers échanges sur la réforme du système des retraites. C'était l'une des mesures phares du candidat Emmanuel Macron pendant la campagne envisageant, notamment, la mise en place d'un nouveau système de calcul des droits à la retraite (par points au lieu des trimestres actuels) et une uniformisation des 42 régimes actuellement existants. Les chefs d'entreprise n'ont pas oublié cette idée de réformer le système de retraite : ils sont 96% à la considérer comme prioritaire ou importante (la réforme la plus attendue du sondage) et la moitié des répondants la considère même comme prioritaire.

Étonnamment, la réforme de l'assurance chômage, qui pourrait se traduire par un contrôle renforcé des demandeurs d'emploi et l'élargissement des droits aux indépendants en liquidation judiciaire, ainsi que, sous certaines conditions, aux salariés démissionnaires, n'est jugée prioritaire que par 28% des chefs d'entreprises interrogés, soit le même niveau que le chantier de la transition écologique et moins que celui du système de santé (35%). Plus logiquement, 14% seulement des dirigeants d'entreprise estiment prioritaire de « pénaliser les entreprises qui abusent des contrats courts via un système de bonus-malus ».

Le projet de Loi PACTE prévoit de soutenir les PME françaises, moins exportatrices que leurs homologues allemandes, dans leurs démarches de développement à l'international. Une mesure a été proposée par les parlementaires : abaisser la durée de mission à l'étranger de 200 à 183 jours minimum pour les jeunes présents dans une PME en tant que Volontaires International en Entreprises (VIE). Cette mesure ne convainc pas les entrepreneurs sondés : ¾ d'entre eux ne l'estiment pas suffisante. En revanche, l'idée de supprimer l'obligation de séjour à l'étranger pour les VIE en PME remporte les suffrages des dirigeants d'entreprise. De façon massive et homogène, ils considèrent que la mesure devrait permettre aux PME de bénéficier de nouveaux talents (96%) de se développer (95%) et aux jeunes diplômés de découvrir l'univers des PME (94%).

 

À découvrir l'intégralité des résultats de la vague de octobre 2018 de la Grande Consultation des Entrepreneurs

(*) Sondage Opinionway réalisé par téléphone auprès de 616 dirigeants d'entreprise entre le 17 et le 24 octobre 2018 dans le cadre de la Grande Consultation des entrepreneurs.

 

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