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Publié le 29/03/2019

monbento réinvente le repas nomade

Née il y a 10 ans au pied de la Chaîne des Puys, à Clermont-Ferrand, monbento adapte les arts de la table au mode de vie nomade. L'objectif : permettre de conserver une alimentation équilibrée même en mangeant sur le pouce et en réduisant les déchets.

Espace naturel extraordinaire, la Chaîne des Puys-faille de Limagne est constituée de 80 volcans. Preuve que ce site géologique est précieux, il a été inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco en juillet 2018. Ecrin de verdure, le Puy-de-Dôme séduit donc les touristes souhaitant pratiquer la détente et les sports de pleine nature. C'est également une terre riche d'histoire, en témoignent notamment le Château de Murol ou l'abbatiale Saint-Austremoine d'Issoire.

Une position centrale

Au cœur de l'Auvergne, ce département jouit par ailleurs d'une position stratégique en matière de réseaux de communication. Il se situe à la rencontre des flux Nord-Sud et Est-Ouest. 650 000 personnes y vivent et sa population est en croissance, contrairement à d'autres départements limitrophes. Près de la moitié des entreprises y opèrent dans les services et engendrent 40 % des emplois de la région. En raison de la situation centrale du territoire, les activités de transport et de logistique sont particulièrement représentées.

Bien que Michelin soit le 1er employeur du département, l'industrie puydômoise est très diversifiée. Plusieurs industries de pointe se démarquent d'ailleurs : pharmaceutique, agroalimentaire, électronique ou encore métallurgique. Les bassins industriels se situent plutôt autour d'Ambert, de Thiers, Riom et Issoire, quand les services sont davantage présents près de Clermont. Le secteur agricole, lui, est plutôt tourné vers les grandes cultures. Enfin, la construction est en croissance constate la CCI Puy-de-Dôme, en raison de nombreux programmes d'investissements publics et privés sur l'immobilier d'entreprises et le logement. Preuve que le département est particulièrement dynamique.

monbento repense le repas à emporter

C'est au pied des volcans, à Clermont-Ferrand, qu'est née l'entreprise monbento. Ses lunch box d'inspiration japonaise aux couleurs acidulées ne passent plus inaperçues. Débarquée sur le marché il y a 10 ans, l'entreprise puydômoise, spécialisée dans les arts de la table nomades, a su se créer un nom.

Tout est parti d'un séjour en Australie de ses fondateurs, Emilie Creuzieux, kinésithérapeute, et Fabien Marret, designer. Ils y ont découvert de nouveaux concepts de restauration : fast food bio, sains et respectueux de la planète. De retour en France, la jeune femme est régulièrement en déplacement et n'a souvent pas le temps de déjeuner. Lui, travaille sur un bento, une boîte à repas japonaise, pour les besoins d'un projet. Cela fait tilt dans l'esprit de son amie qui voit dans cette lunch box la solution à son problème. Elle teste et l'adopte. « En en parlant autour de moi, j'ai compris que mon besoin était aussi partagé par des amis, de la famille, se souvient-elle. J'avais un designer sous la main donc nous nous sommes dit : lançons-nous ! Au bout de 6 mois, nous nous sommes investis à 100 % dans l'aventure. »

Une entreprise ouverte sur le monde

Le premier produit à voir le jour - et à faire la renommée de l'entreprise - est un bento : une boite à deux étages, fermée avec un élastique. Enfant du numérique, monbento commercialise, à l'époque, ses produits uniquement sur son site internet et se bâtit une solide communauté sur les réseaux sociaux. Designés en France, les produits sont, au départ, fabriqués en Chine. « Nous voulions les produire en France mais quand nous avons demandé les premiers devis, cela multipliait les prix par 8. » Mais, constatant que « les usines françaises ont innové et sont devenues compétitives », monbento a relocalisé récemment en France, et particulièrement en région Auvergne-Rhône-Alpes, la production de son bento phare (MB Original).

Une décennie après sa création, la jeune pousse a bien grandi. Ses produits astucieux ont désormais aussi une place dans les boutiques de revendeurs. L'entreprise, qui a accueilli en 2018 le groupe Peugeot Frères Industrie au capital, réalise un chiffre d'affaire de 8 millions d'euros et emploie 35 personnes. Actuellement, 70% des marchandises partent à l'export, vers 76 pays. L'international a toujours fait partie de l'histoire de monbento qui s'est fait accompagner à ce sujet par la CCI Puy-de-Dôme. L'Allemagne, la Suisse et la Belgique ont particulièrement fait bon accueil aux produits de la société clermontoise.

Innover pour se démarquer

Désormais, le premier pays de vente est la Chine. « Les Chinois adorent les marques françaises et tout ce qui est lié à la restauration », constate Emilie Creuzieux. La jeune entreprise française a donc trouvé sa place sur un marché très concurrentiel. « Il existe de très grosses marques américaines et britanniques, confirme la jeune femme. Mais elles sont très vieillissantes et pas vraiment tournées vers les nouvelles façons d'innover et de communiquer. Nous avons donc un temps d'avance sur elles. »

Animée par la volonté de promouvoir une alimentation saine et la réduction des déchets, monbento a décliné au fil des ans ses lunch box en plusieurs gammes et imaginé de nombreux accessoires : couverts, gourdes, sac isothermes… L'entreprise puydômoise met également l'accent sur le secteur de l'enfance et développe des produits (boîte goûter, boîte repas…) spécialement adaptés.

Gérer l'hypercroissance

Malgré le succès, les dirigeants de monbento sont conscients que l'enjeu est de ne pas s'éparpiller. « Nous focalisons nos stratégies sur certains secteurs, certains pays. Je pense qu'il faut savoir concentrer ses forces et faire les choses les unes après les autres, tout en restant agile », estime Emilie Creuzieux. La jeune chef d'entreprise reconnaît que le développement de l'entreprise ne s'est pas fait sans difficulté. « A un moment donné, nous avons rencontré des problèmes liés à la trésorerie. Nous étions en hypercroissance donc nous avions besoin de beaucoup de stocks. Il nous a fallu renégocier nos échéances », explique-t-elle. Elle incite donc les entrepreneurs à mettre en place des solutions préventives pour anticiper ce genre de difficultés : « J'ai découvert, après, qu'il existe des acteurs externes, des conciliateurs qui peuvent apporter des outils pour prévenir ces problèmes. Si on a peur d'en parler à son banquier, les chambres de commerce peuvent nous aiguiller. »

Kinésithérapeute de formation, Emilie Creuzieux fait partie de ces entrepreneurs autodidactes qui prouvent que tout est possible : « Dans les métiers de la santé, on n'apprend pas le commerce ni le commerce international, reconnaît-elle. Mais, pour autant, chacun peut être entrepreneur ! Il faut simplement aller chercher l'information, essayer de comprendre et se faire conseiller. »