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Publié le 21/05/2019

Masson Polyfroid : Permettre aux commerçants de prendre la route

Installée dans le Grand Est, région réputée pour son industrie automobile, l'entreprise Masson Polyfroid fabrique des camions magasin à destination des professionnels des métiers de bouche.

S'il y a bien une région française située au cœur de l'Europe, c'est celle-ci. Avec 800 km de frontières partagées avec quatre pays (Allemagne, Belgique, Luxembourg et Suisse), la région Grand Est affiche une identité profondément européenne. Faut-il rappeler qu'elle accueille le Parlement européen à Strasbourg ?


Dotée de 10 départements, de 5,5 millions d'habitants et d'un PIB de 152 milliards d'euros, la région n'a pas de « grand » que le nom. Ses produits de luxe, comme le champagne, la verrerie ou la cristallerie, sont réputés dans le monde entier.


Son tissu économique, lui, est composé de 400 000 entreprises œuvrant dans de secteurs particulièrement compétitifs : l'agroalimentaire (1er employeur de la région), les machines industrielles et agricoles, les produits chimiques et pharmaceutiques, les produits métallurgiques et mécaniques et l'industrie automobile. Grâce à ces industries, le Grand Est se classe comme deuxième région française exportatrice.

Des camions magasin pour commerçants ambulants


Installée en Meurthe-et-Moselle, l'entreprise Masson Polyfroid est un carrossier d'un genre un peu particulier. Depuis 65 ans, elle fabrique des « camions magasin » dans son atelier de Jarny. Ces véhicules sur-mesure sont destinés principalement aux métiers de bouche vendant en tournées ou sur des marchés. Bouchers, boulangers, fromagers ou autre foodtruck : à chacun son camion adapté !


« Nous achetons d'abord une base roulante chez des constructeurs comme Renault, Citroën ou Mercedes, détaille Adeline Masson-Thomas. À partir de cette cabine et du plateau à l'arrière, nous construisons tout le reste : la cellule magasin, la vitrine réfrigérée, les meubles, l'aménagement… ». L'entreprise assure donc un certain nombre de métiers très différents : carrosserie, menuiserie, peinture, travail du polyester et du froid, électricité… Au total, il faut compter entre 1000 et 1200 heures de travail par véhicule. Ce savoir-faire rare et d'exception acquis pendant 65 d'expérience a été reconnu en 2014 par le Label entreprise du patrimoine vivant.

Masson Polyfroid en vidéo


Une histoire de famille


Créée en 1954 par Roger Masson, l'entreprise a ensuite été gérée par ses trois enfants avant d'être reprise, en 2008, par sa petite-fille Adeline Masson-Thomas et son mari. « Nous étions tous deux ingénieurs salariés et avions la volonté d'entreprendre, d'avoir une société où nous pourrions nous réaliser au quotidien et observer concrètement le résultat de notre implication », se rappelle Adeline Masson-Thomas. Ne se sentant pas l'âme de créateurs d'entreprise pour autant, le couple cherche une affaire à reprendre dans le secteur industriel.


Or, l'entreprise familiale Masson Polyfroid, en Lorraine, cherche un repreneur. « Nous étions au tout début de la crise économique donc les conditions étaient tendues, se souvient la dirigeante. Mais nous avons bien ficelé notre plan de reprise, sommes arrivés avec un apport conséquent de trésorerie et avons été bien accompagnés, donc cela s'est bien passé. »


Une fois à la tête de l'entreprise, le couple commence par mettre en place une pub Adwords sur Google afin que son site soit mieux visible. Une décision qui a été décisive pour la poursuite de l'activité familiale. En 2013, les dirigeants créent une autre société, Masson Polyfroid Location, qui propose des véhicules professionnels à la location. « Cela nous permet de capter d'autres clients, explique Adeline Masson-Thomas. C'est un apporteur d'affaires pour Masson Polyfroid. » En 2018, l'entreprise a réalisé de gros investissements pour racheter les bâtiments dans lesquels elle est installée. De nouveaux bureaux, prêts prochainement, lui permettront de mieux recevoir ses clients.


La publicité en ligne est un apporteur d'affaires en ciblant de nouveaux clients.

Une entreprise en croissance


Aujourd'hui, Masson Polyfroid emploie 15 salariés et cherche encore à embaucher. Elle produit, chaque année, entre 15 et 20 véhicules neufs et une vingtaine de véhicules d'occasion. Un nouveau commercial vient de rejoindre l'équipe dans une perspective de développement afin de capter de nouveaux marchés. La PME devrait donc clôturer son exercice 2019 en hausse, avec un chiffre d'affaires autour de 2 millions d'euros, soit 30% de plus qu'en 2018.


L'entreprise reste pour l'instant orientée principalement vers le marché français. « 70% de nos clients sont installés dans le grand quart Nord-est, constate la dirigeante. Nous avons réalisé quelques ventes épisodiques à l'étranger mais nous pensons que nous avons beaucoup à faire sur le marché français, où nous sommes la plus ancienne entreprise à opérer dans ce secteur de niche. »

Se tourner vers le futur


Depuis quelques années, les dirigeants de Masson Polyfroid ont orienté le développement de leur entreprise vers l'industrie du futur. « Nous sommes en train de travailler sur notre process pour améliorer notre productivité, explique Adeline Masson-Thomas. Nous cherchons notamment à gagner du temps dans l'organisation de l'atelier, la gestion des approvisionnements… afin de sortir plus de véhicules ». L'entreprise est accompagnée dans cette démarche par le Conseil régional et la CCI Meurthe-et-Moselle.


Par ailleurs, elle a suivi la Méthode d'amélioration de performance : CCI MAP. « Il s'agit d'un scan de l'entreprise sur tous les volets : production, finances, RH etc., à l'issue duquel on obtient un score qui permet de se situer par rapport à d'autres entreprises, détaille la chef d'entreprise. Je trouve cela intéressant. Nous sommes très ouverts à l'idée d'identifier nos marges de progrès. »

Dans contexte économique et politique qui varie régulièrement, Adeline Masson-Thomas insiste sur la nécessité de s'adapter rapidement.

« Quand on entreprend, il faut être flexible. Il faut toujours rester à l'écoute de son marché. C'est à nous de nous adapter à nos clients et non pas l'inverse. »