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Interviews

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 Taxe d'apprentissage 

Les CCI réitèrent leur attachement à la libre affectation de la taxe d’apprentissage

 

Thierry Repentin, ministre délégué en charge de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage, travaille sur une nouvelle réforme concernant la taxe d’apprentissage. Les mesures, qui devraient être intégrées dans un texte de loi sur l’apprentissage et la formation professionnelle, seront vraisemblablement présentées avant l’été.

 

Thierry Repentin a estimé, lors de son intervention devant les CCI, le 12 février, que «60 % va vraiment à l’apprentissage», d’où des marges de manœuvre réelles pour gonfler ce chiffre.

 

Les CCI rappellent que les entreprises peuvent, pour l’instant, affecter les sommes aux CFA mais aussi à desétablissements divers (universités, écoles de commerce, écoles de la 2ème chance...) :  

 

« Nous revendiquons la libre affectation de la taxe par les entreprises, y compris aux autres écoles. Nous voulons aussi que l’apprentissage soit aidé à tous les niveaux, du bac + 2 jusqu’à l’enseignement supérieur », plaide André Marcon, président de CCI France.

 

Le réseau argue aussi de l’importance du lien entre les entreprises et les grandes écoles que permet à ce jour la taxe d’apprentissage et de son implication dans le dispositif de financement de la Banque publique d’investisse m e n t (BPI).

 

Fortes de  leurs  5.000 élus bénévoles et de leurs 26.000 collaborateurs répartis sur le territoire national, les CCI estiment légitime d’être davantage associées aux instances d’attribution des aides aux entreprises. Elles sont pour l’instant présentes aux comités régionaux d’orientation, mais demandent à être présentes au comité national...

 


Lire l'article complet des Echos du 26 février 2013

 
 
 
 

 déclaration 

Agir contre la pauvreté

Publié le 11/12/2012

 

Le Président de CCI France s’exprime sur la nécessité de cohésion sociale et partage les convictions des entreprises fédérées dans leurs chambres de commerce.


La conférence nationale de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale des 10 et 11 décembre n’est pas une première. On peut craindre que cela ne soit en passe de devenir un rituel de Saint-Jean d’hiver, en hommage au travail des associations et des services sociaux ou, pire, une ‘séquence émotion‘ mécanique, à la veille de Noël pour conjurer le froid et réchauffer notre bonne conscience.


En réalité la question est très sérieuse. Notre pays est, on le sait, au pied du mur pour retrouver et consolider sa compétitivité économique, notamment industrielle, comme pour mieux maitriser sa dépense publique. Cependant la recherche de la cohésion sociale est le troisième côté du triangle. Sauf à s’orienter vers un modèle d’exclusion programmée des plus fragiles et des moins dotés. Pas de confiance dans les réformes nécessaires, tant dans l’entreprise que dans la sphère publique, sans un sentiment de solidarité assumée.


Or on doit souligner que la pauvreté perdure sous des formes nouvelles, touchant de l’ordre de 8 à 9 M de personnes, en majorité en âge de travailler et parfois même en activité réduite, souvent des jeunes adultes ou des familles monoparentales. Le chômage de longue durée frappe 1 775 000 personnes, dont 490 000 en recherche d’emploi depuis plus de 3 ans.
 

Comme tous les Français, les chefs d’entreprise élus et engagés dans leurs CCI appartiennent à une société qui, de la pauvreté, retient que si la gêne peut faire partie de la vie, voire constituer un aiguillon, la misère, sous toutes ses formes, reste un scandale.


Nous avons la conviction qu’il y a, ou du moins qu’il doit y avoir, un cercle vertueux entre une économie saine et restaurée, une gestion publique moderne et efficace et la réduction progressive de la misère.


Les Misérables ayant juste un siècle et demi (1862), on peut rappeler, hélas, le propos de Victor Hugo: « Tant qu’il existera une damnation sociale en pleine civilisation, tant que la dégradation, la déchéance de l’homme comme l’atrophie de l’enfant ne seront pas résolues, un livre tel que celui-ci ne sera pas inutile ».


Alors il ne nous faut pas seulement des mots mais aussi des actes.


Le plus efficace à court terme est évidemment de porter secours pour résoudre des problèmes très concrets d’alimentation, de logement d’urgence, de santé, puis de parcours d’insertion sociale et professionnelle. Malgré des moyens insuffisants, les associations y veillent avec le soutien de l’Etat, des collectivités comme de Pôle Emploi. Cependant il importe aussi d’engager un travail de prévention, notamment à l’école, en s’inspirant des pays qui ont vaincu - c’est donc possible - l’échec scolaire par une organisation plus décentralisée, une orientation active et le recours massif aux formations par alternance. Autant de convictions du réseau des CCI.


Il faut aussi rapprocher les entreprises classiques et les quelque 200 000 structures de l’économie sociale et solidaire du niveau régional, fédérées dans leurs chambres régionales. Nous devons saisir l’occasion du futur projet de loi sur l’économie solidaire pour progresser en ce sens.


Enfin dans notre pays, il est parfois bien difficile de savoir par qui et comment être aidé. Double peine intenable, qui impose de simplifier les circuits administratifs pour faciliter l’accès des personnes en grande difficulté aux bons interlocuteurs et à terme, à un ‘guichet unique’. Fusionner des minimas sociaux trop nombreux et illisibles, aller vers un dossier et un référent coordonnateur pour toutes les démarches sont des pistes de progrès. Il faut donner le maximum de leviers au niveau local et associer aux services publics comme au monde associatif et caritatif, les capacités de gestion en « mode projet » des entrepreneurs locaux et les inciter à développer leur mécénat social.


C’est à ce compte que l’inclusion sociale prendra tout son sens.

 

 

André MARCON

Président de CCI FRANCE
 

 

(Tribune parue dans le journal Le Figaro du 11 décembre 2012)

 
 
 
 
 
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