Publié le 18/01/2016

Urgence pour l'emploi : le Gouvernement présente son plan

Le Gouvernement entend relancer l'alternance, former les demandeurs d'emploi vers les métiers d'avenir et aider à l'embauche dans les PME.

Dévoilé en fin d'année pour sa partie formation, le plan d'urgence pour l'emploi a été présenté dans son intégralité par le Président de la République, François Hollande, aux acteurs de l'entreprise, de l'emploi et aux représentants des syndicats patronaux et de salariés le 18 janvier 2016 au Conseil Economique Social et Environnemental (CESE).  

Un plan d'urgence car urgence économique et sociale il y a face à l'accroissement du nombre des demandeurs d'emploi et à la baisse du nombre d'apprentis. Avec 3, 57 millions de personnes sans aucune activité, fin novembre 2015, la situation alarmante appelait une réponse à la hauteur des enjeux.

Deux milliards d'euros seront mobilisés – « financés par des économies » selon la présidence de la République – pour tenter d'inverser la courbe du chômage en agissant sur trois leviers : la formation des demandeurs d'emploi vers des métiers en tension ou d'avenir, la relance de l'apprentissage et des aides à l'embauche pour les PME.

Un milliard d'euros pour 500 000 demandeurs d'emploi formés

Ce sont 500 000 demandeurs d'emploi qui seront formés et « accompagnés vers les métiers de demain ». Une action motivée par un constat. En France, « la durée d'indemnisation des chômeurs est la plus longue d'Europe » tandis que « la durée de formation est la plus courte ».  Pour l'heure,  les secteurs concernés par ce vaste plan de formation ne sont pas précisément connus même si le Président de la République a pointé deux mouvements d'ampleur impactant de nombreux pans de l'économie : la transition énergétique et la diffusion du numérique. Le coût de cette action est, lui, en revanche estimé : un milliard d'euros.

Pour accroitre le nombre de jeunes en alternance, le Gouvernement entend élargir l'offre de formation en apprentissage en généralisant les formations reconnues par un titre professionnel délivré par l'Etat, en renforçant l'alternance au sein de l'Education Nationale, et en facilitant l'ouverture de CFA par les entreprises. Les contrats de professionnalisation devraient, eux aussi, se développer. Objectif : 50 000 « contrats pro » contre 8 000 actuellement.

Pour soutenir la création d'emploi dans les PME, une aide forfaitaire de 2000 euros par an, pendant deux ans, sera ouverte pour toute création d'emploi en CDI et CDD (d'une durée minimum de 6 mois) versée pour tout salarié (sans condition d'âge) embauché entre le 18 janvier et le 31 décembre 2016 en temps plein et rémunéré entre 1 et 1.3 fois le smic. Cette prime est cumulable avec les autres dispositifs existants : réduction générale sur les bas salaires,  les mesures du Crédit d'Impôt Compétitivité Emploi (CICE) et celles du Pacte de responsabilité et de solidarité.

L'apprentissage, ça marche !

Au terme de l'application de cette prime à l'embauche, le Président de la République a annoncé que le CICE serait transformé en baisse définitive de cotisations sociales. Cette mesure plus simple et plus lisible, attendue par les PME, permettra de pérenniser la baisse du coût du travail et sa généralisation à l'ensemble des activités économiques.

Relance de l'apprentissage et formation des demandeurs d'emploi vers les métiers en tension et ceux d'avenir, le réseau de Chambres de Commerce et d'Industrie ne peut qu'encourager ces actions qui font partie de son ADN. La formation et tout particulièrement celle par la voie de l'apprentissage les CCI y croient parce que ça marche ! ¾ des apprentis formés dans les centres de formation d'apprentis des CCI trouvent un emploi à l'issue de leur formation. Et, quatre ans après leur embauche, 82 % des apprentis connaissent une progression professionnelle.

C'est pourquoi  CCI France invite le Gouvernement à aller plus loin et à jouer pleinement la carte formation. Et pour aller plus, les propositions des CCI sont rassemblées dans le plan d'urgence pour l'apprentissage présenté en mai 2015 au Ministère du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social.