Publié le 25/04/2018

La feuille de route de l'économie circulaire : une longue concertation pour changer de modèle de développement

La Loi de transition énergétique pour une croissance verte avait, en 2015, fixé le cap. La feuille de route de 2018 liste 50 mesures concrètes pour passer à une économie 100 % circulaire.

Le Gouvernement a présenté, lundi 23 avril, sa feuille de route pour conduire la France vers une économie 100 % circulaire. La visite du Premier ministre, Edouard Philippe, et de la secrétaire d'Etat à la transition écologique, Brune Poirson, dans une usine SEB de Mayenne produisant des machines réparables, a été l'occasion de présenter les 50 mesures de la feuille de route de l'économie circulaire  pour sortir de la société du jetable.

Face à l'épuisement des ressources de la planète, le modèle linéaire actuel « fabriquer, consommer, jeter » est à bout de souffle. L'économie circulaire propose un modèle de développement qui permet d'entrer dans un cercle vertueux : penser la production et la consommation des produits en intégrant leur cycle de vie depuis leur conception jusqu'au traitement des déchets utilisables comme ressources nouvelles.

Il s'agit, très concrètement, de faciliter la réparation des produits pour accroître leur durée de vie et de lutter contre la pratique de l'obsolescence programmée. Mais il s'agit, tout autant, d'encourager le réemploi des produits pour leur offrir une nouvelle vie et leur recyclage pour limiter l'usage des matières premières, de l'eau et de l'énergie. Avec pour priorité de privilégier le réemploi et la réutilisation des produits consommés avant de songer à leur gestion en tant que déchets.

Visant une économie plus économe en ressources, plus sobre, plus responsable et plus imaginative dans la gestion des déchets, cette feuille de route doit permettre à la France de rattraper son retard et de poursuivre les actions déjà engagées. Novatrice dans la lutte contre l'obsolescence programmée (pénalisation des pratiques en ce sens depuis la loi de transition énergétique de 2015) la France peut encore progresser dans la valorisation – plutôt que l'élimination - des déchets (avec des performances actuelles très inférieures à celles de nos voisins européens (1).

Les mesures de la feuille de route porte sur trois grands domaines principaux : mieux produire, mieux consommer et mieux gérer les déchets. Avec trois grands objectifs affichés :

-    Moitié moins de mise en décharge
-    Intégralité du recyclage des plastiques
-    Baisse de 30 % de la consommation des ressources
(par rapport au PIB)

Environnementale, l'ambition est aussi économique et sociétale. L'atteinte des objectifs invite à une mobilisation forte des acteurs et à une structuration des filières de production qui devrait avoir des effets positifs sur l'emploi (2).

Cette feuille de route est le résultat d'un long  processus de concertation : cinq mois de travaux sous forme, d'une part, d'ateliers associant les acteurs économiques dont le réseau des CCI (plus de 100 propositions au total) et,  d'autre part, de deux vagues de consultation publique (5000 contributions enregistrées).
Ces travaux ont ainsi permis de s'appuyer sur les retours d'expérience des acteurs et, pour ce qui concerne, les CCI sur :
-    L'expertise et les dix ans d'expérience du pôle d'éco-conception dans la sensibilisation et les conseils aux entreprises pour l'élaboration de produits respectant l'environnement
-    La valorisation des déchets comme des ressources potentielles : la plateforme ACTIF

 

 

 

-    La participation des CCI à la démarche de chasse aux gaspillages pilotée par l'ADEME (avec un objectif visé par l'opération de 2000 entreprises accompagnées d'ici 2020) : TPE PME gagnantes sur tous les coûts

 

Durant les travaux, le réseau des CCI a souligné l'importance :
 

-    d'un financement incitatif et non  punitif des mesures,
-    d'une commande publique plus précise pour gagner en efficacité
-    d'une mobilisation de l'ensemble des acteurs du secteur de la réparation (l'économie sociale et solidaire mais aussi le secteur privé).

 

Les CCI vont aussi prendre part au réseau national des acteurs de l'écologie industrielle et territoriale qui favorisera les coopérations entre collectivités locales et entreprises d'un territoire et les synergies industrielles.

 

 

(1) A lire sur l'action de l'Europe en matière de gestion et de valorisation des déchets : article du site d'information « Toute l'Europe »


 (2) L'économie circulaire représente déjà un volume de 800 000 emplois  équivalents temps plein, selon une note de France Stratégie