Les experts de l'innovation : la série

Sommaire
  • Suramortissement : une mesure exceptionnelle pour soutenir l'investissement productif
  • L'Innovation ouverte
  • Le crowdfunding
  • Crédit Impôt Recherche
  • La Blockchain
  • Tourisme industriel : Mode d'emploi
  • Le Brevet européen à effet unitaire
  • Le biomimétisme
  • Le Big Data
  • L'Analyse de la valeur - Concevoir à coût minimum en améliorant la qualité
  • Arnaque au président
  • Industrie du Futur - Un plan pour moderniser l'outil de production
  • Programme Investissement d'avenirs
  • CICE - Crédit d'Impôt Compétitivité Emploi
  • Origine France Garantie
  • Programme cadre de recherche et innovation « Horizon 2020 »
  • L'enveloppe Soleau
  • INCUBATEUR : Benjamin CARLIER, Directeur du Tremplin, incubateur de la structure « Paris&Co », agence de développement économique et de l'innovation de la mairie de Paris (1).
  • AMENAGEMENT DU TERRITOIRE : Nadine MASSARD, Professeur des Universités à l'Université Pierre Mendes France de Grenoble et présidente d'EuroLIO, dessine la carte de l'innovation dans les territoires qui donne à voir un paysage précis tant sur les stratégies d'innovation que sur les conditions de leur déploiement.
  • DEVELOPPEMENT DURABLE : Emmanuel DELANNOY, directeur de l'Institut INSPIRE présente les finalités et ressorts de l'économie circulaire.

La Blockchain

En 2009 s'est créée une monnaie numérique, le Bitcoin. Cette monnaie reposait sur une technologie qui certifiait que les Bitcoins ne pourraient pas être dupliqués, et qui s'assurait donc que cette monnaie ne serait pas falsifiable: cette technologie s'est appelée la blockchain. Des développeurs ont eu l'idée d'utiliser ce système pour autre chose que la monnaie Bitcoin.

De quoi s'agit-il ?

La blockchain est une technologie de stockage et de transmission d'informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle. Par extension, une blockchain constitue une base de données publique, sécurisée et distribuée (c'est-à-dire partagée par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire). Cette blockchain (« chaîne de blocs ») contient l'ensemble des échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création, échanges dont chacun peut vérifier la validité (c'est-à-dire vérifier depuis son ordinateur si la chaîne est bonne ou si quelqu'un a tenté d'y glisser un « faux »).

Comment ça marche ?

Véritable  livre  de  compte  cryptographique,  la  Blockchain  permet  donc  d'organiser  des  contrats  et d'effectuer des transactions sans les tiers de confiance traditionnels. Pour assurer la sécurisation des échanges sur le réseau, elle utilise des « mineurs », c'est-à-dire des ordinateurs qui vont pouvoir certifier via des calculs algorithmiques que la transaction allant de A à B est bien légale. Quand un mineur parvient à certifier une transaction, il est récompensé, ce qui pousse les mineurs à acquérir de la puissance de calcul. Le système en devient alors de plus en plus puissant. À chaque nouvelle transaction validée par un mineur (qui émet alors une « proof of work »), une ligne est ajoutée au livre de compte (un bloc est ajouté à la chaîne de blocs). Ce livre est public et il n'en existe qu'une seule version qui est totalement infalsifiable.

Pour quelles applications ?

Cette technologie peut être utile à bien d'autres domaines que la monnaie : les brevets, les votes pour des élections, les instruments financiers (dérivés, emprunts, micro-crédit…), les transactions immobilières, les certificats de toutes sortes (par exemple les diplômes), les données de santé, les jeux, les réservations (hôtels, restaurants…), nos clés (de domicile, de voiture…)… Les champs d'exploitation sont immenses. De façon générale, la blockchain peut potentiellement remplacer tous les « tiers de confiance » centralisés (banques, notaires, cadastre…) par un système informatique décentralisé. Il s'agit d'une technologie capable de remplacer les institutions. Elle pourrait "ubériser" de nombreux secteurs (y compris Uber…).

Quelles sont les perspectives ?

En permettant à chacun de contractualiser en toute confiance avec son prochain, la Blockchain pourrait :

  • Favoriser l'économie contributive dans laquelle chacun crée des « communs » et récupère par exemple sous la forme d'un salaire universel la valeur correspondante
  • Éliminer l'erreur humaine et améliorer l'efficience des processus clés  de la  vie  sociale et économique (impôts, sécurité sociale, démocratie participative)
  • Mieux répartir les richesses (les revenus musicaux par exemple, distribués équitablement en tenant compte de la chaîne de valeur et non des rapports de force créateurs/distributeurs)
  • Favoriser les échanges locaux et les circuits courts via la création de crypto-monnaies localisées

La Blockchain pourrait aussi être mise au service d'une idéologie libertarienne qui préconise purement et simplement la disparition de l'État. Il faut donc être vigilant quant aux déviations possibles :

  • La fin de la vie administrée et le recul de la puissance des institutions, l'État aux premières loges.
  • L'essor de contrats a-légaux, c'est-à-dire ne relevant pas du droit.
  • Une dictature de la transparence et un risque pour la vie privée, notamment concernant les transactions financières.
  • La porte ouverte à toutes sortes de déresponsabilisations. Quand on ne sait pas qui administre, qui est responsable devant la loi ?

Exemples d'application

Face à la recrudescence des faux diplômes et CV truqués, la startup Bitproof propose d'assigner à chaque diplôme une clé unique dont le numéro est  crypté  dans  une blockchain, rendant de fait impossible les fraudes aux diplômes. La start-up Everledger exploite la blockchain dans la lutte contre la fraude au diamant. Le Honduras et le Royaume-uni lancent des projets pour gérer leurs registres officiels avec la technologie blockchain. Les droits de propriétés seront accessibles par tous à tout moment. Les notaires vont devoir justifier les coûts de conservation dus à leurs organisations et technologies actuelles.

Satoshi Nakamoto

Les algorithmes de la Blockchain auraient été inventés par Satoshi Nakamoto En février 2009, il diffuse la première version du logiciel Bitcoin sur le site P2Pfoundation et crée les premiers  bitcoins.  Avec d'autres développeurs, il continue l'implémentation du logiciel  et  de  sa  version Bitcoin-Qt jusqu'en 2010. Son identité est encore inconnue et laisse place à de nombreuses spéculations.

Sites web utiles

Blockchain France, le hub de la blockchain en France.
Fiche Wikipedia

Contacts utiles

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