Publié le 08/12/2016

Grande consultation des entrepreneurs : le retour de la confiance

C'est le retour de la confiance pour les entrepreneurs après la crispation de la précédente vague d'enquête.

 

C'est le retour de la confiance pour les entrepreneurs après la crispation de la précédente vague d'enquête. Une confiance généralisée dans l'avenir de leur entreprise, de l'économie française et de l'économie mondiale qui dope le moral des patrons. Mais pas au point, cependant, d'envisager de recruter plus, d'embaucher des apprentis ou d'espérer voir la courbe du chômage s'inverser.

 « C'est très bien en ce moment ». Avec 35 % des avis, c'est l'opinion majoritaire des chefs d'entreprise interrogés, sur leur sentiment au regard du contexte actuel, en novembre par l'institut de sondage Opinionway (1) pour le compte de CCI France, la Tribune et Europe 1. Une première depuis le lancement de la grande consultation (en progression de 9 points par rapport à la précédente vague d'enquête) ! Un sondage qui témoigne du sentiment de confiance qui anime les entrepreneurs (un indicateur en progression de 8 points par rapport au mois d'octobre). Avec 104, l'indice d'optimisme des sondés est quasiment au même niveau que celui du mois précédent.

 

Conséquence, l'horizon à un an des entrepreneurs s'éclaircit. Ils manifestent clairement leur confiance dans l'avenir de l'économie mondiale (+2 points) dans celui de leur propre entreprise (+5 %) et, plus symbolique et plus fort encore, dans les perspectives de croissance de l'économie française (en progression de huit points, soit le plus haut niveau enregistré). 70 % des chefs d'entreprise sont optimistes pour les perspectives de développement de leur propre entreprise et ce, tout spécialement, dans les secteurs de la construction (75 %)  et des services (74%).

 

Des atouts reconnus

Cependant cette confiance n'atteint visiblement pas le niveau autorisant les chefs d'entreprise à modifier leur stratégie de recrutement. Ils sont toujours très majoritairement enclins à ne pas embaucher. 85 % des sondés (chiffre stable par rapport à la précédente enquête) sont dans cet état d'esprit. A noter que le pourcentage de ceux qui entendent réduire leurs effectifs est en progression de deux points quand le nombre de ceux qui souhaiteraient embaucher est en baisse dans la même proportion.

Si cette enquête apporte de bonnes nouvelles, elle confirme aussi certains atouts de notre pays. Le climat en France n'est pas hostile au business quoi qu'on en dise. Sont ainsi considérés comme des facteurs prédisposant à la bonne conduite des affaires : la qualité de la recherche et développement (avec 79 %, l'atout le plus fort de notre pays de la liste des indicateurs), la qualité de la formation des salariés (74 % des avis) devant le soutien à l'innovation (70%) – autant de forces en progression manifestant l'investissement payant et reconnu dans le capital humain – devant, en quatrième position, le niveau des infrastructures (64 %) facilitant les échanges dans le territoire et avec l'extérieur.

 

 

Au registre des points noirs pour le développement de l'entrepreneuriat, on constate la persistance des reproches liés au poids de la fiscalité (un quart seulement des chefs d'entreprise la considère positivement) et au pouvoir d'achat des français (37 % d'avis favorables).

A noter toutefois que la possibilité de trouver des financements pour créer ou développer son entreprise qui était considéré comme une faiblesse récurrente de l'économie française évolue positivement enregistrant une hausse de 20 points en près de six mois (de 32 % à 52 % d'avis positifs).

 

 

 

Une inflexion plus qu'une inversion

A l'occasion de ses vœux à la Nation, le Président François Hollande en annonçant un plan de formation massif des demandeurs d'emploi avait fixé un objectif ambitieux : « qu'aucun apprenti ne soit sans employeur et qu'aucun employeur ne demeure sans apprenti ».

 

Force est de reconnaître que cet objectif n'a pas été atteint si l'on en croit la réponse des chefs d'entreprise interrogés sur leur recours aux contrats en apprentissage au cours des six derniers mois. 89 % d'entre eux déclarent n'avoir embauché aucun apprenti pendant cette période. Les dirigeants du secteur de la construction sont ceux qui ont eu le plus fait confiance à l'apprentissage.

Et pourtant, interrogés sur les raisons qui ont conduit les entrepreneurs à faire appel à cette mesure, les sondés témoignent d'un attachement fort à ce type de formation et d'insertion. 60 % sont « convaincus de la valeur ajoutée des parcours en apprentissage » et 38 % ont renouvelé leur confiance dans l'apprentissage car ils sont « satisfaits de (leurs) précédentes expériences de contrats en apprentissage ».

Il est intéressant de constater que les avantages financiers liés à la formule ne déclenchent pas majoritairement la décision de recruter un apprenti. Seuls 17 % des dirigeants d'entreprise affirment avoir choisi l'apprentissage en raison des aides qui y sont associées, et seuls, 13 % l'ont fait pour faire des économies. Si les économies n'ont pas guidé le choix de l'apprentissage, la situation économique insuffisamment consolidée des entreprises explique, en revanche, très largement (48%) la décision de ne pas recruter un apprenti.

Autre confirmation enregistrée par les enquêtes de la DARES (Ministère du Travail) les formations de niveau V (CAP) ne sont plus plébiscitées. En 2014, les formations de niveaux CAP-BEP ne représentaient plus que 66% des nouveaux contrats d'apprentissage contre 94% en 1996. Une tendance qui se confirme dans l'enquête. Les recrutements en apprentissage effectués durant les six derniers mois par les chefs d'entreprise sondés sont de fait beaucoup plus diversifiés : 41% en CAP, 40% en Bac Pro et 30% en BTS-DUT.

 

Au total, avec 402 900 contrats en apprentissage enregistrés en 2015, l'objectif de 500 000 apprentis espéré pour la fin 2017 semble difficilement atteignable. Tout comme le sera l'objectif présidentiel d'inversion de la courbe du chômage. D'ailleurs, 86 % des entrepreneurs interrogés considèrent que la baisse du nombre des demandeurs d'emploi ne sera pas significative et durable d'ici la fin du quinquennat. Il sera impossible d'atteindre le niveau du chômage de 2012. Plus qu'une inversion, il s'agit d'une inflexion de la courbe. Il aurait fallu pour qu'il en soit ainsi, comme le commentait François Hollande, « faire diminuer le chômage suffisamment longtemps pour que ce soit suffisamment crédible".

Une mauvaise nouvelle comme l'est visiblement l'élection de Donald Trump à la tête des Etats-Unis d'Amérique. C'est en tout cas l'opinion très nette des chefs d'entreprise interrogés qui considèrent cette élection est « une mauvaise chose » pour l'économie mondiale (3/4 des sondés), pour l'économie française (78%) et pour leur propre entreprise (64%).

 

 (1) Sondage Opinionway réalisé par téléphone auprès de 602 dirigeants d'entreprise entre le 9 et le 25 novembre dans le cadre de la Grande Consultation des entrepreneurs.  

 

A découvrir l'intégralité des résultats de la quatorsième vague de la Grande Consultation des Entrepreneurs

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