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Publié le 18/10/2017

Grande consultation des entrepreneurs : les patrons portent un jugement très clair sur le plan du Gouvernement pour l'investissement et la croissance

Les chefs d'entreprises sont pour la baisse de l'IS et le remplacement du CICE mais contre la transformation de l'ISF.

 

Après la réforme du droit du travail et avant l'ouverture, en octobre, des chantiers de l'assurance chômage, de la formation professionnelle et de l'apprentissage, le Gouvernement a voulu envoyer mi-septembre un nouveau message aux entreprises en s'attaquant à la fiscalité du capital. Un message qui a été partiellement reçu par les chefs d'entreprise interrogés en septembre par OpinionWay dans le cadre de la grande consultation CCI France/La Tribune/Europe1.

Deux mesures phares du plan d'actions pour l'investissement et la croissance des entreprises sont perçues comme des signaux positifs par les entrepreneurs. Il s'agit en premier lieu de la baisse progressive d'ici la fin du quinquennat du taux de l'Impôt sur les Sociétés (IS) qui passera de 33,33 % à 25 %. Elle est clairement plébiscitée car elle fournira notamment plus de marge de manœuvre et plus de compétitivité aux entreprises françaises dans la compétition internationale : 70 % des chefs d'entreprise la considèrent comme une bonne nouvelle pour leur propre entreprise et 73 % des sondés pensent que la mesure sera bénéfique à l'économie nationale.

De la même façon, la transformation du Crédit Impôt pour la Compétitivité et l'Emploi (CICE), dispositif de baisse du coût du travail mis en place par le Gouvernement précédent aux « effets positifs mais modérés sur l'emploi » selon le rapport du comité de suivi du CICE, par un allégement des cotisations patronales (avec une baisse annoncée de six points sur la masse salariale  jusqu'à 2.5 fois le smic) remporte, elle-aussi, les suffrages des dirigeants d'entreprise. Des chefs d'entreprise qui la jugent cependant plus positive pour les comptes de leur société (69%) que pour l'économie nationale (61%).

 

 

Il est à noter que les dirigeants  d'entreprise de plus de 10 salariés émettent un avis plus favorable sur les conséquences de ces deux décisions sur leur propre « boite » que les patrons de plus petites structures (20 points d'écart sur la baisse de l'imposition sur les sociétés et 12 point d'écart sur la transformation du CICE). Ce différentiel d'appréciation est aussi perceptible pour les effets macro (au niveau de l'économie nationale) de ces choix mais uniquement pour le CICE (14 points d'écart). 

 

 

Le Premier Ministre, Edouard Philippe, espère que ces mesures créeront « un coup de booster » pour les entreprises. Dans ce sondage, les patrons s'expriment précisément quant aux effets espérés de ces orientations budgétaires. C'est l'investissement qui devrait bénéficier de ces effets positifs sur la trésorerie des entreprises (avis de 44 % des répondants). Et, directement ou indirectement (conséquence d'un choix en faveur de l'investissement), ces deux mesures devraient créer de l'emploi selon 28 % des chefs d'entreprise interrogés. Est-ce qu'elles permettront d'éviter des délocalisations et le départ des plus fortunés de France ? Si pour la première proposition, 26% le pensent, les sondés sont en revanche beaucoup plus sceptiques pour la seconde (18 % d'avis en ce sens).

La « rupture fiscale » vantée par le Gouvernement au bénéfice des entreprises est-elle perçue comme telle par les entrepreneurs? S'ils voient d'un bon œil les deux mesures allégeant les impôts et charges sur les entreprises, les patrons portent en revanche un regard critique et très majoritairement négatif sur la transformation de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en un impôt sur la fortune immobilière. 67 % d'entre eux considèrent que cette décision ne sera bénéfique, ni pour leur entreprise (15 % seulement d'avis favorables), ni pour l'économie nationale (28 % d'opinions positives).

Avec cette fiscalité plus avantageuse pour les plus favorisés, le Gouvernement espère « créer un effet de souffle fiscal en faveur de l'investissement, de l'emploi et de la croissance » en encourageant les investissements en France et le retour des capitaux dans notre pays. Appliquant la théorie économique du ruissellement d'inspiration libérale (le fameux « trickle down » de Ronald Reagan aux Etats-Unis et de Margaret Thatcher au Royaume-Uni), les pouvoirs publics font le pari que les baisses d'impôt des plus riches vont bénéficier en cascade à l'économie globale en générant plus d'investissement et de consommation. Soumise à débats, cette théorie représente un coût important pour les finances publiques (5 milliards d'euros budgétés).

 

 

Cet avis des chefs d'entreprise sur l'équilibre des choix gouvernementaux fait écho à leur opinion émise lors de la précédente vague d'enquête sur la balance flexibilité/sécurité de la réforme du droit du travail.

A cet égard, interrogés en octobre sur l'une des dispositions des ordonnances de la loi travail octroyant la possibilité d'accéder à des indemnités chômage en cas de démission, les patrons considèrent majoritairement (65%) qu'il s'agit d'une opportunité dans leur gestion des ressources humaines en leur offrant plus de souplesse alors qu'ils ne sont qu'un tiers environ (32%) à y voir un risque de départs en trop grand nombre ou ceux de salariés qu'ils auraient voulu conserver.

Si les entreprises de moins de 10 salariés comme les plus de 10 salariés ont des avis concordants sur la question, il est à noter que la mesure est diversement appréciée selon les secteurs d'activité. Les entreprises de services sont, à 70 %, favorable à la mesure quand celles de l'industrie y voient, assez largement (56 %), un risque de fuite préjudiciable de talents.

 

 

Autre source d'inquiétude partagée surtout dans les entreprises de plus de 10 salariés (73 % à se sentir potentiellement concernées), les risques liés à la cyber sécurité préoccupent 40 % des chefs d'entreprise (contre 60 % d'un avis contraire).

Ces risques sont assez clairement identifiés par les entreprises. Arrivent très largement en tête (avec 81 % des avis), les attaques des ordinateurs de l'entreprise par un virus informatique (phénomène assez récurrent et largement médiatisé), devant « le vol de données sur vos serveurs » (38 %) et « une usurpation d'identité ou une fraude » (30 %).

Toutes les autres atteintes potentielles au bon fonctionnement des entreprises (logiciel de rançon, mauvaise gestion des données personnes des clients ou des collaborateurs, le « phishing » ou la remise en cause de la e-réputation de l'entreprise) inquiètent, visiblement, nettement moins les chefs d'entreprise.

 

 

 

 

A découvrir l'intégralité des résultats de la vague d'octobre 2017 de la Grande Consultation des Entrepreneurs

 

(*) Sondage Opinionway réalisé par téléphone auprès de 604 dirigeants  d'entreprise entre le 2 et le 12 octobre 2017 dans le cadre de la Grande Consultation des entrepreneurs. 

 

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