Ainsi donc, 45 % des hommes et 43 % des femmes accèdent à la formation professionnelle continue. Sur le papier, l’affaire semble donc entendue : la FPC constituerait presque un secteur dans lequel hommes et femmes s’épanouiraient dans une égalité pure et parfaite. Évidemment, il n’en est rien puisqu’il s’avère, par exemple, que la part importante des femmes au sein des emplois à temps partiel les désavantage nettement dès lors qu’il s’agit d’accéder à la formation.
Une inégalité d’accès qui, aux yeux de Nadine Morano, initiatrice de la journée du 14 février 2012 consacrée à la formation professionnelle comme vecteur d’égalité hommes – femmes, trouve son origine dès l’orientation initiale. « Même si la situation évolue et que certains métiers commencent à s’ouvrir, le fait est que les garçons demeurent massivement orientés vers les secteurs de l’industrie et de la recherche alors que les filles sont invitées à se tourner vers le tertiaire et les services » a déploré la ministre. Une situation qu’elle explique par une orientation tenant essentiellement compte des filières (marquées par la prépondérance du bac S, bastion de la masculinité) plutôt que des métiers. D’ailleurs, dès le mois de mars, la ministre de l’Apprentissage et de la Formation Professionnelle, aux côtés de ses homologues de l’Agriculture et de l’Éducation Nationale, adressera une lettre aux corps enseignant – en tant que vecteur d’orientation – afin de le sensibiliser à la nécessité d’informer les élèves sur les parcours professionnalisants existant. « Évoquons la notion de métiers pour tous » a plaidé Nadine Morano.
Rappelant son passage au secrétariat d’État à la Famille (de 2009 à 2010), la ministre a souligné l’importance de l’implication des entreprises dans le développement de l’égalité sexuelle en France, notamment dans la facilitation de la grossesse sur le lieu de travail. « De nombreuses entreprises proposent des lieux spécialement dédiés à leurs collaborateurs fumeurs, mais combien créent des espaces dévolus à la grossesse de leurs collaboratrices ? » s’est-elle interrogée. Et d’insister sur la notion de congé parental à mieux partager entre hommes et femmes, ainsi que sur certains modes d’organisation au sein des entreprises, telles les réunions tardives « empêchant les femmes de gérer leur vie de travailleuse et leur vie familiale ». Une vie bicéphale dont l’une des conséquences est d’ailleurs l’inégalité salariale, et son corolaire, l’inégalité face à la retraite « que la réforme du 9 novembre 2010 a contribué à corriger ».
Le développement de l’alternance pourrait constituer, selon la ministre de la Formation Professionnelle, un vecteur d’égalité entre hommes et femmes. « On commence à observer des jeunes filles intégrant des formations de plaquistes, de plombiers ou de chefs de chantier dans le domaine du BTP » s’est-elle réjouie. Mais si changement il doit y avoir, c’est dans l’ensemble de la société, encore trop stéréotypée. A cet effet, Nadine Morano a appelé à une « vaste mobilisation » de tous les acteurs de l’éducation, de l’orientation, de l’emploi et de la formation professionnelle sur la question de l’égalité hommes-femmes dans un pays « où 51 % de la population et 53 % des électeurs sont de sexe féminin ».
Actualité proposée par Centre Inffo