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Publié le 30/11/2015

Les rendez-vous de la COP 21 : changer d'ère pour changer d'air

La conférence de Paris sur le climat, sommet des chefs d'Etat pour l'avenir de la planète, est aussi le rendez-vous des solutions pour demain.

Pas plus de deux degrés ! C'est l'objectif de maintien du réchauffement climatique d'ici 2100 sur la planète assigné à la 21ème Conférence des parties de l'Organisation des Nations Unis, le grand rendez-vous planétaire qui se déroule, à Paris, du 1 au 11 décembre 2015. La Conférence de Paris sur le climat réunit 195 pays pour aboutir à un accord « ambitieux et juridiquement contraignant » pour reprendre l'invitation du Président François Hollande, un accord qui doit engager les signataires à mettre en application des mesures permettant d'atteindre cet objectif symbolique des deux degrés.

Ce rendez-vous essentiel pour l'avenir de notre planète se déclinera en une série de rendez-vous impliquant les négociateurs gouvernementaux en vue de la conclusion d'un accord international, les acteurs économiques, les représentants de la société civile et le grand public. Ce sont au total, pas moins de 40 000 participants sur deux sites : Paris-le Bourget réservé aux négociateurs et le Grand Palais (avec une exposition du 4 au 10 décembre 2015 pour montrer les solutions et innovations en faveur du climat ouverte au grand public).

L'objectif de deux degrés est ambitieux et son atteinte n'est pas garantie. Avant le début de la convention, la crainte quant à la signature d'un accord sur cet objectif était réelle (le chiffre de trois degrés était souvent cité). Et les difficultés à surmonter nombreuses pour parvenir à un accord.

Ainsi, tous les pays participants n'ont pas, comme cela était attendu, transmis « leur copie » pour la COP en listant leurs engagements fixant précisément leurs objectifs de réduction des gaz à effets de serre et leur calendrier pour les atteindre. La question du financement de la lutte contre le changement climatique – le « fonds vert », dont la création avait été décidée pourtant en 2009 lors de la COP de Copenhague,  au montant lui aussi symbolique de 100 milliards de dollars versés par an par les pays du Nord aux pays du Sud – doit aussi être réglée. Comme doit être acté le principe d'une révision quinquennale des objectifs de la COP21 pour suivre et encourager la mise en œuvre des actions concrètes de lutte contre le réchauffement climatique dans les pays signataires de l'accord.

La conclusion de l'accord s'annonce difficile mais elle est surtout indispensable. Car il y a urgence. Les émissions de ces gaz responsables du réchauffement climatique ont augmenté de 80 % entre 1970 et 2010 en raison d'un recours massif aux énergies fossiles pour faire face au doublement de la consommation d'énergie sur la planète pendant cette période.

Pour inverser la tendance, les climatologues du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) de l'ONU estiment qu'il faudrait baisser de 40 % à 70 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et viser une économie neutre en carbone reposant sur des mix énergétiques moins polluants d'ici la fin du XXI éme siècle. Autrement dit, changer d'ère pour pouvoir enfin changer d'air.

Car c'est bien d'une transformation de notre modèle de développement qu'il s'agit nécessitant, au-delà de l'engagement des Etats qui définiront lors de la COP21 un Agenda des solutions durables,  une prise de conscience de la société civile et des citoyens de l'obligation de revoir nos modes de production et de consommation pour sauver la planète.

Si les pays du Sud craignent que l'accord ne freine leur développement  économique (d'où la création du fonds vert) les pays du Nord perçoivent bien les perspectives de croissance que peut générer cette transformation de notre modèle économique. C'est d'ailleurs le sens de la Loi du 17 août 2015 adoptée par la France relative à la transition énergétique pour la croissance verte destinée non seulement à lutter contre le réchauffement climatique mais aussi à renforcer la compétitivité économique de la France.

 

150 bonnes pratiques des CCI pour le climat et l'énergie

Un objectif partagé par le réseau des CCI qui s'est mobilisé tout au long de cette année à la préparation de la COP21 en organisant plusieurs tours de France de sensibilisation aux questions climatiques. Une mobilisation qui se poursuit dès maintenant en vue de l'accompagnement des entreprises pour la mise en œuvre de cette transition énergétique. Deux étapes du tour de France de la transition énergétique en entreprise pour le climat organisé par CCI France, ERDF et le Crédit coopératif, se dérouleront d'ailleurs pendant la COP21, le 3 décembre à la CCI de l'Aisne et le 9 décembre à la CCI d'Eure-et-Loir.

Concrétisation de l'action territoriale des Chambres de Commerce et d'Industrie en faveur du climat et de la transition énergétique, le réseau fait paraitre un recueil « Climat et énergie, actions et solutions des CCI » qui expose plus de 150 réalisations sur l'ensemble du territoire, pour partie nationales, pour partie régionales, autour des thématiques suivantes : lutte contre les changements climatique, efficacité énergétique, énergies renouvelables, performance énergétique des bâtiments, transport et mobilité  et ville durable.

Extraites de ce recueil deux démarches, particulièrement innovantes conçues et développées par les CCI, seront médiatisées le 4 décembre prochain, au Bourget sur le plateau TV du Comité 21/Club France/Espace « Génération climat ».

A l'occasion d'une table ronde « Transition et croissance verte : un atout économique pour les territoires »,  Jean-François REZEAU, élu de la CCI Midi-Pyrénées présentera l'outil « Act'IF », une plate-forme web développée par la CCI de Montauban et Tarn-et-Garonne permettant de construire un modèle collaboratif axé sur l'utilisation efficiente des ressources et des énergies locales, et de favoriser les circuits courts participant à la réduction des gaz à effet de serre.

Lors du débat suivant sur le plateau TV Lucie, Jean-Pierre NACRY, membre élu de la CCI Grand Lille, qui a réussi à mobiliser sa Région pour la mise en pratique de la 3ème révolution industrielle imaginée par l'économiste Jeremy RIFKIN, interviendra  sur le thème « Actions climat et environnement : une culture d'entreprise RSE peut-elle faire la différence ? ». Une intervention qui permettra de mieux comprendre les conditions d'une appropriation efficace par les collaborateurs d'une culture générale de Responsabilité Sociétale d'Entreprise ouvrant la voie à une prise en compte concrète des enjeux climatiques.

Si des entreprises sont déjà convaincues de leur responsabilité et des impacts de leurs décisions et activités sur la société et sur l'environnement, mais aussi des bénéfices économiques d'un changement des modes de gestion et de consommation de leur énergie, il en est de même des territoires.

L'association Macéo, portée par les CCI et qui œuvre à un développement économique durable du Massif Central, présentera au Grand Palais le 7 décembre, en liaison avec le Comité 21, les réalisations du réseau européen de 700 territoires ruraux, RURENER, engagés dans une stratégie de lutte contre le réchauffement climatique. Avec en ligne de mire, un changement de modèle de développement visant à devenir des territoires 100% énergie positive.

Dernier rendez-vous des CCI à l'occasion de la COP 21, le Président de CCI France, André Marcon, signera le 9 décembre, au Grand Palais un accord de partenariat avec le Président d'ENGIE, pour accompagner des territoires dans la transition énergétique.

 

Pour en savoir plus sur l'ensemble des CCI en vue de la COP 21