couverture sondage novembre 2017

Publié le 28/11/2017

Grande consultation des entrepreneurs : des patrons très confiants… pour le moment !

La photo est très nette - optimisme et confiance des chefs d'entreprise dans la situation économique actuelle – même si l'avenir leur apparait un peu plus flou.

 

Mieux, ça serait presque indécent ! On pourrait presque qualifier ainsi l'état d'esprit des chefs d'entreprise interrogés en novembre par OpinionWay dans le cadre de la grande consultation CCI France/La Tribune/Europe1. La moitié des dirigeants sondés qualifie la situation actuelle de « très bien en ce moment ». Un score en progression de deux points par rapport au mois précédent, et un résultat jamais enregistré depuis le début de ce baromètre. Du jamais vu ! Inversement, ceux qui pensent que « ce sera mieux demain » n'ont jamais été aussi peu nombreux (17 %, en chute de 5 points).

 

Ce jugement très positif sur leur appréciation de la situation actuelle est conforté par les qualificatifs portés sur leur état d'esprit actuel. Cela ne fait pas l'ombre d'un doute, les chefs d'entreprise sont confiants (41% dans ce cas de figure, en progression de 4 points) et optimistes (34 %, +4 points) affichant même une sérénité en forte progression (+6 points) quand l'ensemble des qualificatifs traduisant un état moins positifs sont nettement à la baisse. Les sondés se déclarent ainsi moins inquiets (-7%) et moins méfiant (-9%).

 

En revanche, ce qui peut paraître plus surprenant c'est l'avis des dirigeants d'entreprise sur l'avenir économique. Même si elle reste à un niveau élevé (66 %) l'opinion des sondés sur les perspectives de leur propre entreprise dans les douze mois à venir se traduit par un affaissement de l'indicateur de confiance de trois points par rapport au mois précédent. Si l'avenir de l'économie française progresse de deux points (37%), celui de l'économie mondiale est lui en recul de cinq points (à 38 %) après avoir affiché en mai et juin un bond pour atteindre un niveau de confiance de 64% !

Ces résultats interrogent quand on les compare aux analyses des prévisionnistes qui tablent, pour cette année, sur une croissance de la zone euro de 2.2%. Une prévision par ailleurs révisée à la hausse par rapport à celle du printemps dernier qui avait été estimée à 1.7%. Cet optimisme est nourri par des indicateurs qui sont au beau fixe : taux d'intérêt faibles, euro relativement bas par rapport au dollar, prix du pétrole modéré, consommation et confiance des ménages plus fortes, tassement du taux de chômage…. Les instabilités et tensions géopolitiques et le retour de tentations de protectionnisme menaçant la pérennité de la croissance mondiale peuvent, peut-être, expliquer la prudence des chefs d'entreprise français.

 

Mais le baromètre a aussi pour vocation de sonder les chefs d'entreprise sur les mesures législatives qui seront le futur quotidien de ces décideurs économiques.

Invités à s'exprimer sur la réforme de la formation professionnelle en préparation (deuxième volet des réformes sociales du Gouvernement après celle du droit du travail), les chefs d'entreprise se montrent, à une immense majorité, favorables à des décisions frappées au coin du bon sens conjuguant liberté et cohérence dans la gestion du montant considérable des fonds de la formation professionnelle.

 

 

 

Liberté dans l'affectation du versement de la taxe d'apprentissage pour permettre aux entreprises de choisir les établissements de formation qu'ils connaissent et dans lesquels ils ont confiance. Ils sont 94 % à attendre plus de liberté dans le choix des organismes de formation susceptibles de bénéficier de la taxe d'apprentissage ce qui pourrait se traduire dans la réforme en préparation par une nouvelle répartition des fonds affectés aux centres de formation d'apprentis (le quota) et ceux destinés aux établissements d'enseignement supérieur (le barème).

Cohérence de la réforme pour confier aux acteurs en charge de la mise en œuvre des parcours de formation et du développement de l'employabilité des salariés les moyens de leur action en fléchant vers eux une partie des fonds de la formation professionnelle. Les chefs d'entreprise approuvent, tous secteurs d'activité confondus (avec un bémol pour ceux de la construction), cette orientation à 92%. Ce qui est en jeu c'est l'effectivité d'un droit à la formation, décidé lors du quinquennat de François Hollande, le compte personnel de formation, qui permet aux salariés et aux demandeurs d'emploi de gérer de façon autonome leurs compétences sans l'intervention de leur employeur ou de pôle emploi. Outre le désir de simplifier l'accès aux formations - la piste d'un portail électronique est évoquée- la question essentielle d'un accompagnement de proximité des bénéficiaires est essentielle. Les dirigeants sondés l'ont bien perçu.

 

Comme ils perçoivent aussi le sens de la proposition visant à responsabiliser les entreprises dans leur recours aux contrats à durée déterminée. Une majorité (58%) des chefs d'entreprise interrogés approuvent l'idée d'une surtaxation de la cotisation patronale au financement de l'assurance chômage.

De fait, c'est bien là la vocation du recours à un CDD qui ne doit pas avoir pour objet de pourvoir durablement à un emploi lié à l'activité normale de l'entreprise. 

Sur ce point, les opinions varient sensiblement selon les secteurs d'activité : les industriels et les professionnels de la construction qui ont recours plus fortement à l'intérim pour s'adapter aux fluctuations de leur activité sont, pour ¾ d'entre eux, favorables à cette taxation quand les dirigeants issus du commerce (44%) ou des services (59%), utilisateurs plus fréquents des contrats courts, sont plus réticents à cette surtaxation.

 

La taille des entreprises composant le panel de la grande consultation explique vraisemblablement l'adhésion de près des ¾ des sondés (73 % exactement)  au principe d'une contribution exceptionnelle des grandes entreprises (réalisant plus d'un milliard d'euros de CA) pour permettre le remboursement d'une partie de la taxe sur les dividendes, mise en place par le précédent Gouvernement mais déclarée inconstitutionnelle. Face à ce fiasco politico-juridique, c'est visiblement, aux yeux des sondés, le choix de la solution la plus juste fiscalement…

 

 

 

 

A découvrir l'intégralité des résultats de la vague de novembre 2017 de la Grande Consultation des Entrepreneurs

 

(*) Sondage Opinionway réalisé par téléphone auprès de 604 dirigeants  d'entreprise entre le 7 et le 16 novembre 2017 dans le cadre de la Grande Consultation des entrepreneurs. 

 

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