Publié le 29/06/2015

La grande consultation des entrepreneurs, sondage Opinionway réalisé pour CCI France, la Tribune et Europe 1 - Vague 3

Des chefs d'entreprises prudemment optimistes et toujours aussi perplexes.

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Mi-figue, mi-raisin, le moral des  chefs d'entreprises interrogés dans le cadre du sondage OpinionWay pour CCI France/La tribune/Europe 1 (*) est mitigé. S'ils sont plus optimistes et moins attentistes, ils n'envisagent  pourtant pas d'embaucher plus fortement. Et ils restent perplexes sur les bénéfices de la Loi Macron et sur la durabilité de la reprise économique.

Les résultats de la troisième vague du baromètre du réseau des CCI pourraient laisser croire que le moral des chefs d'entreprise est au beau fixe. Plus optimistes (+4%), moins inquiets (-4 %), moins méfiants (-5%) et moins angoissés (-4%), ils se déclarent aussi moins attentistes (-9%) qu'en avril 2015. Pourtant, cette tendance positive mérite d'être pondérée.  L'état d'esprit des dirigeants sondés varie fortement en fonction de la taille de l'entreprise (la confiance croit avec la taille de l'entreprise) et en fonction du secteur d'activité (les industriels sont moins optimistes, moins confiants et moins sereins en l'avenir que leurs homologues des autres secteurs).

 

Globalement, les niveaux de confiance des répondants sur les perspectives économiques dans les 12 mois à venir se stabilisent tant pour ce qui concerne le développement de leur propre entreprise que pour la croissance de l'économie française. A noter que les différences entre les secteurs d'activité restent sensibles : les patrons de l'industrie sont moins confiants que ceux de la construction (48% contre 66 % sur l'avenir de leur entreprise).

Un optimisme prudent qui n'incite pas les chefs d'entreprise à envisager des embauches. La tendance ne varie quasiment pas : 86 % des sondés pensent maintenir leurs effectifs (contre 85 % en avril et 87% en février de cette année).

Interrogés plus précisément sur la durabilité de la reprise économique dont les signes sont pourtant perceptibles, deux tiers des répondants estiment qu'elle ne sera pas durable. Et encore une fois, les différences d'appréciation varient fortement d'un secteur à l'autre : 24 % des commerçants et 27 % des industriels, seulement, pensent que la reprise durera contre 43 % de dirigeants du secteur de la construction. Une reprise économique pas assez forte et suffisamment dynamique aux yeux des chefs d'entreprise pour accroitre le nombre de leurs recrutements. Conséquence, 83 % des sondés  affirment que l'amélioration de la situation économique ne se traduira pas par une augmentation des embauches. La perspective d'une croissance sans emploi semble prendre forme.

 

Pourtant, pour renforcer la reprise naissante et relancer l'emploi, le Gouvernement a multiplié les dispositifs en vue de soutenir la relance de l'offre (baisse des charges du pacte de responsabilité, baisse du coût du travail via le CICE) et de simplifier la vie des entreprises. Un mouvement qui a été poursuivi par les récentes dispositions de la  Loi Macron visant notamment à la relance de l'investissement via le suramortissement   et du plan pour l'industrie du futur pour accélérer la robotisation et numérisation des activités industrielles. Pourtant, force est de constater que les chefs d'entreprise restent dubitatifs sur la cohérence et les effets de ces mesures.

Près de ¾ des dirigeants d'entreprise estiment que la loi Macron « manque de cohérence » et qu'ils « ne voient pas bien sa logique » (avis négatifs en augmentation). Plus précisément, 30 % des répondants pensent que cette Loi « va dans le bon sens » et un sondé sur cinq  seulement estime qu'elle « va favoriser le retour de la croissance ». A noter que les industriels directement concernés  par la mesure du suramortissement destiné à les inciter à investir pour la modernisation de leur appareil productif sont étonnamment les plus perplexes (78%) quant à  la cohérence et à la finalité de la Loi Macron (et ses 300 articles). La relance de l'investissement, tremplin pour une relance de l'emploi, mérite visiblement d'être accompagnée par un travail de communication et de pédagogie sur les bénéfices de ces mesures. A cette fin, le réseau des CCI va se mobiliser début septembre pour présenter aux chefs d'entreprise les modalités pratiques de mise en œuvre du suramortissement.

 

De la même façon, le programme « Industrie du futur », lancé pour accroitre la numérisation et la robotisation en France n'a pas encore emporté l'adhésion  des chefs d'entreprise quant à sa capacité « à redresser la compétitivité de votre entreprise » (85% d'avis négatifs). Les dirigeants d'entreprises industrielles de grande taille (200 salariés et plus) sont logiquement les plus positifs (43% d'avis favorables).

Au final, le climat économique est-il toujours favorable aux entrepreneurs en France ? Ce sondage confirme nos atouts connus et reconnus – la qualité de la recherche et du développement, la qualité de la formation des salariés et des infrastructures dans les territoires – mais souligne aussi les faiblesses récurrentes (la possibilité de trouver des financements et le pouvoir d'achat des français).

 

Téléchargez les résultats de la Troisième vague de la grande consultation

Lire les résultats de la deuxième vague (Avril 2015) de la grande consultation

Lire les résultats de la première vague (février 2015) de la grande consultation

 

 

 

 

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(*) Sondage OpinionWay réalisé auprès d'un échantillon représentatif de 603 dirigeants d'entreprise entre le1er et le 21 juin 2015