Publié le 31/03/2016

Grande consultation des entrepreneurs : Croire en l'avenir de leur entreprise

Dans un climat général morose, les chefs d'entreprise manifestent leur inquiétude et un scepticisme certain ce qui ne les empêche pas d'attendre des mesures concrètes pour réformer le droit du travail et de reprendre confiance.

 

Trois quart des chefs d'entreprise interrogés à l'occasion de la huitième vague d'enquête de la grande consultation des entrepreneurs*  considèrent que le code du travail actuel est un frein à la création d'emploi.
Un avis qui devrait laisser penser qu'ils sont,  tout aussi largement, partisans de la réforme du droit du travail en préparation portée par la Ministre du travail Myriam El Khomri ?
Et pourtant, ils sont étonnamment partagés sur ce projet de loi : 47% favorables, 46 % défavorables. Un avis mitigé qui s'explique sans doute par un manque de visibilité et de clarté quant à l'ambition politique et à la philosophie globale de la réforme.

Car, interrogés sur quelques-unes des mesures phares et concrètes du projet de Loi, les entrepreneurs affichent leur soutien : 83 % d'entre eux sont favorables à la possibilité de négocier au sein de chaque entreprise pour organiser la production et le temps de travail afin d'apporter plus de souplesse dans l'ajustement des équipes aux fluctuations de l'activité. Dans le même sens, les patrons sont à 72 % partisans d'une extension du forfait jours aux petites et moyennes entreprises. Et enfin, deux tiers des sondés souhaiteraient un allègement des conditions du licenciement.

Le projet de Loi prévoit d'ailleurs cette possibilité en cas de baisse d'activité (durant quatre trimestres) ou de pertes financières (pendant un semestre). Les réflexions actuelles du Gouvernement tendent à rendre l'accès à ce dispositif d'allègement des conditions de licenciement plus facile pour les PME. Ainsi, il est envisagé de réduire de quatre à deux le nombre de trimestres de baisse d'activité nécessaires pour déclencher le dispositif dans les PME et d'augmenter, en revanche, de quatre à six trimestres la condition de l'allégement pour les plus grandes entreprises.

Autre illustration du scepticisme actuel des entrepreneurs face aux mesures et projets nationaux, le développement de grands projets d'infrastructures comme les projets de l'aéroport Notre Dame des Landes, du barrage de Sirven ou de l'extension de lignes ferroviaires à grande vitesse, censés générer et créer de l'activité, sont loin d'emporter l'adhésion des dirigeants d'entreprise. 85 % des sondés considèrent que ces projets ne sont pas de nature à développer leur activité et 45 % seulement seraient prêts à se mobiliser localement pour leur défense.

Traduction de ce climat morose, le niveau global d'optimisme de la communauté des entrepreneurs interrogés reste égal à celui de l'édition précédente de la grande consultation faisant suite à une baisse continue depuis le mois de septembre 2015. Conséquence, l'état d'esprit des dirigeants reflète cette morosité actuelle : les « inquiets » sont plus nombreux (+3%) et majoritaires et les « optimistes » en moins grand nombre (-8 %).  Les commerçants illustrent bien cette tendance : ils sont les plus inquiets et les moins optimistes de l'échantillon. Un sentiment qui se confirme quand on leur demande leur appréciation sur la situation actuelle : 57 % des commerçants (contre 41 % en moyenne pour les autres secteurs d'activité) considèrent que « c'était mieux hier » et seulement 32 % pensent que « ça sera mieux demain » (53% dans la construction, 40% dans l'industrie). Globalement, tous secteurs confondus, le jugement positif sur la situation passée est en progression (45%, + 5 points) tout comme, mais dans une moindre portée, celui sur l'avenir (37%, +2 points).

Dernier enseignement de ce sondage du mois de mars, la confiance des entrepreneurs dans leur entreprise pour l'année à venir se redresse après un déclin continu depuis septembre dernier.
L'indice de confiance dans leur entreprise s'accroit de quatre points à 56% quand ceux  en faveur de l'économie mondiale et de l'économie française restent stables.
L'explication du regain d'optimisme des dirigeants en ce qui concerne l'avenir de leur propre entreprise s'explique par la reconstitution de leur taux de marge dû à la forte baisse (40 milliards d'euros) des prélèvements obligatoires générée par le Pacte de responsabilité et le Crédit Impôt pour la Compétitivité et l'Emploi (CICE).
Un optimisme qui devrait se traduire par une reprise de l'investissement. En janvier 2016, les industriels prévoyaient à cet égard une hausse de 7% de leurs dépenses d'investissement par rapport à l'an passé.
L'investissement entraînant la relance de l'emploi, cette tendance est à suivre de près.

A découvrir l'intégralité des résultats de la huitième vague de la grande consultation des entrepreneurs

 

* Sondage OpinionWay réalisé pour CCI France, La Tribune et Europe 1, auprès d'un échantillon représentatif de 604 dirigeants d'entreprise entre le 8 et le 22 mars 2016.

 

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