Publié le 06/09/2016

Grande consultation des entrepreneurs : Du morose au rose

Le sondage Opinionway* de septembre 2016 donne à voir un paysage économique éclairci après les sombres perspectives de l'enquête du mois de juin.

 

Avec la rentrée, l'espoir renaît. Les chefs d'entreprises retrouvrent le moral après avoir accusé le coup avant l'été. Ils affichent, à l'occasion de cette douzième édition de la grande consultation CCI France, la Tribune et Europe1, un optimisme marqué tant dans l'avenir de leur propre entreprise que dans les perspectives de l'économie française (record de jugements positifs) et de l'économie mondiale (en forte hausse également).

Avant l'été, le moral des chefs d'entreprise interrogés lors de la vague de juin de la grande consultation était au plus bas (indice de 98, soit dix points de moins qu'à la même période l'an passé). En septembre, il a atteint le niveau de 112, soit une progression de 14 points en deux mois. Plus optimistes (+6 points), plus confiants (+7), moins inquiets (-4) et moins méfiants (-5), les chefs d'entreprises affichent, en cette rentrée, une meilleure forme qu'avant la pause estivale. Ça va visiblement mieux : pour 27 % des sondés  « c'est très bien en ce moment » et pour 39% d'entre eux, ce sera même « mieux demain ».

 

Dès lors, il est logique de constater que les dirigeants témoignent d'une confiance dans les perspectives de développement de leur entreprise pour les douze mois à venir. Avec un niveau de 67 % (soit 10 points de progression par rapport à la dernière consultation), le taux de confiance tutoie le meilleur résultat enregistré en septembre 2015 avec 69%.

De la même façon, l'avenir de l'économie française n'a jamais connu de si bons auspices (23 % d'avis favorables en progression de 5%). Une confiance généralisée qui porte aussi sur les perspectives de l'économie mondiale, soit 11 points de plus que lors de la rentrée 2015.

Une confiance dans l'avenir qui se manifeste par une vision nettement plus positive des effets attendus de l'innovation. Innover c'est avant tout un investissement pour 40 % des dirigeants interrogés (6% de plus qu'en juin à le penser) et pour 27 % d'entre eux c'est même « une condition de survie

 

 

 

 

L'optimisme des chefs d'entreprise est-il lié à la conjoncture ? L'Euro 2016 a-t-il fait des heureux cet été ? Si les retombées pour l'économie française de l'événement sportif sont positives pour 59 % des dirigeants, les deux-tiers des sondés ont une perception mitigée (ni bonne, ni mauvaise) de l'impact de l'Euro 2016 sur leur propre entreprise.

Ce sont les entreprises de services et de la construction qui considèrent comme positif l'impact du championnat d'Europe de football pour l'économie nationale (de la construction des stades aux prestations de services associées à l'événement) alors que ce sont, logiquement et prioritairement, les commerçants qui ont enregistré un accroissement de leur chiffre d'affaires à l'occasion des matchs de football.

 

Interrogés sur deux autres questions d'actualité – la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne et l'adoption de la Loi travail – les chefs d'entreprise font montre de moins d'optimisme.

Déjà confirmé lors des précédentes vagues de la grande consultation, les dispositions de la Loi travail, finalement adoptée en juillet, y compris celles visant à assouplir les conditions du licenciement, n'ont pas convaincu les chefs d'entreprise de leur efficacité en matière de création d'emplois. 67 % des dirigeants estiment que cette Loi ne permettra pas de favoriser l'embauche.

Quant au Brexit (sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne) les chefs d'entreprises sondés partagent l'avis des principaux experts économiques : cette décision aura un impact négatif sur l'économie française. Selon le FMI, le Brexit devrait coûter entre 0.2 % et 0.4% de croissance à la France d'ici 2019. Les conséquences de la baisse de la livre sterling devraient cependant être limitées en raison du niveau relativement modeste des exportations françaises en direction de la Grande Bretagne (les exportations françaises au Royaume-Uni ne représentent que 2% du PIB). Pourtant 45 % des dirigeants sondés pensent que cette sortie de l'Europe aura un impact négatif sur l'économie de notre pays (et 48 % sur l'économie européenne).  Une très grande majorité des sondés (8 sur 10) estime que cette décision n'aura aucune conséquence sur son entreprise.

 

Dans cette période d'instabilité et d'incertitude politique, certains peuvent être tentés d'y entrevoir des opportunités économiques. Les banques de la City et les multinationales installées à Londres (40% des grandes entreprises européennes ont leur siège social dans la capitale anglaise contre 8 % à Paris) vont-elles migrer vers le continent pour continuer de profiter pleinement du marché unique ?

 

Les résultats du sondage le laissent entendre. Des entreprises britanniques des domaines d'activité suivants pourraient s'installer en France : commercial (58% des chefs d'entreprise à le penser), la finance (52%) les services hors services financiers (50%) et l'industrie (47%).  Cependant, de l'avis des analystes économiques, les espoirs de voir les banques et multinationales débarquer en France sont à pondérer en raison de la forte concurrence des autres places financières européennes mieux placées (Francfort ou le Luxembourg) ou de pays à la fiscalité attractive (Irlande ou Luxembourg).

 

A découvrir l'intégralité des résultats de la douzième vague de la grande consultation des entrepreneurs

 

* Sondage Opinionway réalisé par téléphone auprès de 600 dirigeants d'entreprise entre le 16 et le 31 août 2016 pour le compte de CCI France, la Tribune et Europe1

 

 

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