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L’économie
de marché devra s’adapter à l’environnement
et non l’inverse |
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| Le développement
durable consiste en un rééquilibre de la vision
de l’entreprise : appréhender l’entreprise,
dans son environnement naturel et social et non dans une
dimension strictement financière et à court
terme. Les enjeux sont très importants : enjeux de
formation, démographiques et environnementaux.
Ces éléments nous font toucher du doigt que,
sur le plan de l’environnement, la société
vit à crédit. Jusqu’à présent
l’environnement est considéré comme
un sous-système de l’économie. Au cours
du XXIe siècle, l’économie de marché
devra s’adapter à une nouvelle règle
du jeu : elle sera probablement un sous-système de
l’environnement tant les pressions seront fortes sur
le plan de l’énergie, de l’eau et des
déchets.
Il va falloir aussi redéfinir l’économie
actuelle à l’aune des nouvelles contraintes
environnementales, en particulier celle de l’expansion
démographique. Même dans les scénarios
les plus optimistes de maîtrise de la croissance démographique,
une impossibilité quasiment mathématique de
faire vivre tout le monde avec un niveau de vie décent,
compte tenu des ressources en eau et en énergie de
la planète, paraît inéluctable. A cela
s’ajoute la problématique des déchets.
Le plus grand choc serait celui du changement climatique,
selon un rapport confidentiel du Pentagone. A la suite de
ce changement, des flux migratoires pourraient avoir lieu
dans les régions les plus durement frappées.
Ces flux déséquilibreraient l’économie
entière par une urbanisation croissante de certaines
villes les transformant en mégalopoles ingérables.
Le vrai danger et les vrais enjeux se situeraient donc dans
la croissance démographique et les conséquences
de celle-ci sur l’environnement.
Seules une régulation et une concertation internationale
peuvent éventuellement peser sur ces enjeux. Le principe
de précaution va dans ce sens. Il permet de mettre
en relief des comportements clairement irresponsables comme
celui des « patrons voyous » ou de répondre
à des excès anciens comme avec l’amiante,
par exemple.
Le développement durable concerne des chaînes
entières de notre économie. Il n’est
donc absolument pas cosmétique, c’est un outil
stratégique. Prenons l’automobile : en amont,
se trouve l’acier, après, les équipementiers,
la chaîne de plasturgie, énormément
de fournisseurs ; tous vont avoir à gérer
des problèmes de recyclage, de réduction de
consommation d’énergie.
Ceci aura un impact sur les PME-PMI qui se trouvent dans
une chaîne globale de production. En effet, aujourd’hui,
un salarié de la région PACA est en concurrence
non pas avec un salarié d’Ile-de-France ou
de Bretagne, mais avec un salarié de Roumanie ou
de Chine. Nous sommes confrontés à des enjeux
globaux qui vont bouleverser la donne sur l’économie
de marché.
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| Evoluer l’entreprise
à partir de critères sociaux et environnementaux |
| Mon métier consiste
à donner une évaluation de l’entreprise
sur des critères sociaux et environnementaux : environnement
de production, réglementation, relation fournisseurs
ou clients, relations sociales dans l’entreprise,
développement des carrières. Tous ces éléments
participent de la croissance de l’entreprise à
moyen ou long terme.
Or, les observateurs continuent à mesurer la croissance
grâce à des critères strictement économiques
de court terme. Il faut enrichir ces critères avec
des indicateurs sociaux et environnementaux qui donnent
le véritable état du carnet de santé
de l’économie et de l’entreprise. Parce
que si un Etat ou une économie est dans une logique
d’épuisement de ses ressources, d’épuisement
de son marché, il n’existe plus.
Le concept du développement durable existe en France
depuis trente ans. Reste à être plus actif
sur le terrain à condition de ne pas se situer dans
l’utopie mais dans une réalité responsable.
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